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  • dimanche, avril 05, 2026

    LE PRINTEMPS !

    POURQUOI NE JAMAIS LAISSER DE COMMENTAIRE ? JE ME LE DEMANDE...
    Vous avez beaucoup de temps, et vous cherchez alors LE FILM À VOIR (par réalisateur ou par titre)... Mais n'oubliez pas de vous y manifester, s'il vous plaît !

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    JOYEUSES PÂQUES : BROKEN FLOWERS (JIM JARMUSCH)

    Tourné en 2005, cet étrange film - qui se nommait au départ Dead Flowers - est typique de Jim Jarmusch, qui en tant que réalisateur verseau provoque, tout comme David Lynch, des réactions vraiment différentes : soit les gens l'adorent par pur instinct, soit ils le détestent d'emblée, sans même l'avoir regardé...

    Inutile de vous dire que j'appartiens à la première catégorie, d'autant plus que j'avais déjà vu auparavant le génial Ghost Dog (1999) et surtout Night on Earth (1991), qui annonçait déjà la structure de l'Opus en plusieurs parties bien différentes, toutes ayant cependant un point commun.

    Alors qu'il s'agissait dans Night on Earth du chauffeur de taxi - différent et réparti dans cinq grandes villes du monde -, il est question cette fois de plusieurs femmes anonymes et énigmatiques, qui présentent à chaque fois une possibilité (ou non ?) au principal interprète de l'œuvre, Don Johnston (joué par l'excellent Bill Murray).

    Tout comme dans ce film plus ancien, le parcours va se dérouler de la même façon, allant de son côté absolument positif à sa phase la plus noire possible - ce qui m'oblige donc à répartir toutes ces rencontres en quatre points de vue bien différents...

    Avant qu'on en arrive là, on commence déjà à découvrir Don, son ennui visiblement profond dans ce vaste appartement, et son amie Sherry (Julie Delpy), qui le quitte implacablement sans grande émotion :

    Cela ne lui importe guère, dirait-on, mais Don est nettement plus embarrassé par la réception d'une lettre anonyme, toute rose, et entre en contact avec son voisin le plus proche, Winston (Jeffrey Wright) - un enquêteur amateur et véritable fan de romans policiers :
    Don lit à Winston l'essentiel de cette lettre, notamment la partie où cette femme inconnue lui avoue avoir été enceinte - peut-être de lui ? -, et qu'il s'agirait d'un fils d'environ vingt ans à la recherche de son père :
    Dans un premier temps, Don est incapable de voir plus loin - quels que soient les efforts qu'il fait :
    Mais Winston, père de famille de nombreux enfants, va en décider bien différemment, et s'occupe désormais de tout - autrement dit de l'adresse des femmes concernées, du moyen de s'y rendre, et même de leur offrir des roses à chaque fois - liées à la couleur de la lettre :
    Contre son gré prêt à se rendre dans les lieux concernés, Don se retrouve donc dans un aéroport - où au passage il admire beaucoup les escarpins que porte la femme à ses côté, ce qui comme chacun sait est typique des verseaux :
    1) Une fois débarqué, voici la première de ses ex-compagnes qu'il doit retrouver, la très belle Laura Miller (Sharon Stone) :
    Elle a l'air en pleine forme, sourit sans arrêt, lui raconte son métier d'ébéniste de meubles, puis parle avec son unique fille Lolita (Alexis Dziena)... Celle-ci ne porte pas pour rien ce prénom (qui fait allusion au fameux film de Stanley Kubrick), car elle se trouvait sur place avant sa mère pour accueillir Don, et s'est même présentée à lui sans aucun complexe entièrement nue :
    Contrairement à ce qu'il attendait, Don passe une nuit exceptionnelle avec Laura - et visiblement, la quitte de la façon la plus romantique possible, main dans la main :
