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Oui, un véritable chef-d'œuvre, daté de 1993, et qui porte en français le titre de L'Impasse... J'ai longtemps pensé qu'il s'avérait de la suite de Scarface de 1983, mais pas du tout - bien qu'il y ait de nombreux points communs entre les deux films, et que le génial Al Pacino y joue le rôle principal, ici celui de Carlito. Le titre américain est d'ailleurs adapté à ce personnage, sur lequel le juge Edwin Torres a écrit deux ouvrages, Carlito's Way (basé sur son adolescence) et After Hours, qui en est bien plus proche, mais que l'on a évité d'appeler ainsi à cause du After Hours de Martin Scorsese, sorti en 1985.
Chose assez étonnante : contrairement à Scarface, le film commence par sa scène finale, filmée d'une façon quelque peu différente, à la fois dans les angles et les teintes... Seul point commun, cette affiche de rêve qui prend de la couleur et de la forme, au fur et à mesure qu'on avance :
Evidemment, il s'agit de l'intention réelle de Carlito Brigante (Al Pacino), qui avec l'aide de son avocat David Kleinfeld (Sean Penn) ayant converti ses 30 ans en 5, n'a absolument pas envie de refaire son métier de cocaïnomane d'autrefois, mais bel et bien de fonder une entreprise de location de voitures sur les îles Bahamas, avec un ami à lui :
Tout a donc l'air d'aller pour le mieux... Il doit juste accompagner son cousin Guajiro (John Ortiz), qui doit se rendre chez Quisqueya (Rick Aviles), afin - comme prévisible - de refourguer de la cocaïne :
A priori, Carlito ne se doutait pas de l'attitude de Guajiro, surtout après cinq ans de prison... Et son cousin non plus, du reste :
Mais subitement, tout est clair ! Et Quisqueya s'empresse de faire passer sa volonté en premier :
Sauf que lui et ses quatre ou cinq hommes se font prendre d'une façon hallucinante par Carlito Brigante, qui finit par tous les tuer, sans être hélas parvenir à sauver son cousin Guajiro... Il s'agit d'une scène magistralement filmée et mise en place, qui est une sorte d'ébauche de la grande poursuite finale, qui s'avérera encore plus géniale :
Quoiqu'il en soit, il parvient à s'en sortir... Il ne lui reste plus qu'à découvrir une nouvelle boîte, histoire de financer son voyage définitif vers les îles Bahamas :
Ce qui a plutôt l'air de bien se passer, malgré les déclarations imprécises de leur actuel patron, Saso (ou Ron) - qui de fait, même en temps qu'acteur, maîtrisait très mal l'anglais :
Seul problème, il rencontre aussi Benny Blanco (John Leguizamo), un jeune vendeur de cocaïne du Bronx, qui se voit déjà comme lui tout jeune - alors que Carlito Brigante n'a absolument pas cette image de lui dans la tête, qu'il estime au contraire insignifiant et arrogant :
Mais heureusement, cela ne dure pas... Car Carlito Brigante croit voir pour de vrai son ancienne maîtresse, Gail (Penelope Ann Miller, assez difficile à recruter) :
Et immédiatement, il se souvient de cette rencontre fabuleuse et improbable, entre un trafiquant de cocaïne et une très belle et fort douée danseuse, qui n'avait au départ quasiment aucune chance de marcher :
Et qui pourtant fut un certain temps impeccable, de sorte que Carlito Brigante se met de nouveau à la recherche de Gail, qu'il finit par retrouver, lui expliquant comment il a pu la délaisser à ce point-là, se croyant pour de vrai condamné à 30 ans de prison :
Vous pouvez exceptionnellement découvrir ce passage sur la vidéo suivante, où au passage se joue de la très bonne musique composée par Léo Delibes pour son opéra Lakmé (1883) :
Hélas, c'est en même temps que se dégrade le film, tout d'abord avec la rencontre entre Tony Taglialucci - encore en prison - et David Kleinfeld, apparemment coupable de son détournement d'argent il y a quelques années, et donc obligé de le prendre en bateau de façon anonyme :
Ce dont il a beaucoup de mal à se remettre, soyons clair :
Mêmes raisons pour Carlito Brigante et Lalin (Viggo Mortensen), ce dernier se servant de sa récente paraplégie pour enregistrer les paroles de Carlito... Mais heureusement, celui-ci s'en aperçoit au bon moment, et même s'il ne souhaite plus tuer personne, son envie n'est pas bien loin :
En gros, donc, tout commence à aller assez mal... A commencer par l'acte sexuel de David Kleinfeld, bourré de cocaïne, et de Steffie (Ingrid Rogers), qui en théorie est la maîtresse officielle de Benny Blanco :
Fait qui a l'air de relativement énerver Saso, plus son domestique, et bien sûr le principal défendeur de Carlito, Pachanga (Luis Guzman) :
