JE SUIS VIEUX, AVEC UN AVC, DONC MON SITE TOURNE UN PEU MOINS VITE... TOUTEFOIS, VOUS AVEZ ACCÈS À SES NOMBREUSES PAGES, ET JE REPONDRAI TOUJOURS À VOS COMMENTAIRES !
Ou encore, en français, Recherche Susan désespérément... Un Opus de 1985 que vous connaissez tous, mais probablement pas pour les vraies raisons : ce fut en effet le premier film à grand succès de Susan Seidelman, même chose pour Madonna, et également pour Rosanna Arquette - qui devait dès lors devenir célèbre, et jouer tout d'abord dans After Hours de Martin Scorsese (1985), puis dans Pulp Fiction de Quentin Tarantino en 1994 :
Il vaut mieux voir le trailer, sans aucun doute :
Certes, ce n'est pas un chef-d'oeuvre absolu... Mais cela marche très bien, non seulement à cause des différences existant entre la "bad girl" de la classe moyenne et la bourgeoisie, mais surtout grâce aux quipropos, dont Susan (Madonna) est majoritairement responsable :
La première touchée n'est autre que Roberta (Rosanna Arquette), laquelle poussée par son ennui cherche à suivre comme elle peut une petite annonce, "Cherche désespérément Susan" - ce qu'elle réussit à faire :
Elle ne parvient pas à lui parler, mais réussit tout de même à la suivre dans une petite boutique de mode - où elle finit par craquer sur l'ancienne veste d'Elvis Presley :
Son mari Gary (Mark Blum), un homme assez riche, ne comprend pas du tout ce qui a pu se passer... Mais Roberta, même si elle se trompe vaguement d'argument, semble avoir une bonne raison :
Sauf qu'elle sort de sa veste une clef inédite, qu'elle estime bien sûr appartenir à Susan, à qui elle envoie aussitôt une petite annonce - ce qui renforce encore le quiproquo :
Résultat ? Elle se fait attaquer peu de temps après par un homme qui n'est jamais nommé, mais que l'on reconnaît tout de suite grâce à ses cheveux d'un blond éclatant - et aussi par sa violence :
Elle se réveille dans les bras de Dez (Aidan Quinn), un total inconnu qui est persuadé d'avoir mis la main sur Susan, ce dont le chargeait son ami Jim (Robert Joy)... Raison pour laquelle il l'encourage à retirer tout ce qu'elle a dans le coffre de la consigne - et dont elle possède la clef sans savoir d'où elle vient :
Ainsi se révèle de plus en plus le dilemne qu'il y avait entre les deux filles... Pour Susan, une déception évidente devant son coffre vide, et pour Roberta - qui s'est entretemps installée dans l'appartement de Dez -, une peur croissante face à tout ce qui peut se produire :
Une réaction de Susan se manifeste aussitôt : parler au mari de celle qu'elle a enfin reconnue... Dans l'espoir, on ne sait jamais, que cela fasse avancer le tout :
Suivi par Roberta, dont l'envie la plus grande reste de travailler vraiment - ce qu'elle fait aussitôt en tant que magicienne dans le fameux Magic Club, pendant que Susan s'offre dans une autre boîte son mari Gary :
C'est compliqué, bien sûr... D'un côté, par l'attitude de Gary face à son épouse, qui semble totalement irrationnelle vis-à-vis de Susan. De l'autre, face à la mise en prison de Roberta - fort heureusement assez brève :
Il est clair que le quiproquo ne va pas se résoudre tout de suite... Non seulement Gary et Susan dorment en répondant à peine au téléphone, mais en outre Gary apprend qu'un homme inconnu (probablement Dez) vient de payer sa caution :
De fait, c'était bien Dez... Mais il est révolté par ce que son ex-femme Victoria a pu faire dans son studio de cinéma. Sur ce, Roberta se souvient, comme par hasard, que son prénom n'est pas celui de Susan, ce qui les fait immédiatement tomber dans les bras l'un de l'autre :
Pendant ce temps, que fait la vraie Susan ? Et bien, elle lit à voix haute le journal personnel de Roberta, et elle finit par livrer sa propre opinion sur ce texte très sexuel... Certes, au même moment, Dez croit encore avoir affaire à elle, alors qu'il est vraiment avec la femme de Gary - tout en l'ignorant complètement :
Il va donc se passer les deux choses suivantes : d'une part, Susan s'embrouille de plus en plus, recherchant désespérément "l'inconnu qui recherchait Susan"... De l'autre, Roberta finit par retrouver tout ses souvenirs sur son identité, et décide d'en informer aussitôt Dez :
Avec comme résultat la présence de tous au Magic Club, un lieu où Roberta travaille depuis peu en tant qu'assistante du prestidigitateur... Ceci a l'air de totalement consterner son mari Gary, mais cela lui fait personnellement un grand plaisir, comme le démontre la réaction très enthousiaste de son nouvel ami Dez :
