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  • jeudi, mai 14, 2026

    AU MOIS DE MAI...

    FAIS CE QU'IL TE PLAIT ! MAIS TOUJOURS PAS DE COMMENTAIRE ? JE ME DEMANDE BIEN POURQUOI...
    Vous avez beaucoup de temps, et vous cherchez alors LE FILM À VOIR (par réalisateur ou par titre)... Mais n'oubliez pas de vous y manifester, s'il vous plaît !

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    mardi, mai 12, 2026

    THELMA & LOUISE (RIDLEY SCOTT)

    Il s'agit cette fois d'un autre film de Ridley Scott, daté de 1991, dont le scénario est dû à Callie Khouri, et failli ne jamais voir le jour, du fait de son engagement féministe, et de sa fin on ne peut plus noire. Finalement, il est bel et bien sorti, doté d'un budget de 16 millions de dollars, et nous raconte au travers de tous les Etats-Unis l'histoire de deux femmes amies de longue date, dont l'excursion va hélas se transformer assez vite en cauchemar...

    Comme le dit fort justement Wikipédia à ce propos, il s'agit d'un film assez étonnant, non seulement parce qu'il prend pour thème principal le parcours insensé du territoire par deux femmes de plus en plus angoissées, mais surtout parce qu'il remet en valeur plusieurs types de cinéma, qu'il s'agisse de buddy movies, de road movies, de films policiers et de westerns. Je vous conseille donc de bien consulter cette longue note, de la même façon que je m'en suis donné la peine au sujet de Blade Runner, autre œuvre monumentale de Ridley Scott...

    Nous pouvons maintenant commencer la vision de l'Opus, en nous demandant : mais qui sont ces deux femmes ? Dès le début, ceci nous est montré en commençant par - apparemment - la plus solide et organisée des deux, Louise Sawyer (Susan Sarandon), qui profite de son métier de serveuse et de son week-end pour inviter sa meilleure amie à une petite randonnée :