Pour quelle raison ? Bien sûr, la jalousie très apparente de Benny Blanco, qui se rue sur Carlito Brigante et entame une conversation très violente, laquelle se termine assez mal pour lui :
Nous avons néanmoins une petite pause, tout d'abord avec la fiesta dans la grande demeure de David Kleinfeld, au cours de laquelle il entretient Carlito Brigante du futur besoin qu'il a de lui sur son bateau :
Ensuite, beaucoup plus attrayant, le rendez-vous entre ce dernier et Gail, qui a l'air au tout début de ne pas se passer comme prévu :
Mais le temps n'a finalement que peu d'influence sur eux deux, et leur amour respectif est toujours aussi fort, quoi qu'il arrive :
Seul problème : David Kleinfeld prend de plus en plus de cocaïne... Et devient ainsi bien trop bavard, livrant quasiment l'intégrale de ce qu'ils avaient prévu de faire secrètement le lendemain :
Ce qui pousse Gail à s'y opposer immédiatement, par un bon signe d'intuition féminine, mais hélas, Carlito Brigante ne peut pas faire grand chose envers un avocat qui l'a délivré de 25 ans de prison :
Le lendemain, il se trouve donc à la place prévue, se disant que ce n'est qu'une évasion de nuit et en pleine mer, que peu de gens auront l'occasion de découvrir :
Mais bien sûr, il se trompe grandement... Non seulement du fait que David Kleinfeld ne sauve pas Tony Taglialucci, mais l'assassine froidement dans l'eau, de même que son fils également présent sur le bateau :
Résultat ? Une déception grandissante, qui ne va pas s'améliorer, sachant qu'ils auront bientôt affaire à la pègre italienne :
Suivie aussitôt par la déclaration intuitive de Gail :
Et enfin, du définitif entretien de Carlito Brigante avec le procureur Norwalk (James Rebhorn), qui hélas ne parvient pas à le persuader de se fier à son instinct, pourtant grandement réitéré par ses associés :
En résumé, cela ne lui laisse qu'une seule idée en tête : prendre son argent, partir avec sa maîtresse pour les îles Bahamas, et prier au hasard pour que tout se passe comme prévu...
Mais rien de tout cela ne se déroule conformément... D'une part, David Kleinfeld, ayant déjà été laissé pour mort suite à des coups de couteau, se trouve en réalité toujours à l'hôpital, où cette fois-ci un nommé Vincent Taglialucci (Joseph Siravo) va bel et bien l'abattre, sans la moindre chance qu'il en réchappe :
D'autre part, Carlito Brigante voit débarquer dans la boîte de Saso quatre très puissants mafioso italiens, notamment Pete Amadesso (Richard Foronjy), qu'il n'a pas revu depuis au moins 15 ans :
Ceux-ci doutent encore - un tout petit peu - que Carlito a aidé David Kleinfeld à assassiner Tony Taglialucci... Mais ceci ne va pas tarder à se découvrir, contraignant Carlito à fuir comme il peut au sein du métro :
Ou même de la gare, ce qui le conduit à des actes de plus en plus violents :
C'est une scène d'environ 20 minutes, mais qui est tout simplement géniale... On y voit bien sûr le déroulement en plus grand du vertige initial avec son cousin Guajiro, mais aussi la réinterprétation - complètement dans l'autre sens - du plan final de Scarface, qui avait été réalisé 10 ans auparavant. Si vous ne la connaissez pas encore, goûtez-en un petit peu ici, tout en écoutant la musique très expressive de Patrick Doyle :
Et tout se termine, en tout cas provisoirement, d'une façon plutôt positive, avec la mise à mort des quatre italiens, quel que soit la façon de les tuer - en terminant avec cette scène dans les escaliers qui est tout simplement impressionnante :
Que se dire, alors ? Juste accompagné de Gail et de son fidèle Pachanga, il n'y a qu'une seule idée qui lui traverse le crâne :
Sauf qu'il n'avait pas prévu (et nous non plus) cette dernière option : se faire descendre par le plus improbable de ses potentiels ennemis... Le fameux Benny Blanco, du Bronx, qui en profite d'ailleurs pour abattre quelque temps plus tard le fameux Pachanga, le trop rusé serviteur de Carlito Brigante :
En résumé, il n'y a donc que Gail qui reste en vie auprès de tous ces morts... Tout en ayant l'ultime vœu pour Carlito Brigante, qu'elle croit encore possible :
Encore une fois, ceci va totalement à l'opposé du personnage que Al Pacino interprétait dans Scarface dix ans auparavant. Là où nous avions une sorte de fou à l'héroïne, largué depuis des siècles par sa femme, ayant tué son meilleur ami et prêt à tout pour se tirer vivant de l'ultime fusillade, nous nous trouvons face à un ex-truand sorti de prison, toujours amoureux de Gail, ne cherchant qu'à aligner un peu d'argent pour partir aux Bahamas, et petit à petit mis en grande difficulté par celui qui l'a fait sortir, David Kleinfeld...
