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  • lundi, juin 22, 2026

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    samedi, juin 20, 2026

    MISSISSIPPI BURNING (ALAN PARKER)

    Je pense que vous connaissez déjà ce film, tourné par Alan Parker en 1988, et qui raconte l'histoire authentique du triple meurtre commis en 1964 sur trois militants de Freedom Summer. D'une façon assez générale, il y a peu d'Opus qui parlent du racisme envers les noirs, et les deux plus marquants dont j'ai déjà parlé ici sont American History X de Tony Kaye (1998) et Invictus de Clint Eastwood (2009). Sorti en 1988, soit encore dix ans auparavant, Mississippi Burning commence de la façon la plus évidente possible :

    Suite à cette tuerie, deux agents du FBI sont envoyés sur place... Curieusement, le plus jeune d'entre eux, Alan Ward (Willem Dafoe), reste celui qui agit uniquement selon les démarches officielles. En revanche, son adjoint Rupert Anderson (Gene Hackman), originaire du Mississippi et bien plus âgé, utilise ses méthodes personnelles, bien moins conventionnelles :
    Dès le début, nous sommes préparés à cette montée de violence - qui ne vise pas seulement les noirs, mais tout aussi bien ces envoyés du FBI :
    Comme le dit le shérif Ray Stuckey (Gailard Sartain), "On se fout de leur avis. Ici, on est dans le Mississippi" :
    Peu de temps après, l'on retrouve la voiture, à bord de laquelle se trouvaient les trois hommes assassinés... C'est la raison pour laquelle Alan Ward exige que l'on fouille le marais tout entier, y compris à l'aide de nombreux militaires, afin de découvrir leurs corps :
    Aussitôt se déroule ce qui n'est pas rare au Mississipi, l'incendie criminel des maisons... L'on peut y voir le talent implicite d'Alan Parker, dans sa citation du mot "freedom" devant celle-ci :
    La recherche se poursuit, avec encore davantage de monde, mais toujours sans résultat :
    Pendant ce temps, l'on devine l'exposition encore plus forte des noirs, qui se décident à chanter en l'honneur de Dieu dans l'église de leur comté... Ils sont hélas attendus par des membres du KKK - autrement dit, le Ku Klux Klan, une sorte de société terroriste suprémaciste blanche existant depuis 1865 :
    Ceux-ci se mettent à brûler l'église, puis poursuivent et frappent ceux qui leur tombent dans les mains - notamment ce jeune noir, pas mort, mais bien amoché :
    Se présente alors dès le lendemain un homme en apparence juste décidé à mettre les choses au point, Clayton Townley (Stephen Tobolowsky)... Mais c'est en fait le chef local du KKK, qui ne fait qu'attiser la haine et le mépris, de façon de plus en plus violente :
    Rupert Anderson commence alors à appliquer sa vision personnelle du Mississippi, totalement opposée à celle de son chef du FBI Alan Ward... Meilleure preuve dans cette opposition avec l'un des soi-disant chefs de la ville, qu'il a vite fait d'attraper par ses parties les plus sensibles, et à mettre à terre rapidement :
    Pendant un moment, marqué par la découverte du jeune noir bien ensanglanté, Alan Ward comprend de mieux en mieux la vision de Rupert Anderson :
    Mais cela ne s'arrête pas, allant toujours plus loin :
    Il se tient alors un procès, auquel Alan Ward et Rupert Anderson se rendent aux fins d'assister à une bonne décision... Mais le juge, apparemment du KKK lui aussi, ne donne aux accusés que cinq ans de prison - qu'il autorise en outre à vivre en sursis :
    Du coup, la réaction du public devient nettement plus forte, entre autres chez les noirs - dont l'un d'eux tente même de les attaquer ouvertement... Malheureusement, il est surpris par derrière par des membres du KKK, et échappe de justesse à une tentative de lynchage :
    A ce moment précis, Rupert Anderson se rend une fois de plus chez la femme de Clinton Pell (Frances McDormand), qu'il soupçonne de n'être pas du tout d'accord avec les mouvements du Mississippi... Après quelques dialogues, il finit enfin par obtenir ce qu'il espérait depuis le début : l'adresse précise où sont enterrés les corps des trois victimes :
    Selon toute apparence, elle a bien donné le bon endroit, la ferme des Roberts :
    Mais un problème se présente visiblement aux yeux de Ray Stuckey, qui de façon discrète suggère au shérif adjoint Clinton Pell (Brad Dourif) de se rendre sans plus tarder chez son épouse... Ce qu'il fait immédiatement, accompagné de quatre ou cinq membres du KKK, envoyant celle-ci bien amochée à l'hôpital :
    A force de monter le ton, Rupert Anderson finit presque par recevoir un avertissement impitoyable de son collègue Alan Ward... Par chance, cela ne dure pas bien longtemps, et les voici bientôt reparti tous les deux à la poursuite de sept hommes apparemment coupables :
    Le plus désigné, c'est évidemment Clinton Pell, qui se retrouve cette fois-ci face à Rupert Anderson, lequel prend un certain plaisir à le faire avouer sans détour - avant de le laisser tourner sur sa chaise :
    Résultat ? Une dizaine d'hommes arrêtés par le FBI, cette fois ne bénéficiant d'aucun sursis... Clinton Pell, Frank Bailey et Clayton Townley portent évidemment des noms juste conçus pour le film, mais leur identité, les années de prison et les faits reprochés sont bien réels :
    Voilà, c'en est fini... Enfin presque, puisqu'il reste encore à Rupert Anderson de se rendre une dernière fois dans l'appartement de Mme Pell, bien dévasté, et de lui faire sincèrement ses adieux :
    Vous n'allez pas m'en vouloir de vous mettre un trailer ?
    Toujours est-il, si cela peut vous rassurer, que le KKK a été lors de ces meurtres de 1964 profondément rabaissé, ayant tellement mobilisé l'opinion que cela a bientôt abouti à la promulgation du Civil Right Act. Il n'existe pratiquement plus, se manifestant de temps à autre par des intentions sporadiques ou relié à l'extrême droite... Presque quarantes ans après la conception de ce film, on doit donc vivement remercier Alan Parker, ainsi que Willem Dafoe, Brad Dourif, Frances McDormand, et surtout l'extraordinaire Gene Hackman !

