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  • lundi, juin 29, 2026

    EN JUIN

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    Ou regardez les deux récents : MISSISSIPPI BURNING et THE HOST

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    BENEDETTA (PAUL VERHOEVEN)

    Vous savez tous que je suis un véritable fan de Paul Verhoeven, dont j'ai pratiquement décrit tous les films américains, de Robocop (1987) jusqu'à Hollow Man (2000), en passant naturellement par Total Recall, Basic Instinct et Starship Troopers. Je n'ai hélas que peu parlé de lui dès son retour dans notre continent, avec ces deux Opus fabuleux, Black Book (2006) et Elle (2016)... Mais je me rattrape aujourd'hui, en décrivant son récent Benedetta sorti à Cannes en 2021, abordant une histoire religieuse et sexuelle bien réelle qui eut lieu au XVIIème siècle - tout comme Silence de Martin Scorsese (2017), également un biopic récent parlant de l'apostasie d'une religion au Japon à la même époque.

    Ce film est entièrement basé sur le livre de Judith Brown, Immodests Acts : The Life of a Lesbian Nun in Renaissance Italy (1986), et débute rapidement par une attaque de toute la famille Carlini par un groupe de bandits, qui tente de subtiliser le collier de la mère Midea Carlini (Clotilde Courau). Benedetta leur révèle alors qu'elle vient de parler avec la Vierge Marie, et fait intervenir un oiseau pour s'en prendre à l'oeil du grand chef - d'où celui-ci décide de rendre le collier :