Quoi qu'il en soit, celui-ci est bel et bien en train de décéder, comme le montre très bien ce large plan inversé, encore servi par la musique de Patrick Doyle :
Ce que l'on devine encore mieux dans le dernier plan, au départ le même qu'au début, mais laissant peu à peu Gail s'exprimer en dansant dans le seul paysage encore en couleur de ce monde bleuté :
Bref, j'ai trouvé ce film absolument génial, et même - de mon point de vue - bien supérieur à Scarface tourné dix ans plus tôt... Certes, l'on peut y voir l'ascension progressive du réalisateur Brian De Palma et de l'acteur principal Al Pacino, mais aussi le portrait délirant de David Kleinfeld offert par Sean Penn, ou encore la prestation remarquable de Penelope Ann Miller. De toutes façons, j'ai beaucoup de mal à trouver mieux, et bien que je connaisse aussi quelques films assez étranges de Brian De palma (Body Double ou Le Dahlia Noir), je ne peux m'empêcher de vanter celui-ci, de même que Blow Out (1981), Scarface (1983) ou Les Incorruptibles (1987) !
Vous savez tous que je suis un véritable fan de Paul Verhoeven, dont j'ai pratiquement décrit tous les films américains, de Robocop (1987) jusqu'à Hollow Man (2000), en passant naturellement par Total Recall, Basic Instinct et Starship Troopers. Je n'ai hélas que peu parlé de lui dès son retour dans notre continent, avec ces deux Opus fabuleux, Black Book (2006) et Elle (2016)... Mais je me rattrape aujourd'hui, en décrivant son récent Benedetta sorti à Cannes en 2021, abordant une histoire religieuse et sexuelle bien réelle qui eut lieu au XVIIème siècle - tout comme Silence de Martin Scorsese (2017), également un biopic récent parlant de l'apostasie d'une religion au Japon à la même époque.
Ce film est entièrement basé sur le livre de Judith Brown, Immodests Acts : The Life of a Lesbian Nun in Renaissance Italy (1986), et débute rapidement par une attaque de toute la famille Carlini par un groupe de bandits, qui tente de subtiliser le collier de la mère Midea Carlini (Clotilde Courau). Benedetta leur révèle alors qu'elle vient de parler avec la Vierge Marie, et fait intervenir un oiseau pour s'en prendre à l'oeil du grand chef - d'où celui-ci décide de rendre le collier :
Bien des années plus tard, Benedetta (Virginie Efira) se retrouve au sein du couvent des Théatines de la ville de Pescia. On la voit jouer au sein d'une pièce de théâtre - ressemblant énormément à nombre de tableaux de cette époque - le rôle de Vierge Marie, au cours de laquelle elle a déjà une vision de Jésus :
Le soir même, une certaine Bartolomea (Daphné Patakia) souhaite également être intégrée au temple, se trouvant vulgairement insultée et violée par son père. Finalement aidée par la famille de Benedetta, elle finit par y rentrer, trouvant un lit juste à côté de celle-ci :
Benedetta commence alors à avoir, lors de ses rêves, une vision du Christ de plus en plus insistante... Jésus commence alors à éliminer les vipères à l'aide son épée, puis lui expose sa vision hors du temps de leur alliance :
Peu de temps après, elle s'entretient avec l'abbesse principale du couvent, Felicita (Charlotte Rampling), qui cherche à élucider sa relation avec Bartolomea... Mais Benedetta lui dit seulement qu'elle éprouve de la compassion pour toutes ses souffrances - n'allant pas plus loin dans tout ce qui se passe la nuit :
Une nuit, Benedetta se retrouve de nouveau à rêver de Jésus, en train d'arrêter une bande redoutable de violeurs... Mais elle s'aperçoit bien vite que celui-ci n'est pas le véritable Christ, et se réveille subitement, en proie à une crise inexplicable :
Du coup, l'abbesse Felicita charge encore plus la nouvelle venue Bartolomea de bien s'occuper d'elle... Mais elle ne parvient pas à livrer ses propres pensées :
Lors d'une autre nuit, Benedetta se retrouve face au Christ sur sa croix, cette fois-ci le véritable... Il lui demande de se déshabiller, d'ôter son pagne et de se placer en face de lui, jambes contre jambes et mains contre mains :
Elle se réveille subitement, marquée de blessures sur les mains, les pieds et le flanc droit - comparables aux stigmates du Christ... L'abbesse Felicita est sceptique, mais Benedetta tombe subitement sur la tête, se relevant en parlant d'une voix bien plus masculine, et hurle pour la grâce de Dieu et sa préservation de la ville de Pescia.
