L'INDEX DE TOUS LES FILMS COMMENTÉS :
  • C'EST ICI !
  • POUR EN REVENIR À L'ORIGINAL :
  • C'EST LÀ !

  • samedi, août 01, 2026

    DESPERATELY SEEKING SUSAN (SUSAN SEIDELMAN)

    Ou encore, en français, Recherche Susan désespérément... Un Opus de 1985 que vous connaissez tous, mais probablement pas pour les vraies raisons : ce fut en effet le premier film à grand succès de Susan Seidelman, même chose pour Madonna, et également pour Rosanna Arquette - qui devait dès lors devenir célèbre, et jouer tout d'abord dans After Hours de Martin Scorsese (1985), puis dans Pulp Fiction de Quentin Tarantino en 1994 :

    Il vaut mieux voir le trailer, sans aucun doute :
    Certes, ce n'est pas un chef-d'oeuvre absolu... Mais cela marche très bien, non seulement à cause des différences existant entre la "bad girl" de la classe moyenne et la bourgeoisie, mais surtout grâce aux quipropos, dont Susan (Madonna) est majoritairement responsable :
    La première touchée n'est autre que Roberta (Rosanna Arquette), laquelle poussée par son ennui cherche à suivre comme elle peut une petite annonce, "Cherche désespérément Susan" - ce qu'elle réussit à faire :
    Elle ne parvient pas à lui parler, mais réussit tout de même à la suivre dans une petite boutique de mode - où elle finit par craquer sur l'ancienne veste d'Elvis Presley :
    Son mari Gary (Mark Blum), un homme assez riche, ne comprend pas du tout ce qui a pu se passer... Mais Roberta, même si elle se trompe vaguement d'argument, semble avoir une bonne raison :
    Sauf qu'elle sort de sa veste une clef inédite, qu'elle estime bien sûr appartenir à Susan, à qui elle envoie aussitôt une petite annonce - ce qui renforce encore le quiproquo :
    Résultat ? Elle se fait attaquer peu de temps après par un homme qui n'est jamais nommé, mais que l'on reconnaît tout de suite grâce à ses cheveux d'un blond éclatant - et aussi par sa violence :
    Elle se réveille dans les bras de Dez (Aidan Quinn), un total inconnu qui est persuadé d'avoir mis la main sur Susan, ce dont le chargeait son ami Jim (Robert Joy)... Raison pour laquelle il l'encourage à retirer tout ce qu'elle a dans le coffre de la consigne - et dont elle possède la clef sans savoir d'où elle vient :
    Ainsi se révèle de plus en plus le dilemne qu'il y avait entre les deux filles... Pour Susan, une déception évidente devant son coffre vide, et pour Roberta - qui s'est entretemps installée dans l'appartement de Dez -, une peur croissante face à tout ce qui peut se produire :
    Une réaction de Susan se manifeste aussitôt : parler au mari de celle qu'elle a enfin reconnue... Dans l'espoir, on ne sait jamais, que cela fasse avancer le tout :
    Suivi par Roberta, dont l'envie la plus grande reste de travailler vraiment - ce qu'elle fait aussitôt en tant que magicienne dans le fameux Magic Club, pendant que Susan s'offre dans une autre boîte son mari Gary :
    C'est compliqué, bien sûr... D'un côté, par l'attitude de Gary face à son épouse, qui semble totalement irrationnelle vis-à-vis de Susan. De l'autre, face à la mise en prison de Roberta - fort heureusement assez brève :
    Il est clair que le quiproquo ne va pas se résoudre tout de suite... Non seulement Gary et Susan dorment en répondant à peine au téléphone, mais en outre Gary apprend qu'un homme inconnu (probablement Dez) vient de payer sa caution :