Roberta décide donc finalement de les présenter l'un à l'autre, ce qui n'a pas l'air de trop mal se passer... Mais son ultime numéro dégénère grâce à la présence, toujours, du tristement célèbre blond, qui sème la panique dans toute la salle :
Sinon que cette fois-ci, il ne s'en prend plus à Roberta, mais à la vraie Susan... Et celle-ci n'hésite pas à appeler la première en renfort - ce qui va bien lui servir, mettant définitivement le blond en KO complet, grâce à une bouteille vide fort utile :
Enfin, les deux Susan, la fausse et la vraie, se rencontrent, et tout se passe pour le mieux - d'autant que seule Madonna connaît le faux nom du blond, "l'endive"... Pour finir, Jim débarque à l'improviste, ce qui fait beaucoup rire toutes les deux :
Que reste-t-il à régler ? Le plus étonnant, c'est que Roberta n'a pas du tout envie de retrouver son mari, mais bien au contraire de se tourner vers Dez, auquel elle prête toutes les qualités... Quant à Susan et Jim, avec lequel cela dure déjà depuis un bout de temps, regarder un bon film leur semble assez idéal :
Certes, le plus évident reste de montrer le responsable du cinéma Dez en train de découvrir, avec la plus grande passion, qui est en réalité Roberta :
Mais le point le plus important, mis à part la belle musique du célèbre Thomas Newman, c'est de mettre en avant celle de Madonna, qui commence et termine le film avec ses propres chansons, à l'époque déjà fort célèbres... Comme je l'ai dit, l'Opus marche puissament grâce à elle, et a eu une grande influence sur la mode des années 1980, dédiée aux jeunes filles avec le triple stéréotype de crucifix, de mitaines et de jupes flottantes - "Bad Girl".
Malgré les faiblesses éventuelles de Susan Seidelman, que l'on peut à l'occasion découvrir dans le film, cela reste tout de même puissant plus de quarante ans plus tard, et c'est en grande partie dû à la prestation fabuleuse de Rosanna Arquette, ainsi qu'à celle de Aidan Quinn. J'espère que vous pensez la même chose - quitte à laisser, pourquoi pas, un commentaire ?
Ou en français, La nuit nous appartient, un film puissant de James Gray tourné en 2007, et qui nous raconte d'une façon très claire le destin d'une famille de policiers américains, face à d'improbables trafiquants russes. Il existe assez peu d'Opus sur le sujet, et j'ai surout parlé jusqu'à maintenant de Sailor et Lula de David Lynch, ou du fabuleux American Beauty de Sam Mendes. Mais vous avez un bon trailer pour vous replacer dans l'ambiance, qui se passe en 1988 :
Dès le début, l'on y perçoit Amada Juarez (Eva Mendes) dans le meilleur de ses éléments, de même pour le directeur du nightclub El Caribe, Robert Grusinsky - qui préfère tout simplement se faire apppeler Bobby Green, interprété par l'excellent Joachim Phoenix. Il en profite pour jouir de la vie de salon du mieux qu'il peut, et visiblement s'entend plutôt bien avec le patron russe de la boîte de nuit Marat Buzhayev (Moni Moshonov) :
Ils se rendent ensuite brièvement à la cérémonie organisée par son père Burt Grusinsky (Robert Duvall), en l'honneur de son frère cadet Joseph Grusinsky (Mark Wahlberg), tout juste nommé chef d'une nouvelle unité antidrogue :
C'est là où l'on peut se rendre compte de la diversité des sentiments qui relient les membres de cette famille... Alors que Bobby Green fait tout ce qu'il peut pour rester loin de ces affaires policières, son père Burt ne peut s'empêcher de le critiquer. Quant au frère Joseph, il est bien obligé de s'investir dans ce qui vient de lui être confié, quelle que soit réellement l'envie qu'il en a :
Comme par hasard, la première opération d'ampleur aura lieu dans El Caribe, boîte que dirige en apparence Bobby... Mais selon ce que l'on découvre à l'instant, le véritable maître de ce nightclub s'appelle Vadim (Alex Veadov), et se consacre en toute impunité au trafic de drogue le plus important de New York :
Joseph a beau se consacrer avec ampleur à ces multiples arrestations, tout se passe beaucoup plus mal que prévu... Déjà pour Bobby, incarcéré pour possession de drogue et résistance à l'arrestation, puis pour son père Burt, qui se sent incapable de mettre un terme à tout cela. Sans même parler de Vadim, non seulement épargné par cette descente, mais qui décide aussitôt de s'en venger sur Joseph, lui tirant à la tête et lançant une bombe incendiaire sur son véhicule :
Curieusement, celui-ci s'en sort, mais pas du tout indemne, sa guérison pouvant même prendre quelque mois... Ceci met en état de choc Bobby, qui commence à comprendre de lui-même le rôle que chacun occupe dans cette attaque :
Un peu plus tard, il commence à comprendre ce qui se passe en réalité... Et s'attache à cette phrase typique de Vadim : "Il a sa vie, j'ai la mienne" :