    D'une très bonne humeur, il décide de mettre sur la route le disque que lui a prêté son voisin Winston - basé durant tout le film sur le jazz éthiopien de Mulatu Astakte, que vous pouvez découvrir ici :
    2) Il se rend ensuite chez Dora (Frances Conray), qui l'accueille d'une façon moins sympathique que Laura, à qui il offre néanmoins les même fleurs qu'à elle :
    En fait, Dora lui parle un peu de son métier, dédié à l'immobilier, mais se demande surtout comment il a pu prendre contact avec elle :
    Heureusement, il mange cette fois-ci avec son mari Ron (Christopher McDonald), qui a l'air beaucoup plus agréable que sa femme... Manque de bol, il lui révèle son incapacité à avoir des enfants avec elle, ce qui n'a pas l'air de menacer leur couple :
    Don lui dit alors la même chose, qu'il n'a pas non plus d'enfants :
    Une fois rentré à l'hôtel, il se décourage visiblement, et s'entretient brièvement au téléphone avec Winston, ne serait-ce que pour marquer son incompréhension :
    3) Il se rend tout de même chez la troisième femme, mais celle-ci est impossible à voir sans que Don ne soit tout d'abord accueilli par son assistante (Chloë Sevigny) - qui a l'air particulièrement dure à ce sujet :
    Mais il se voit finalement accorder une discussion assez courte avec la vétérinaire Carmen (Jessica Lange) - où elle lui parle surtout de l'abandon de son ancien métier de magistrate pour celui-ci qu'elle préfère nettement, les animaux ayant la puissance de communiquer ce que jamais les hommes ne pourront envisager :
    Du coup, étant convaincu qu'elle n'a jamais été en couple ni eu d'enfant, Don adhère à son point de vue et lui avoue n'avoir non plus été jamais marié :
    4) Enfin, il se rend chez la dernière sur la liste, Penny (Tilda Swinton, célèbre pour ses rôles ambigus), que d'ailleurs il ne trouve pas tout de suite... Non seulement la maison est beaucoup plus délabrée que les trois précédentes, mais son entourage masculin de motards semble pour le moins bizarre :
    Quand il finit par la rencontrer, elle se montre très acide, lui parle franchement, et lui dit avec franchise toute la vérité sur leur soi-disant relation amoureuse :
    Mais cela n'empêche pas Don de continuer, avec ses interrogations :
    Résultat ? Il finit par se faire tabasser assez violemment par les copains de Penny... Et passe visiblement la nuit dans sa voiture perdue sur un champs, faute de mieux :
    5) Evidemment, cela serait censé se terminer ainsi... Mais il reste encore à Don un être mort à voir, Michelle Pepe, dont il aimerait bien découvrir la tombe. Comme il se trouve assez défiguré par sa bataille récente, il a la chance de tomber sur une jeune fille fort gentille, Sun Green (Pell James), qui non seulement lui arrange le visage, mais lui indique aussi la route pour se rendre au cimetière :
    Cela aurait été une assez belle conclusion pour le film, non ?
    6) Finalement de retour chez lui, Don dit à Winston ce qu'il pense vraiment de toute cette histoire, à ses yeux complètement inutile :
    Mais il reste un élément dont il n'a encore aucune idée... Il s'agit d'un jeune homme (Mark Webber) rencontré à la sortie de l'aéroport, qui pourrait bien être son fils :
    En fait, Don passe son temps à lui poser différentes questions... Hélas sans en obtenir de réponses convaincantes, allant même jusqu'à pousser Mark à fuir le plus vite possible dans les rues de New-Jersey :
    Résultat de sa longue route : sa tête profondément énigmatique et triste... Qui le montre sous un tout autre aspect que lors du début, où il se trouvait dans les bras de la belle Laura :