    Bien des années plus tard, Benedetta (Virginie Efira) se retrouve au sein du couvent des Théatines de la ville de Pescia. On la voit jouer au sein d'une pièce de théâtre - ressemblant énormément à nombre de tableaux de cette époque - le rôle de Vierge Marie, au cours de laquelle elle a déjà une vision de Jésus :
    Le soir même, une certaine Bartolomea (Daphné Patakia) souhaite également être intégrée au temple, se trouvant vulgairement insultée et violée par son père. Finalement aidée par la famille de Benedetta, elle finit par y rentrer, trouvant un lit juste à côté de celle-ci :
    Benedetta commence alors à avoir, lors de ses rêves, une vision du Christ de plus en plus insistante... Jésus commence alors à éliminer les vipères à l'aide son épée, puis lui expose sa vision hors du temps de leur alliance :
    Peu de temps après, elle s'entretient avec l'abbesse principale du couvent, Felicita (Charlotte Rampling), qui cherche à élucider sa relation avec Bartolomea... Mais Benedetta lui dit seulement qu'elle éprouve de la compassion pour toutes ses souffrances - n'allant pas plus loin dans tout ce qui se passe la nuit :
    Une nuit, Benedetta se retrouve de nouveau à rêver de Jésus, en train d'arrêter une bande redoutable de violeurs... Mais elle s'aperçoit bien vite que celui-ci n'est pas le véritable Christ, et se réveille subitement, en proie à une crise inexplicable :
    Du coup, l'abbesse Felicita charge encore plus la nouvelle venue Bartolomea de bien s'occuper d'elle... Mais elle ne parvient pas à livrer ses propres pensées :
    Lors d'une autre nuit, Benedetta se retrouve face au Christ sur sa croix, cette fois-ci le véritable... Il lui demande de se déshabiller, d'ôter son pagne et de se placer en face de lui, jambes contre jambes et mains contre mains :
    Elle se réveille subitement, marquée de blessures sur les mains, les pieds et le flanc droit - comparables aux stigmates du Christ... L'abbesse Felicita est sceptique, mais Benedetta tombe subitement sur la tête, se relevant en parlant d'une voix bien plus masculine, et hurle pour la grâce de Dieu et sa préservation de la ville de Pescia.
    Christina (Louise Chevillotte), la fille de Felicita, émet de sérieux doutes sur cette version, mais elle ne se voit pas du tout approuvée par sa mère, surtout soucieuse de la hierarchie cléricale :
    L'abbesse Felicita a bien raison, car sitôt ceux-ci arrivés de Florence, ils ont toutes les raisons de voir les nouvelles plaies de Benedetta comme étant celles de Dieu - ce que presque toutes les soeurs du couvent approuvent :
    Conséquence immédiate : le remplacement immédiat de Felicita à la tête du groupe par Benedetta... Il est donc demandé à l'abbesse de renoncer à toutes ses fonctions, au profit  de la jeune qu'elle a accueilli au tout début :
    Benedetta se retrouve alors transférée dans les vieux quartiers du couvent - ceci en compagnie de son amie Bartolomea... Celle-ci, qui ne sait ni lire ni écrire, apprend tout cela aux côtés de Benedetta, un précieux recours face à l'analphabétisme.
    En revanche, elle en connait beaucoup sur un autre plan, qui semble pour l'instant assez méconnu de Benedetta...  C'est là que l'on retrouve le génie de Paul Verhoeven dans sa présentation d'une activité insolite, comme il l'avait déjà fait dans Basic Instinct - qu'il s'agisse de la création d'un godemichet à la base d'une statue de la vierge, de sa pénétration juste devinée, ou de la jouissance absolue des deux femmes en parfaite harmonie. Le tout étant bien entendu à peine visible, filmé dans le noir, seulement audible pour les vrais amateurs :
    Pourtant, l'ancienne abbesse Felicita a bien vu tout ce qui s'était passé, au travers d'un trou qu'elle a creusé dans le mur... Sa fille Christina décide alors de se rendre à nouveau chez le prêtre, afin de lui confesser sa vision des stigmates de Benedetta. Mais ceci n'étant qu'un mensonge, Felicita refuse d'approuver ce point de vue, et Benedetta lui ordonne de se flageller elle-même :
    Aussitôt cet acte accompli, Benedetta et Bartolomea s'en remettent à leur nouvelle activité, encore plus appuyée cette fois-ci... Christina, désespérée, se jette alors du toit de l'abbaye, et se retrouve au sol agonisante. Benedetta aimerait bien intercéder aux yeux de Dieu à son égard, mais Felicita lui conseille de rester à l'écart :
    C'est pourquoi Benedetta s'éclipse peu de temps après vers Florence, où elle rencontre comme prévu le nonce - surjoué par Lambert Wilson... Alors que celui-ci a une vision assez négative, elle l'entraîne à la ville de Pescia, et suggère à tous que cette cité sera épargnée par Dieu - en l'occurrence de la peste bubonique, réellemenr répandue dans toute la Toscane en cette année 1630 :