    De fait, c'était bien Dez... Mais il est révolté par ce que son ex-femme Victoria a pu faire dans son studio de cinéma. Sur ce, Roberta se souvient, comme par hasard, que son prénom n'est pas celui de Susan, ce qui les fait immédiatement tomber dans les bras l'un de l'autre :
    Pendant ce temps, que fait la vraie Susan ? Et bien, elle lit à voix haute le journal personnel de Roberta, et elle finit par livrer sa propre opinion sur ce texte très sexuel... Certes, au même moment, Dez croit encore avoir affaire à elle, alors qu'il est vraiment avec la femme de Gary - tout en l'ignorant complètement :
    Il va donc se passer les deux choses suivantes : d'une part, Susan s'embrouille de plus en plus, recherchant désespérément "l'inconnu qui recherchait Susan"... De l'autre, Roberta finit par retrouver tout ses souvenirs sur son identité, et décide d'en informer aussitôt Dez :
    Avec comme résultat la présence de tous au Magic Club, un lieu où Roberta travaille depuis peu en tant qu'assistante du prestidigitateur... Ceci a l'air de totalement consterner son mari Gary, mais cela lui fait personnellement un grand plaisir, comme le démontre la réaction très enthousiaste de son nouvel ami Dez :
    Roberta décide donc finalement de les présenter l'un à l'autre, ce qui n'a pas l'air de trop mal se passer... Mais son ultime numéro dégénère grâce à la présence, toujours, du tristement célèbre blond, qui sème la panique dans toute la salle :
    Sinon que cette fois-ci, il ne s'en prend plus à Roberta, mais à la vraie Susan... Et celle-ci n'hésite pas à appeler la première en renfort - ce qui va bien lui servir, mettant définitivement le blond en KO complet, grâce à une bouteille vide fort utile :
    Enfin, les deux Susan, la fausse et la vraie, se rencontrent, et tout se passe pour le mieux - d'autant que seule Madonna connaît le faux nom du blond, "l'endive"... Pour finir, Jim débarque à l'improviste, ce qui fait beaucoup rire toutes les deux :
    Que reste-t-il à régler ? Le plus étonnant, c'est que Roberta n'a pas du tout envie de retrouver son mari, mais bien au contraire de se tourner vers Dez, auquel elle prête toutes les qualités... Quant à Susan et Jim, avec lequel cela dure déjà depuis un bout de temps, regarder un bon film leur semble assez idéal :
    Certes, le plus évident reste de montrer le responsable du cinéma Dez en train de découvrir, avec la plus grande passion, qui est en réalité Roberta :
    Mais le point le plus important, mis à part la belle musique du célèbre Thomas Newman, c'est de mettre en avant celle de Madonna, qui commence et termine le film avec ses propres chansons, à l'époque déjà fort célèbres... Comme je l'ai dit, l'Opus marche puissament grâce à elle, et a eu une grande influence sur la mode des années 1980, dédiée aux jeunes filles avec le triple stéréotype de crucifix, de mitaines et de jupes flottantes - "Bad Girl".
    Malgré les faiblesses éventuelles de Susan Seidelman, que l'on peut à l'occasion découvrir dans le film, cela reste tout de même puissant plus de quarante ans plus tard, et c'est en grande partie dû à la prestation fabuleuse de Rosanna Arquette, ainsi qu'à celle de Aidan Quinn. J'espère que vous pensez la même chose - quitte à laisser, pourquoi pas, un commentaire ?

