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  • lundi, juillet 03, 2006

    DOGVILLE (VON TRIER)

    Un vrai chef-d’œuvre en perspective...
    DOGVILLE de Lars von Trier avec Nicole Kidman (2003, Palme d’Or à Cannes), film de presque trois heures, mais que l'on ne sent absolument pas passer. Attention, malgré sa (quasi) absence de scènes de violence ou d’horreur, ce film est l’un des plus traumatisants que je n’ai jamais vu, pour tout dire, j’ai acheté le DVD il y a un an, et je n’ai toujours pas osé le remettre dans le lecteur, lol !
    L’histoire d’une pauvre fille qui, fuyant l'on ne sait trop quoi (au début), se réfugie dans un petit village, où elle est admirablement accueillie, sans que personne ne lui demande rien en échange. Du coup, culpabilisant peu à peu, elle commence à proposer son aide, ça et là, à différents membres de la communauté, qui au début acceptent un peu à contrecoeur, mais finissent vite par y prendre goût… de sorte qu’insidieusement, les rapports de forces s’inversent pour faire peu à peu de Nicole Kidman une sorte d’esclave corvéable à merci, situation qu’au bout d’un moment elle va bien sûr tenter de fuir, avec des conséquences encore plus désastreuses, je ne peux pas vous en dire plus, hélas, ce serait trop déflorer du mystère de ce film étonnant, étrange et dérangeant…
    L’un des étranges parti pris de ce film réside en outre dans l’absence de vrai décor : les maisons du village sont seulement matérialisées par des traits de craie au sol, de sorte que lorsque quelqu’un pénètre dans l’une de ces maisons, on entend bien le bruit du pêne dans la serrure, mais l’on ne voit qu’un acteur mimant le geste d’ouvrir une porte. Cela peut certes paraître un peu artificiel au début (encore que l’on s’y habitue très vite), mais au fond, c’est une puissante métaphore de la vie de village : tout le monde sait tout au sujet de tout le monde, mais tout le monde fait comme s’il ne savait rien. Ceci apparaît de façon très nette dans la scène du viol, qui est l’une des plus éprouvante du film : à l’écran, tout le monde voit le viol s’accomplir réellement (puisque les maisons n’ont pas de murs), mais les autres villageois passent tout autour sans y porter la moindre attention, BRRRR…
    Glaçant. Et en même temps dans la digne lignée du génial DANCER IN THE DARK (ben oui, forcément, c’est avec Björk, et en plus, elle a fait toute la bande son), avec cette terrible morale à la clef : il y a certes des bourreaux en ce bas monde, mais pourraient-ils seulement même exister s’il n’y avait, peut-être préalablement, des victimes quasi consentantes ???
    Big, big, big question…

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