    Alors qu'elle a ordonné à ses gardes de fermer la ville, le nonce parvient tout de même à y pénétrer... Il y découvre Benedetta décédée de causes inconnues, puis celle-ci se réveille subitement - affirmant à tout le monde qu'elle était au paradis, et a vu le sort réservé à ceux présents :
    Sceptique, le nonce de Florence ouvre aussitôt une cour d'enquête sur la conduite de Benedetta, qu'il accuse d'hérésie, de blasphème et de bestialité. Alors qu'il l'interroge en privé, celle-ci lui lave les pieds, et remarque aussitôt une puce - se rendant compte qu'il a introduit la peste bubonique au sein de Pescia :
    Ne se décougeant pas, le nonce décide alors d'interroger sa compagne Bartolomea, qui finit sous la torture par tout avouer... Elle le conduit au godemichet en bois, dissimulé dans un livre dans les appartements de Benedetta, que le nonce décide alors d'arrêter. Elle prend alors à nouveau une voix d'homme, déclare que celui-ci va bientôt tomber malade - même s'il se borne pour l'instant à faire expulser Bartolomea de Pescia :
    Vient ainsi le jour de l'éxécution de Benedetta, que presque tout le monde désapprouve... Mais le nonce reste fidéle à lui-même, afin d'affirmer son autorité sur la ville :
    Il lui déclare même qu'elle pourra éviter d'être brulée, et seulement étranglée si elle lui avoue tous ses péchés :
    Mais c'est grandement sous-estimer la foule, de plus en plus hostile, et parvenant sans problème à envoyer le nonce aux portes de la mort... Il fait finalement confiance à Benedetta, mais lui dit ce qu'il pense pour de vrai - et l'on n'en saura pas plus :
    Felicita est encore vivante, mais elle enlève bientôt sa robe noire, révèlant aussi des bubons de peste, et décide de monter elle-même sur le bûcher... Pendant ce temps, au dernier moment, Bartolomea a réussi à détacher Benedetta de sa punition mortelle, et elles s'enfuient toutes les deux dans une écurie, à l'extérieur de la ville :
    Après avoir passé toute la nuit ensemble, elles se réveillent - dans un plan exceptionnel de Paul Verhoeven, pour la première fois en plein jour... Alors que Bartolomea exprime sa volonté d'aller n'importe où, Benedetta lui livre son désir personnel de rejoindre la ville de Pescia, dont elle semble complètement optimiste sur l'éventuel nouveau bûcher :
    De fait, si l'on consulte le livre de Judith Brown, l'on s'aperçoit qu'elle avait raison : la peste dévasta toutes les villes, sauf celle de Pescia, le martyre fut officielement refusé à Benedetta, et celle-ci vécut jusqu'à 70 ans dans le couvent des Théatines... Regardez ce court trailer, il donne une bonne idée de ce film :
    Mieux encore, cet interview - oui, en français ! - de Virginie Efira et Paul Verhoeven, où ils parlent tous les deux de l'expression du sexe à l'écran, de la véracité des faits, et de la modernité du jeu de cette dernière, qui me paraît absolument impeccable :
    Alors aimez-vous cet Opus, ou bien le détestez-vous - ce qui est pratiquement courant lors de toute la production de Paul Verhoeven ? En tous cas, il m'a bien plu, même si il a fallu que je le regarde deux ou trois fois... Et pour tout dire, il m'a paru d'une réelle importance, surtout lorsqu'il s'agit d'un sujet aussi rarement traité au cinéma - où j'espère que vous oserez laisser un commentaire, sur cet exceptionnel biopic !
    Autres films du même réalisateur : Robocop, Total Recall, Basic Instinct, Starship Troopers, Hollow man
    Autres biopics (avec entre parenthèses la date du film, et le nom de la personne traitée) : Patton (1970,George Patton), Barry Lyndon (1975, Barry Lyndon), Raging Bull (1980, Jake LaMotta), Elephant Man (1980, John Merrick), Amadeus (1984, Wolfgang Amadeus Mozart), Bird (1988, Charlie Parker), Ed Wood (1994, Ed Wood), Braveheart (1995, William Wallace), A Straight Story (1999, Alvin Straight), The Insider (1999, Jeffrey Wigand), Ali (2002, Cassius Clay), Frida (2002, Frida Kahlo), Girl with a Pearl Earring (2003, Johannes Vermeer), Aviator (2004, Howard Hughes), Marie-Antoinette (2006, Marie-Antoinette), The Last King of Scotland (2006, Idi Amin Dada), La Môme (2007, Edith Piaf), Into the Wild (2007, Christopher McCandless), Zodiac (2007, Arthur Leigh Allen & Robert Graysmith), Valkyrie (2008, Adolf Hitler & Claus von Stauffenberg), Invictus (2009, Nelson Mandela), J. Edgar (2011, J. Edgar Hoover), Silence (2017, jésuites portugais)