Christina (Louise Chevillotte), la fille de Felicita, émet de sérieux doutes sur cette version, mais elle ne se voit pas du tout approuvée par sa mère, surtout soucieuse de la hierarchie cléricale :
L'abbesse Felicita a bien raison, car sitôt ceux-ci arrivés de Florence, ils ont toutes les raisons de voir les nouvelles plaies de Benedetta comme étant celles de Dieu - ce que presque toutes les soeurs du couvent approuvent :
Conséquence immédiate : le remplacement immédiat de Felicita à la tête du groupe par Benedetta... Il est donc demandé à l'abbesse de renoncer à toutes ses fonctions, au profit de la jeune qu'elle a accueilli au tout début :
Benedetta se retrouve alors transférée dans les vieux quartiers du couvent - ceci en compagnie de son amie Bartolomea... Celle-ci, qui ne sait ni lire ni écrire, apprend tout cela aux côtés de Benedetta, un précieux recours face à l'analphabétisme.
En revanche, elle en connait beaucoup sur un autre plan, qui semble pour l'instant assez méconnu de Benedetta... C'est là que l'on retrouve le génie de Paul Verhoeven dans sa présentation d'une activité insolite, comme il l'avait déjà fait dans Basic Instinct - qu'il s'agisse de la création d'un godemichet à la base d'une statue de la vierge, de sa pénétration juste devinée, ou de la jouissance absolue des deux femmes en parfaite harmonie. Le tout étant bien entendu à peine visible, filmé dans le noir, seulement audible pour les vrais amateurs :
Pourtant, l'ancienne abbesse Felicita a bien vu tout ce qui s'était passé, au travers d'un trou qu'elle a creusé dans le mur... Sa fille Christina décide alors de se rendre à nouveau chez le prêtre, afin de lui confesser sa vision des stigmates de Benedetta. Mais ceci n'étant qu'un mensonge, Felicita refuse d'approuver ce point de vue, et Benedetta lui ordonne de se flageller elle-même :
Aussitôt cet acte accompli, Benedetta et Bartolomea s'en remettent à leur nouvelle activité, encore plus appuyée cette fois-ci... Christina, désespérée, se jette alors du toit de l'abbaye, et se retrouve au sol agonisante. Benedetta aimerait bien intercéder aux yeux de Dieu à son égard, mais Felicita lui conseille de rester à l'écart :
C'est pourquoi Benedetta s'éclipse peu de temps après vers Florence, où elle rencontre comme prévu le nonce - surjoué par Lambert Wilson... Alors que celui-ci a une vision assez négative, elle l'entraîne à la ville de Pescia, et suggère à tous que cette cité sera épargnée par Dieu - en l'occurrence de la peste bubonique, réellemenr répandue dans toute la Toscane en cette année 1630 :
Alors qu'elle a ordonné à ses gardes de fermer la ville, le nonce parvient tout de même à y pénétrer... Il y découvre Benedetta décédée de causes inconnues, puis celle-ci se réveille subitement - affirmant à tout le monde qu'elle était au paradis, et a vu le sort réservé à ceux présents :
Sceptique, le nonce de Florence ouvre aussitôt une cour d'enquête sur la conduite de Benedetta, qu'il accuse d'hérésie, de blasphème et de bestialité. Alors qu'il l'interroge en privé, celle-ci lui lave les pieds, et remarque aussitôt une puce - se rendant compte qu'il a introduit la peste bubonique au sein de Pescia :
Ne se décougeant pas, le nonce décide alors d'interroger sa compagne Bartolomea, qui finit sous la torture par tout avouer... Elle le conduit au godemichet en bois, dissimulé dans un livre dans les appartements de Benedetta, que le nonce décide alors d'arrêter. Elle prend alors à nouveau une voix d'homme, déclare que celui-ci va bientôt tomber malade - même s'il se borne pour l'instant à faire expulser Bartolomea de Pescia :