    Libellés : , , , , ,

    mercredi, mars 25, 2026

    SWITCH (BLAKE EDWARDS)

    Un excellent film, l'avant-dernier réalisé en 1991 par Blake Edwards, spécialiste de la comédie et de l'humour, notamment avec The Party (1968) et toute la série de The Pink Panther, que vous connaissez par cœur. Mais cette fois-ci, il en va de toute autre chose :

    Switch veut avant tout dire "Le Changement", mais comme cela n'est pas très expressif en français, on a choisi le titre Dans la peau d'une blonde, bien meilleur. Il s'agit de l'un des films les plus drôles que j'ai jamais vu ces derniers temps, avec True Lies de James Cameron (1994) ou Last Action Hero de John McTiernan (1993).
    Le point commun avec ce dernier, c'est qu'il ne parle pas d'un inspecteur farfelu (comme dans The Pink Panther), mais bien d'une histoire à moitié réelle, basée sur cette hypothèse incroyable : le fait qu'un homme se réincarne en femme, chargé de purger ainsi tous les actes macho et misogynes qu'il a pu commettre.
    Ce thème était encore très rarement traité dans l'Amérique de cette époque, et qu'il fait énormément de bien à être regardé - surtout grâce à l'actrice principale, Ellen Barkin, qui est tout simplement extraordinaire !
    L'on commence tout d'abord avec Steve Brooks (Perry King), un chargé de publicité véritablement ambitieux, et suffisamment calculateur  - et radin - pour piquer les trois roses qu'il va offrir aux femmes de sa vie, en premier lieu à Margo, qui fait semblant de bien l'accueillir :
    Mais les trois femmes qui l'attendent, Liz, Margo, et Felicia, ont toutes bien autre chose en tête : tuer cet homme insupportable en le noyant au cœur d'un jacuzzi. Ce qui ne va pas bien se passer durant un premier temps, mais Margo sait ce qu'elle veut, et va sortir de son tiroir un révolver au résultat cette fois implacable :
    Résultat, Steve Brooks est bien mort, déporté dans le fleuve, et devinez quoi ? On le voit en train de débattre de son avenir avec le diable en personne (Bruce Payne), lui laissant cette unique possibilité d'aller droit au ciel : incarner une femme, et se dévouer à rendre celles-ci bien plus heureuses qu'il avait l'habitude de le faire :
    Naît alors la (soi-disant) demi-sœur de Steve Brooks, Amanda Brooks (Ellen Barkin), qui n'a au départ aucune conscience de sa mutation, et s'en aperçoit tout d'abord en allant uriner - ne trouvant plus la chose en question -, puis ensuite en s'apercevant dans une glace, et se mettant alors à hurler comme si elle ne le supportait pas :
    Amanda va ainsi démontrer dans un premier temps toute la haine qu'elle a envers cette espèce humaine, que ce soit dans sa façon étrange de montrer son slip, ou les étranges chaussures qu'elle n'aime pas du tout porter. Mais comme elle le comprend rapidement, il va bien falloir faire avec, histoire de passer inaperçue :
    La seule personne en qui elle a confiance au sein de la boîte de publicité s'avère être Walter Stone (Jimmy Smits, très connu pour son rôle dans la série La Loi de Los Angeles) - et qui était autrefois le très bon ami de Steve Brooks, mais bien sûr, elle/il ne veut pas encore lui expliquer la complexité de cette transition :
    Nous découvrons au passage la secrétaire de son demi-frère Steve (Catherine Keener, dont c'était le premier véritable rôle au cinéma) - et qui s'avère le détester tout autant que lorsqu'il était encore en vie :
    Puis plus important le patron de la boîte de publicité, Arnold Freidkin (Tony Roberts), envers lequel Amanda a l'air plutôt positive  - en compagnie de Walter Stone, dont elle se rapproche de plus en plus :
    Cela peut vous paraître étrange, mais je n'ai pas ce film en DVD - ce qui m'a contraint à effectuer toutes les recherches d'images possibles sur Internet, un travail réellement difficile...
    Heureusement, je l'ai vu récemment 3 ou 4 fois, et je me souviens très bien des intrigues principales, non seulement de la relation d'Amanda avec Walter Stone - qui s'avère de plus en plus claire concernant son passé d'homme -, mais aussi de ses rapports avec Margo Brofman (JoBeth Williams), la fameuse meurtrière de Steven Brooks, vis à vis de laquelle elle se cache le moins possible de sa relation avec lui :