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    mercredi, juin 10, 2026

    THE HOST (BONG JOON-HO)

    Vous ne connaissez pas ce réalisateur sud-coréen ? Moi non plus, mais grâce à ARTE, nous avons enfin l'occasion de découvrir ce cinéaste extraordinaire, qui a remporté en 2019 la Palme d'or du Festival de Cannes, avec son film Parasite. Il a commencé tout d'abord en tournant en 2003 Memories of Murder, mais est définitivement rentré dans la course en 2006 avec The Host, un film fantastique qui se passe à Séoul, et mélange habilement horreur, peur, humour et vie de famille.
    Pour tout dire, cet Opus m'a immédiatement rappelé Alien de Ridley Scott, daté pourtant de 1979, ne serait-ce que par la qualité des effets spéciaux - notamment dans la création et l'animation du monstre. En quarante ans, il y a certes eu un paquet de films d'horreur, mais aucun n'a la grande classe de ce tout premier - hormis peut-être Predator (1987). En résumé, j'ai donc rarement ressenti une telle émotion en voyant pour la première fois The Host, comme vous pouvez vous en rendre compte en regardant ce court trailer :
    Tout débute d'une façon logique en l'an 2000, lorsqu'un chef de l'armée américaine ordonne à un scientifique coréen de jeter dans l'évier un tas de produits toxiques... Bien que celui-ci y soit opposé, entre autres parce que les égouts finissent par se déverser dans le Han, il est bien obligé d'obéir à ses ordres :
    En 2006, six ans plus tard, nous commençons à découvrir toute la famille, tout d'abord avec Park Gang-du, les cheveux blonds et à moitié endormi - interprété par Song Kang-ho, quasiment l'acteur le plus célèbre de Corée du Sud... Autour de lui se dévoilent son père, Hee-bong, et sa propre fille Hyun-seo, la toute jeune qui regarde à la télévision les Jeux Olympiques du tir à l'arc de sa soeur : 
    Jusqu'ici, tout va apparemment bien... Sauf que d'un seul coup, sans prévenir personne, un monstre incroyable sort de la rivière Han à Séoul, détruisant absolument tout sur son passage. Dans un premier temps, Gang-du essaye de s'y attaquer, mais sans aucun succès :
    C'est l'une des grandes différences entre les deux films : alors que dans Alien de 1979, l'attaque avait lieu sur un vaisseau spatial en plein vol, elle se déroule ici dans une grande ville terrestre, face à tous - entre autres, aux autorités américaines qui tentent d'y faire face, de la façon la plus incompétente possible.
    Pendant ce temps, Hyun-seo contemple en compagnie de son grand-père une dernière fois sa tante Nam-joo, désespérée de la voir perdre aux Jeux Olympiques - comme d'habitude, à cause de sa lenteur :
    Mais très vite, elle est tenue par son père Gang-du dans la main, afin d'échapper à cette panique générale dans l'ensemble du territoire :
    Hélas, il est bien trop tard... Et Hyun-seo se fait vite capturer par la bête en question, qui l'entraîne aussitôt dans la rivière :
    Résultat ? Tout le monde la croit morte, et élève un portrait à sa mémoire... Sauf sa famille, particulièrement son père Gang-du, et d'une façon plus précise, sa tante Nam-joo et son oncle Nam-il - diplômé au chômage et visiblement alcoolique :
    Afin que l'on sache bien à quoi s'en tenir, intervient alors dans ce film une vue du monstre, aussi inattendue que spectaculaire :