Vient ainsi le jour de l'éxécution de Benedetta, que presque tout le monde désapprouve... Mais le nonce reste fidéle à lui-même, afin d'affirmer son autorité sur la ville :
Il lui déclare même qu'elle pourra éviter d'être brulée, et seulement étranglée si elle lui avoue tous ses péchés :
Mais c'est grandement sous-estimer la foule, de plus en plus hostile, et parvenant sans problème à envoyer le nonce aux portes de la mort... Il fait finalement confiance à Benedetta, mais lui dit ce qu'il pense pour de vrai - et l'on n'en saura pas plus :
Felicita est encore vivante, mais elle enlève bientôt sa robe noire, révèlant aussi des bubons de peste, et décide de monter elle-même sur le bûcher... Pendant ce temps, au dernier moment, Bartolomea a réussi à détacher Benedetta de sa punition mortelle, et elles s'enfuient toutes les deux dans une écurie, à l'extérieur de la ville :
Après avoir passé toute la nuit ensemble, elles se réveillent - dans un plan exceptionnel de Paul Verhoeven, pour la première fois en plein jour... Alors que Bartolomea exprime sa volonté d'aller n'importe où, Benedetta lui livre son désir personnel de rejoindre la ville de Pescia, dont elle semble complètement optimiste sur l'éventuel nouveau bûcher :
De fait, si l'on consulte le livre de Judith Brown, l'on s'aperçoit qu'elle avait raison : la peste dévasta toutes les villes, sauf celle de Pescia, le martyre fut officielement refusé à Benedetta, et celle-ci vécut jusqu'à 70 ans dans le couvent des Théatines... Regardez ce court trailer, il donne une bonne idée de ce film :
Mieux encore, cet interview - oui, en français ! - de Virginie Efira et Paul Verhoeven, où ils parlent tous les deux de l'expression du sexe à l'écran, de la véracité des faits, et de la modernité du jeu de cette dernière, qui me paraît absolument impeccable :
Alors aimez-vous cet Opus, ou bien le détestez-vous - ce qui est pratiquement courant lors de toute la production de Paul Verhoeven ? En tous cas, il m'a bien plu, même si il a fallu que je le regarde deux ou trois fois... Et pour tout dire, il m'a paru d'une réelle importance, surtout lorsqu'il s'agit d'un sujet aussi rarement traité au cinéma - où j'espère que vous oserez laisser un commentaire, sur cet exceptionnel biopic !
Autres biopics (avec entre parenthèses la date du film, et le nom de la personne traitée) : Patton (1970,George Patton), Barry Lyndon (1975, Barry Lyndon), Raging Bull (1980, Jake LaMotta), Elephant Man (1980, John Merrick), Amadeus (1984, Wolfgang Amadeus Mozart), Bird (1988, Charlie Parker), Ed Wood (1994, Ed Wood), Braveheart (1995, William Wallace), A Straight Story (1999, Alvin Straight), The Insider (1999, Jeffrey Wigand), Ali (2002, Cassius Clay), Frida (2002, Frida Kahlo), Girl with a Pearl Earring (2003, Johannes Vermeer), Aviator (2004, Howard Hughes), Marie-Antoinette (2006, Marie-Antoinette), The Last King of Scotland (2006, Idi Amin Dada), La Môme (2007, Edith Piaf), Into the Wild (2007, Christopher McCandless), Zodiac (2007, Arthur Leigh Allen & Robert Graysmith), Valkyrie (2008, Adolf Hitler & Claus von Stauffenberg), Invictus (2009, Nelson Mandela), J. Edgar (2011, J. Edgar Hoover), Silence (2017, jésuites portugais)