Bien que cela ne soit pas de sa faute, l'on découvre alors un Bobby plein de remords, qui finit par accepter le proposition d'un ami de son père, Michael Solo (Antoni Corone) - évidemment policier :
Du coup, cela transforme complètement les rapports qu'entretenaient auparavant Bobby et Burt... Au lieu de lui crier dessus, ce dernier recommence à lui donner espoir sur la vie de Joseph. Et Bobby entrevoit de mieux en mieux la culpabilité de Vadim, qu'il ne soupçonnait pas d'une telle violence :
Il accepte alors la proposition de Michael Solo, qui consiste à visiter - à la demande de Vadim - son atelier de fabrication de drogue, paré d'un faux micro dissimulé dans son briquet... Bobby se sent néanmoins un peu inquiet, mais le mot de "plume" suffira à la sauver, faisant intervenir toutes les forces de l'ordre :
Vient alors pour lui l'occasion de se lancer dans la visite de cet atelier... A l'époque en toute confiance vis-à-vis de Vadim, mais nettement moins à l'égard de son bras droit Pavel Lubyarski (Oleg Taktarov), qui lui impose un masque durant tout le trajet :
A priori, tout à l'air de bien se dérouler... En se fondant sur toutes les apparences, Vadim semble très bien placé pour analyser la pureté de ce qu'il va bientôt proposer :
Mais en réalité, il finit par découvrir ce dont Bobby est pourvu à l'intérieur de son briquet... Ultime chance pour Bobby de prévenir au plus vite les forces de police :
Ceux-ci se rendent au plus vite sur place, parvenant enfin à arrêter Vadim, mais découvrant du même coup Bobby assez traumatisé par la violence de ces attaques :
Quelque mois plus tard, Joseph va de mieux en mieux, et décide de fêter cela en compagnie de son père Burt et de son frère Bobby... Ils se sentent tous les deux fort proches, mais ceci se dégrade avec l'annonce de Burt, qui confirme l'évasion de Vadim de la prison de Rikers Island :
Ils décident alors, sous un temps exécrable, de se lancer à la poursuite de Vadim... Mais comme sa précédente visite de l'atelier, cela ne se passe pas du tout comme prévu, et ils finissent par se retrouver visés un certain nombre de fois, difficiles à éviter, jusqu'à ce que toutes les voitures finissent par s'arrêter :
Il s'agit d'ailleurs d'une scène magistralement filmée, à laquelle participe le ton bleu assez lugubre, ainsi que la musique... Malheureusement, elle aura pour les deux frères une conséquence imparable, la mort de leur père Burt blessé d'une balle dans le cou :
Ils se rendent alors tous deux aux funérailles, magistralement conçues, où Joseph reçoit des mains de Jack Shapiro (Tony Musante) un ruban de la guerre de Corée... Ainsi que selon les dires de Michael Solo, la présence dès la semaine prochaine de Vadim, au coeur d'une cargaison de cocaïne russe :
Durant tout ce temps, Bobby se trouve de plus en plus loin de Amada, qui supporte très mal son intrusion dans la police... Cela reste pourtant sa décision, celle de rejoindre le NYPD, quels que soient les hôtels où ils se cachent durant tout ce temps, Kew Motor Inn ou Corona :
Il s'aperçoit alors que celui auquel il faisait confiance dès le début, Jumbo (Danny Hoch), est en réalité coupable de trahison envers Vadim... Bien qu'il ne le tue pas, il lui en veut beaucoup d'avoir donné le nom de son hôtel à Marat, qu'il estime également responsable :
C'est d'ailleurs lui que l'on voit en premier dans cet endroit magistralement choisi, Floyd Bennet Field... Tout à la fois assez fier de l'impossibilité de détecter la drogue, et surtout de l'invention du procédé :
Joseph, repris par sa blessure, décide de mettre fin à tout cela... Mais Bobby ne peut pas le supporter, et bien que tout le monde y soit opposé, il se lance à la poursuite de Vadim dans les roseaux - marqués par des fusées éclairantes, occultant de plus en plus la vue :
Mais il finit par se retrouver face à lui... Et là, contrairement à la gentillesse dont il a fait preuve face à Jumbo, il n'hésite pas une seule seconde :
Cela vaut à tous une grande cérémonie, où malgré la distance de plus en plus visible d'Amada, l'on perçoit de mieux en mieux la sympathie qui règne désormais entre les deux frères, Joseph et Bobby :
Je ne sais pas ce que vous pensez de cet Opus, qui malgré les apparences, reste concentré sur la famille, au-delà de son aspect new yorkais et policier... Roger Ebert, du Chicago Sun-Times, en a écrit : "C'est un film atmosphérique, intense, bien joué, et quand il fonctionne, il a une véritable urgence". Je suis totalement d'accord avec lui, et je vous serais reconnaissant si vous trouvez le temps de laisser un petit commentaire !