    Juste histoire de vous le faire rapidement découvrir, un sympathique trailer, nous montrant bien les quatre phases de ce film :

    Evidemment, cela est typique de Jim Jarmusch, non seulement par sa construction en différentes parties, mais aussi par sa grande lenteur apparente, sa traversée du pays (ou du monde), et surtout - chose qui lui semble très liée - son passage du plus optimiste des sentiments à la dépression la plus noire, sans nous en donner une véritable et convaincante explication...

    En tous cas, c'est un film qui dans l'ensemble a très bien marché, vu qu'il a rapporté environ cinq fois le montant du budget initial de 10 millions de dollars (très faible, vu la présence d'au moins trois grandes stars), et surtout du fait qu'il a obtenu en cette année 2005 le Grand prix du Festival de Cannes.

    Je ne peux donc - même si vous n'êtes pas verseau - que vous encourager à le voir, de même que Night on Earth ou Ghost Dog, dont je me suis déjà révélé comme un grand fan ici-même !

    Autres films du même réalisateur : Ghost Dog

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    mercredi, avril 01, 2026

    DEAD ZONE (DAVID CRONENBERG)

    Bon anniversaire au principal acteur de ce film, Christopher Walken - qui vient d'atteindre ses 83 ans !
    Et oui, encore du David Cronenberg... Vous pensez sans doute qu'il s'agit d'un film déjà ancien (1983), mais celui-ci était le premier a être tourné aux Etats-Unis au lieu du Canada avec une masse d'effets spéciaux quasiment invisibles, à commencer par celui du générique :
    Rien qu'à voir comme ceci, cela ne touche pas énormément, mais il faut savoir que ce plan dure plusieurs minutes, et que durant tout ce temps, la fameuse Dead Zone se révèle de plus en plus réelle :
    Laissant du reste deviner le nom de l'auteur de la nouvelle (basée, soit dit en passant, sur une histoire vraie !), Stephen King, qui a servi à nombre de films pour la plupart fort connus, dont le plus célèbre reste Shining de Stanley Kubrick :
    Attention : vu la quarantaine de photos du film, on va sûrement m'accuser de faire un spoiler ! Ce dont vous n'aurions pas tort, mais qu'il est plutôt préférable de dire au début de l'histoire qu'à sa fin, afin de vous laisser à l'abri si vous n'avez pas encore vu ce film. Commençons donc par le début, qui reste certes quelques minutes confiné dans une histoire normale, basée sur l'amour de deux profs et leur futur mariage :
    Mais qui ne tarde pas à basculer très vite à cause d'un grave accident de la route :
    Accident qui va valoir à Christopher Walken, l'acteur principal de ce film, de rester cinq années dans le coma :
    Et de récupérer pour le compte la fameuse Dead Zone, qui va lui donner le don de percevoir par toucher les choses à venir, surtout quand celles-ci ne sont pas bonnes :
    Bien évidemment, il reste navré de voir que sa future femme (Brooke Adams) s'est mariée avec quelqu'un d'autre, cinq ans obligent :
    Mais sa notoriété attire de plus en plus de gens, dont le fameux inspecteur de police Bannerman, joué par le célèbre Tom Skerritt :
    Inspecteur qu'il va de prime abord contraindre au silence, mais il va finir par se décider à lui donner un coup de main fort précieux - et là, il me semble que c'est à proprement parler remarquable, le contraste entre les rôles réels dans un tunnel bien noir, et les rôles irréels joués dans un arsenal en plein jour :
    Il se trouve qu'est aussi remarquable la capacité Dead Zone de Christopher Walken, qui se dévoile capable de traquer l'auteur du meurtre, l'adjoint Dodd de Bannermann (Nicholas Campbell), qui du coup met immédiatement fin à ses jours dans un suicide lui aussi très impressionnant niveau caméra :
    
    C'est de fait le moment durant lequel le film marque une petite pause, au cours de laquelle se développe non seulement la reprise - en privé - de ses propres cours par Christopher Walken, mais aussi son engagement par l'un des hommes les plus riches du comté pour s'occuper de son fils, Roger Stuart (Anthony Zerbe) :
    Pendant peu de temps, ceci se passe très bien, n'était-ce l'apparition de Greg Stillson (Martin Sheen), futur président des Etats-Unis, tandis que pour l'heure Christopher Walken se comporte encore de façon assez potable, ou bien celle de son ex-femme (Brooke Adams) :
    Mais très vite, cela dégénère, tout d'abord en l'image de la mort du garçon :
    Mort qui ne va pas avoir lieu, en raison du Dead Zone de Christopher Walken, bien que laissant le père du garçon dans un état déplorable :
    Mais mort qui va réapparaître de façon fort curieuse en touchant les mains de Greg Stillson (Martin Sheen), personnage qui va du coup se révéler comme un président américain complètement fou, que bien sûr il va falloir abattre quoi qu'il arrive :
    Ni une, ni deux, Christopher Walken va bien sûr se montrer présent dans le show, en repassant dans sa tête l'histoire de son professeur (Sam Weizak) vis à vis de Hitler, qu'il aurait tué sans hésiter, même s'il savait qu'il allait ainsi mourir lui-même :
    Il y aura alors deux meurtres, dont l'un se révèlera totalement inoffensif, celui du fils de son ex-femme sous les mains de Greg Stillson, mais dont l'autre sera bien réel, le sien :
    Sans parler, bien sûr, d'un troisième suicide, celui vu dans le futur d'un impossible Greg Stillson, dont on admirera au passage la fausse couverture de Newsweek fabriquée pour l'occasion :
    Ainsi le film se termine de façon parfaite, avec certes la propre mort de Christopher Walken, mais qui est la seule façon de mener Greg Stillson (Martin Sheen) vers la sienne propre, de la pure morale :
    J'ai utilisé le terme de pure morale parce que je trouve que ce film, indépendamment de sa puissante maîtrise d'acteurs et la grande beauté de ses plans, représente une pure croyance dans ce concept, qu'il provienne de David Cronenberg, de Stephen King, ou plus vraisemblablement de tous les deux réunis pour cette seule occasion.
    Il y a néanmoins quelque chose de totalement immoral dans ce film, sans doute dû à sa première origine américaine, c'est que sa musique ne soit pas confiée à ce très fidèle Howard Shore, mais à Michael Kamen - soit dit en passant, autre très bon compositeur de musique de film. Bon, ne serait-ce que pour une fois, et au profit d'un tel musicien, passe encore...
    Mais David Cronenberg a toujours bien su se tenir, et que l'on compare du reste les noms des costumiers, des monteurs, des musiciens ou des photographes, l'on retrouve régulièrement les mêmes. Il est, dans ce genre, très proche ainsi de David Lynch, et c'est peut-être pour cela que tous deux font partie de mes réalisateurs préférés : ce sont de vrais génies du cinéma, et rien que pour cela, ils valent tous deux que j'investisse une partie de mon argent dans leurs DVD... Je ne regrette rien de tout ceci, et j'espère que vous non plus !

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