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  • jeudi, avril 19, 2007

    HARD CANDY (SLADE)

    Premier film du jeune David Slade, réalisé en seulement 18 jours tout comme SAW, et au moins aussi atypique et étonnant, comme le sont presque toujours les premiers films d’un auteur (souvenons-nous simplement de Eraserhead de David Lynch, ou du Cube de Vincenzo Natali), Hard Candy - que l’on pourrait assez justement traduire par "une pilule dure à avaler" - semble de prime abord nous raconter l’histoire d’une rencontre, une rencontre du XXIème siècle qui commence comme ça :

    Et qui finit bien sûr par déboucher sur une expérience IRL, avec cette jeune adolescente troublante et provocatrice (Ellen Page, exceptionnelle, tout comme Patrick Wilson, son aîné de dix-huit ans, pratiquement les deux seuls personnages de ce fabuleux huis clos) :

    L’un des aspects les plus passionnants de ce film, c’est la très grande attention apportée aux couleurs, aux cadrages, et à la photo d’une manière générale (comme le dit l'une de mes amies, c’est presque "de la photo en mouvement ") :

    De même que deux personnes qui ne se connaissent pas bien ne vont pas se sauter dessus tout de suite (enfin, normalement…), les cadres sont au début plutôt très larges, pour se resserrer progressivement, alors qu’en parallèle, les couleurs d’arrière-plan de la première partie sont connues pour être les plus érotiques possibles (le rouge et le rose) :

    Et là, d’un seul coup, après vingt minutes de marivaudage plutôt sympathiques, le film bascule subitement dans l’horreur, où nous retrouvons Patrick Wilson ligoté à une chaise après avoir été drogué :

    Du coup, la gamme chromatique change elle aussi complètement, pour devenir d’une froideur quasi chirurgicale (on ne croit pas si bien dire !) :

    Avec même un certain nombre de petits traficotages informatiques, suffisamment importants pour avoir justifié la mention, assez tôt dans le générique début, d’un poste qu’on ne voit d’habitude figurer que très loin dans les génériques finaux des films bardés d’effets spéciaux (ce qui n’est pas du tout le cas ici, je le précise) :

    Il y a sans doute un certain nombre d’autres films à utiliser la couleur à des fins structurelles, mais là, il n’y en a que deux qui me viennent à l’esprit : Cube de Vincenzo Natali, bien sûr, mais de façon plus étonnante, l’excellent Buffet Froid de Bertrand Blier (1979), presque entièrement construit sur des oppositions de rouge et bleu, jusqu’à ce qu’à la fin, tout ce beau monde (Blier, Carmet & Depardieu) se retrouve en forêt, et finisse par péter les plombs à cause de l’insupportable vert !
    Bref ! Difficile d’en dire trop sur Hard Candy, sans du même coup vous gâcher complètement le plaisir de la découverte, mais disons, pour faire court et sobre : la jeune fille reste persuadée que Patrick Wilson est un pédéraste et un meurtrier de la pire espèce, mais en réalité, nous n’allons pas arrêter d’être parcourus de nombreux doutes et d’hypothèses scabreuses au fur et à mesure des multiples coups de théâtre plutôt inattendus que réserve le film, à l’occasion desquels les close-up se resserreront de plus en plus jusqu’à la fin (car c’est aussi, finalement, un film assez moral sur le voyeurisme, quelque part) :

    Et voici ce qui arrive lorsqu’on se retrouve face à sa propre Némésis (l’un des très rares plans en extérieurs du film) :

    Comme le dit la jaquette du DVD, c’est un petit peu "le petit chaperon rouge qui se venge du grand méchant loup", comme le suggère l’ultime plan (très beau morceau de Blonde Redhead sur le générique de fin, Elephant Woman, j’adore !) :


    En résumé, un excellent film, superbement réalisé, et surtout brillamment scénarisé (parce que pour tenir une heure quarante avec deux acteurs sans jamais lasser ni ennuyer, alors là, je dis bravo !).
    Pour la petite histoire, je vais quand même vous raconter comment j’ai connu ce film (qui vient tout juste de sortir en DVD), parce que c’est assez rigolo, quelque part ! Il se trouve que, contrairement à ce vous croyez peut-être, je n’utilise pas du tout les sites de rencontre genre Meetic ou autres (je préfère être seul que mal accompagné) ; en revanche, vu mon activité Internet de G33K absolu, dès que j’accroche bien avec d’autres blogueurs ou blogueuses comme moi, souvent des graphistes, d’ailleurs, j’aime bien (après quelques échanges MSN, normalement) que ça débouche sur une vraie rencontre IRL, dès que c’est possible (pour l’instant, ça ne m’est arrivé qu’avec trois personnes, mais c’était toujours très bien dans les trois cas, sans grande surprise, du reste).
    Alors voilà : il y a quelque temps de cela, l’une de mes jeunes amies Internet (qui n’a pas dix ans de moins que moi, ni vingt ans de moins, mais très exactement vingt-sept ans de moins, XD !), et qui, pour cause d’éloignement, ne vient sur la capitale qu’à l’occasion des vacances, s’est laissé tenter par ma proposition de soirée cinéma, vu que, comme vous le savez peut-être si vous visitez de temps en temps MOVIES, MONTAGNES, MUSIQUES (& BUFFALOS !), je me suis récemment offert une méga TV plasma de 140 cm de diagonale.
    Et elle me dit : "Tiens, je t’amène Calvaire, un film français assez bizarre (de fait : c’est strange, mais pas mal du tout, assez proche du célébrissime Délivrance de John Boorman), et aussi Hard Candy !". Et finalement… bah, elle n’avait pas réussi à le retrouver au moment de quitter sa lointaine ville de l’Est, ce qui n’était peut-être pas plus mal, au bout du compte. Vu que c’est quand même (un peu) l’histoire de notre rencontre - sauf que je ne suis pas un pédéraste meurtrier, je le précise tout de même, lol ! -, je crois que ça m’aurait (peut-être) mis un tout petit peu mal à l’aise de le voir en sa compagnie.
    Surtout qu’elle a quand même vaguement tendance à s’habiller comme Ellen Page, l’héroïne du film, avec le sweat à capuchon, et qu’il y a même une certaine ressemblance entre les deux, en plus (je trouve)…

    Moralité : toujours se méfier des jeunes filles en Converse, comme je n’arrête pas de le dire sur mon Blog SNEAKERS & BUFFALOS !!!
    Mais non, mais non, je déconne (si tu me lis, my young Padawan, et bien sûr que tu me lis, je le sais !)… Au contraire : je suis toujours client des personnes qui me font découvrir de nouvelles choses, comme Sat avec TOOL !
    P.S : La VF Emule n’est pas mal du tout, mais je suppose quand même que ce doit être dix fois mieux en VOST (sauf que le DVD vient à peine de sortir, et qu'il est hélas encore autour de 20€)!

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    1 Comments:

    Anonymous Lois said...

    People should read this.

    9:10 AM  

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