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    samedi, juin 20, 2026

    MISSISSIPPI BURNING (ALAN PARKER)

    Je pense que vous connaissez déjà ce film, tourné par Alan Parker en 1988, et qui raconte l'histoire authentique du triple meurtre commis en 1964 sur trois militants de Freedom Summer. D'une façon assez générale, il y a peu d'Opus qui parlent du racisme envers les noirs, et les deux plus marquants dont j'ai déjà parlé ici sont American History X de Tony Kaye (1998) et Invictus de Clint Eastwood (2009). Sorti en 1988, soit encore dix ans auparavant, Mississippi Burning commence de la façon la plus cruelle possible :

    Suite à cette tuerie, deux agents du FBI sont envoyés sur place... Curieusement, le plus jeune d'entre eux, Alan Ward (Willem Dafoe), reste celui qui agit uniquement selon les démarches officielles. En revanche, son adjoint Rupert Anderson (Gene Hackman), originaire du Mississippi et bien plus âgé, utilise ses méthodes personnelles, bien moins conventionnelles :
    Dès le début, nous sommes préparés à cette montée de violence - qui ne vise pas seulement les noirs, mais tout aussi bien ces envoyés du FBI :
    Comme le dit le shérif Ray Stuckey (Gailard Sartain), "On se fout de leur avis. Ici, on est dans le Mississippi" :
    Peu de temps après, l'on retrouve la voiture, à bord de laquelle se trouvaient les trois hommes assassinés... C'est la raison pour laquelle Alan Ward exige que l'on fouille le marais tout entier, y compris à l'aide de nombreux militaires, afin de découvrir leurs corps :
    Aussitôt se déroule ce qui n'est pas rare au Mississipi, l'incendie criminel des maisons... L'on peut y voir le talent implicite d'Alan Parker, dans sa citation du mot "freedom" devant celle-ci :
    La recherche se poursuit, avec encore davantage de monde, mais toujours sans résultat :
    Pendant ce temps, l'on devine l'exposition encore plus forte des noirs, qui se décident à chanter en l'honneur de Dieu dans l'église de leur comté... Ils sont hélas attendus par des membres du KKK - autrement dit, le Ku Klux Klan, une sorte de société terroriste suprémaciste blanche existant depuis 1865 :
    Ceux-ci se mettent à brûler l'église, puis poursuivent et frappent ceux qui leur tombent dans les mains - notamment ce jeune noir, pas mort, mais bien amoché :
    Se présente alors dès le lendemain un homme en apparence juste décidé à mettre les choses au point, Clayton Townley (Stephen Tobolowsky)... Mais c'est en fait le chef local du KKK, qui ne fait qu'attiser la haine et le mépris, de façon de plus en plus violente :
    Rupert Anderson commence alors à appliquer sa vision personnelle du Mississippi, totalement opposée à celle de son chef du FBI Alan Ward... Meilleure preuve dans cette opposition avec l'un des soi-disant chefs de la ville, qu'il a vite fait d'attraper par ses parties les plus sensibles, et à mettre à terre rapidement :
    Pendant un moment, marqué par la découverte du jeune noir bien ensanglanté, Alan Ward comprend de mieux en mieux la vision de Rupert Anderson :
    Mais cela ne s'arrête pas, allant toujours plus loin :
    Il se tient alors un procès, auquel Alan Ward et Rupert Anderson se rendent aux fins d'assister à une bonne décision... Mais le juge, apparemment du KKK lui aussi, ne donne aux accusés que cinq ans de prison - qu'il autorise en outre à vivre en sursis :
    Du coup, la réaction du public devient nettement plus forte, entre autres chez les noirs - dont l'un d'eux tente même de les attaquer ouvertement... Malheureusement, il est surpris par derrière par des membres du KKK, et échappe de justesse à une tentative de lynchage :
    A ce moment précis, Rupert Anderson se rend une fois de plus chez la femme de Clinton Pell (Frances McDormand), qu'il soupçonne de n'être pas du tout d'accord avec les mouvements du Mississippi... Après quelques dialogues, il finit enfin par obtenir ce qu'il espérait depuis le début : l'adresse précise où sont enterrés les corps des trois victimes :
    Selon toute apparence, elle a bien donné le bon endroit, la ferme des Roberts :
    Mais un problème se présente visiblement aux yeux de Ray Stuckey, qui de façon discrète suggère au shérif adjoint Clinton Pell (Brad Dourif) de se rendre sans plus tarder chez son épouse... Ce qu'il fait immédiatement, accompagné de quatre ou cinq membres du KKK, envoyant celle-ci bien amochée à l'hôpital :
    A force de monter le ton, Rupert Anderson finit presque par recevoir un avertissement impitoyable de son collègue Alan Ward... Par chance, cela ne dure pas bien longtemps, et les voici bientôt reparti tous les deux à la poursuite de sept hommes apparemment coupables :
    Le plus désigné, c'est évidemment Clinton Pell, qui se retrouve cette fois-ci face à Rupert Anderson, lequel prend un certain plaisir à le faire avouer sans détour - avant de le laisser tourner sur sa chaise :
    Résultat ? Une dizaine d'hommes arrêtés par le FBI, cette fois ne bénéficiant d'aucun sursis... Clinton Pell, Frank Bailey et Clayton Townley portent évidemment des noms juste conçus pour le film, mais leur identité, les années de prison et les faits reprochés sont bien réels :
    Voilà, c'en est fini... Enfin presque, puisqu'il reste encore à Rupert Anderson de se rendre une dernière fois dans l'appartement de Mme Pell, bien dévasté, et de lui faire sincèrement ses adieux :
    Vous n'allez pas m'en vouloir de vous mettre un trailer ?
    Toujours est-il, si cela peut vous rassurer, que le KKK a été lors de ces meurtres de 1964 profondément rabaissé, ayant tellement mobilisé l'opinion que cela a bientôt abouti à la promulgation du Civil Right Act. Il n'existe pratiquement plus, se manifestant de temps à autre par des intentions sporadiques ou relié à l'extrême droite... Presque quarantes ans après la conception de ce film, on doit donc vivement remercier Alan Parker, ainsi que Willem Dafoe, Brad Dourif, Frances McDormand, et surtout l'extraordinaire Gene Hackman !

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