    Suite à quoi, Gang-du, alors en quarantaine dans l'hôpital, reçoit en pleine nuit un coup de téléphone inquiétant, où il reconnait d'emblée la voix de sa fille... Hyun-seo a juste le temps de lui dire qu'elle est coincée dans les égouts, toujours vivante, avant que son portable ne cesse de fonctionner :
    Gang-du décide alors de s'échapper avec toute sa famille de l'hôpital, laissant son père Hee-bong acheter un camion, des armes et une carte des égouts... Il réussit pour un temps, mais Hee-bong décide finalement de se sacrifier, afin de laisser une chance à Gang-du, Nam-il et Nam-joo de s'échapper :
    Gang-du est alors capturé par l'armée, en grande partie américaine, et soumis à différents tests désagréables, auxquels il semble indifférent... D'ailleurs, il sait maintenant très bien que sa fille se trouve sous le pont Wonhyo sur la face nord, et semble prêt à tout pour s'évader le plus vite possible :
    Incidemment, il s'agit d'une autre différence entre Alien et ce film : ses pointes d'humour, par exemple lorsque Gang-ju décide de quitter l'hôpital, sont assez fortes - et concernent presque toujours les Etats Unis, tout en gardant ses propres limites.
    Pendant ce temps, Hyug-seo découvre miraculeusement un petit garçon affamé, Se-joo, regurgité par la créature, auquel elle cherche à apprendre comment s'abriter de lui :
    Elle cherche alors à lui montrer un plan d'escalade qu'elle a conçu aux fins de s'évader... Malheureusement, le monstre s'en aperçoit immédiatement, et fait tout ce qu'il faut pour la faire disparaître pour de bon :
    C'ést précisément le moment où son père Gang-du apparaît, et parvient tout juste à récupérer son corps enveloppé par de l'agent jaune - autement dit, l'agent orange, un corps chimique bien réel utilisé par l'armée américaine lors de la guerre du Viêt Nam, actuellement déversé dans le fleuve de Han :
    Devant toutes les protestations du peuple coréen - nouvelle marque d'ironie de la part du réalisateur -, il reste encore aux trois membres encore vivants de la famille  de nombreuses possibilités... Tout d'abord, l'oncle Nam-il tente de lancer des cocktails Molotov sur la créature, mais il se plante sur son dernier coup :
    Ensuite, c'est à la tante Nam-joo de s'exercer avec ses flèches enflammées, ce qu'elle semble bien réussir cette fois-ci - contrairement aux Jeux Olympiques :
    La bête tente alors de s'enfuir, mais au final, Gang-du l'empale avec une barre métallique, et parvient enfin à la tuer définitivement :
    Ainsi se termine la vaste épopée de Gang-du, qui a perdu durant tout ce temps deux membres de sa famille, son père et sa fille... Il lui reste en contrepartie à adopter le compagnon de Hyun-seo, Se-joo, paraissant très heureux de manger ainsi à l'intérieur du snack :
    One of the greatest monster movies ever made, tel fut le point de vue de New York Magazine - et également le mien, "l'un des plus grands films de monstres jamais fait" ! J'espère que vous partagez cette opinion, et bien que je ne dispose pour l'instant que de The Host, je pense qu'il s'agit de l'un des meilleurs Opus jamais réalisé sur le sujet - celui d'Alien, mais différement traité, avec de l'humour, de l'ironie, un sens de la famille puissant, et - c'est normal, plus de quarante ans après - avec la perfection des effets spéciaux !

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