    En résumé, nous sommes donc trois à savoir qui Amanda était dans le passé : Walter Stone, Margo, et le public... De temps en temps, Amanda en vient même à téléphoner à d'anciennes amies, histoire de sonder la réputation de Steve Brooks - autrement dit d'elle-même -, mais elle se voit systématiquement insulter, quand on ne lui raccroche pas au nez :
    En tous cas, elle sait très bien comment se comporter avec les hommes... Meilleure preuve avec l'arrivée du nouveau Dan Jones (Kevin Kilner), dont elle élimine d'emblée la proposition de l'inviter au restaurant - qu'elle sait bien sûr immédiatement suivie par une invitation à l'hôtel :
    Reste à se concentrer sur la phase la plus importante de sa soi-disant accession au paradis : savoir se montrer bien plus sympathique avec une autre femme, du temps où elle était encore Steve Brooks...
    Peut-être est-ce le côté le plus ambigu du film : le point où elle décide - plus ou moins contre son gré - de séduire la célèbre lesbienne Sheila Faxton (Lorraine Bracco)...
    Celle-ci est une puissante créatrice de parfum, avec laquelle la boîte d'Arnold Freidkin cherche à tout prix à travailler, et mine de rien, cela va se passer du mieux qu'il est possible - malgré les vraies difficultés qu'Amanda éprouve à ce sujet :
    En gros, la détente règne donc partout... Jusqu'à ce qu'Amanda, de pair avec Walter Stone, finit par se saouler complètement lors d'une soirée improvisée, qui se dégrade vite en une vaste bagarre ingérable :
    Souhaitez-vous que je vous dise ce qui se passe par la suite ? 1) Elle rentre chez elle complètement bourrée, et met au lit Walter Stone, sans même s'apercevoir que celui-ci lui fait l'amour - avec toute sa volonté 2) Furieuse de sa toute première fois en tant que femme, elle découvre du même coup à la télévision que que le corps de Steve Brooks vient d'être retrouvé dans le fleuve...
    Histoire de se détendre un peu, elle décide donc de se livrer à un match de volley-ball avec Walter Stone - au cours duquel elle perd, ce qui ne l'empêche pas de se trouver malgré tout bien contente que ce soit à un seul point près :
    Ceci dit, la découverte du corps de Steve Brooks - suivie de près par Margo, qui cherche à tout prix à être disculpée de cet assassinat - ne lui laisse qu'une unique solution : se rendre à l'aéroport, et fuir à l'étranger... Malheureusement, deux inspecteurs l'attendent, et elle est aussitôt enfermée dans un hôpital psychiatrique :
    Cinq mois plus tard, toujours dans cet endroit, elle apprend subitement qu'elle est enceinte d'une petite fille... Et mine de rien, elle s'en entretient avec Walter Stone, lequel n'a pas l'air du tout choqué, et est même bien content qu'il/elle soit contente de la situation :
    Il ne leur reste donc plus qu'une chose à faire : se marier, avant la naissance de l'enfant... Ce qui va se passer en privé, au cours d'une cérémonie fort émouvante :
    Hélas, Amanda est toujours - d'un certain côté - Steve Brooks. Et lors de la venue au monde de l'enfant, elle a le choix entre ces deux seules possibilités : ou bien sa future fille meurt, ou bien c'est elle-même... 
    Elle choisit sans hésiter l'ultime version... Tout en se doutant que son mari et sa fille vont venir lui rendre visite autant que possible :
    Le dernier plan ? Celui où on l'entend parler avec Dieu lui-même, au sujet du sexe qu'elle souhaite adopter pour son paradis... Elle ne le sait pas encore vraiment, hésite un peu, mais Dieu lui dit : "Peu importe, tu as tout le temps qu'il te faut" !
    C'est formidable, non ? Un film de Blake Edwards, joué d'une façon magistrale par Ellen Barkin et Jimmy Smits, et qui reste - plus de trente ans après sa sortie - non seulement hilarant d'un bout à l'autre, mais surtout diaboliquement à la page, puisque les discriminations homme/femme sont toujours d'actualité...
    Vous voulez bien sûr le trailer :
    Serait-ce vous dire que je souhaite naturellement un commentaire de votre part ? Bien sûr que oui - et ceci d'autant plus que je n'ai pas parlé depuis bien longtemps d'un Opus aussi drôle !

    Libellés : , , ,