    Coup de téléphone qui charme bien sûr Thelma Dickinson (Geena Davis), bien que celle-ci soit à priori totalement l'opposée de Louise, puisqu'elle est au départ la femme au foyer frustrée et docile de Darryl, son mari :
    Louise vit de son côté seule, mais Thelma doit supporter son époux Darryl Dickinson (Christopher McDonald) à longueur de journée, ce qui ne rend pas la décision de partir aussi facile que prévue :
    Néanmoins, elles y arrivent tout de même, malgré déjà de grosses différences dans leurs façons d'organiser ce départ, et décident finalement de s'arrêter après un peu de route dans une boîte de nuit, où se pratique la danse... Apparemment, tout semble bien se passer, avec au départ un grand engouement de Thelma pour l'alcool, et surtout un homme, Harlan Puckett (Timothy Carhart) :
    Au départ, celui-ci est charmant... Mais cela se dégrade très vite, et Thelma se trouve pris dans un viol sordide, dont elle n'a pas les moyens de se tirer :
    Heureusement, elle n'est pas toute seule, et Louise se pointe bientôt avec une menace très claire :
    Qu'elle semble ne pas vouloir exécuter au début... Mais qui, avec les mots très crus et injurieux de Harlan Puckett, ne semble pas lui donner d'autres alternatives : 
    Résultat ? A court terme, c'était la seule chose à faire, personne n'en doute.... Mais à plus long terme, sachant que Louise, contrairement à Thelma, ne veut absolument pas prévenir la police, la seule solution restante est de transformer cette petite randonnée en balade bien plus vaste, la fuite vers le Mexique :
    Nous en sommes à la fin de la première phase du film, où tout s'est du reste pas mal transformé depuis ce qui était prévu au début... Nous reste à découvrir Jimmy Lenox (Michael Madsen), non pas le mari, mais simplement le petit ami de Louise, qui a pour l'instant pour seule tâche celle consistant à avancer un peu d'argent à cette randonnée, bien plus longue que prévue :
    Et mine de rien, cela plait énormément à Louise :
    C'est d'ailleurs le meilleur moyen pour Ridley Scott d'opposer ce couple, qui malgré son inexistence officielle semble bien solide, à celui de Thelma et Darryl, où ce dernier - malgré leur véritable mariage - semble toujours sur le point de disjoncter :
    Avec ce fait relativement troublant, celui que Thelma lui dit seulement avec qui elle se trouve, puis lui raccroche tout simplement au nez :
    Ceci montre déjà à quel point elle est en train de changer, passant du statut de femme ennuyeuse à celui de jeune fille de plus en plus indépendante, et libre de faire ce qu'elle veut... Ce qu'elle va tenter d'accomplir avec un jeune homme, bien plus poli et courtois que le précédent Harlan Puckett, l'auto-stoppeur J.D :
    Dans un premier temps, Louise envoie bouler ce dernier, comme s'il s'agissait de quelqu'un d'ordinaire et de prévisible, sachant que Thema va se rallier à ses opinions... Mais il en va différemment lors d'une seconde rencontre, J.D se retrouvant donc comme le troisième passager de la voiture - et là, il faut tout de même rappeler que ce rôle fut confié à Brad Pitt, alors pour la première fois dans un vrai film, ce qui allait tout simplement lancer définitivement sa carrière :
    C'est d'ailleurs lui qui se pointe "comme par hasard" dans l'hôtel, sous une pluie battante, et prétexte son manque d'auto-stop pour se réfugier auprès de Thelma :
    Et mine de rien, ils s'entretiennent tous les deux de leur passé lourd ou ennuyeux, jusqu'à ce que J.D finisse par lui révéler son activité actuelle, peu dangereuse et rapportant beaucoup d'argent :
    Cela n'a pas l'air très compliqué, n'est-ce pas ? Il suffit de se montrer poli, de bien préciser ses règles, et de partir aussi vite qu'on est arrivé :
    Je ne vous parlerai pas de la suite, qui est assez évidente... Mais toujours est-il que ceci satisfait grandement Thelma, qui ne s'est pas éclaté comme ça depuis une éternité, ceci se voit tout de suite avec l'air radieux de son visage :
    Sauf que cela va malheureusement dans un tout autre sens pour Louise, qui s'aperçoit que le fameux J.D en a profité pour tirer tout l'argent, et partir de la façon la plus incognito possible :
    Nous en sommes rendus de fait à la moitié du film, où l'inversion des deux mentalités va d'abord s'exercer d'une façon plutôt subtile :
    Avant d'éclater au grand jour, lorsque Thelma décide - inspirée par J.D - de cambrioler une petite épicerie, sans la plus petite gène ou le moindre complexe :
    Elles repartent avec ce qu'il faut pour vivre, et la pauvre Louise, totalement en rupture avec elle-même, s'avère pour l'heure incapable de comprendre comment cela a-t-il été possible :
    Et du reste, elle fait bien... Car les policiers, représentés par Hal Slocombe (Harvey Keitel) et dirigés par Max du FBI (Stephen Tobolowsky), sont à la recherche de ces deux femmes depuis que tout a commencé, jusqu'à ce qu'ils parviennent à intercepter toute une vue du cambriolage de Thelma :
    Pour l'instant, on ne les voit pas encore beaucoup... Mais l'on peut déjà déchiffrer sur le visage du mari de Thelma une totale incompréhension, qui ne va pas s'améliorer avec le temps :
    C'est le moment précis où le film devient marqué d'un certain humour - ce que réalise Ridley Scott, en entrelaçant de plus en plus la fuite en avant de Thelma et Louise, avec des épisodes divertissants tel celui du camionneur attiré par le sexe (Marco St. John) :
    On a pu penser, comme certains, que ces images sont la marque d'un caractère misandre... Mais je ne le crois pas du tout, et me doute fort bien que ce genre de plaisanterie - qui a l'air d'un hommage ironique - soit relativement répandu aux USA :
    Le résultat sur les deux jeunes filles est du reste assez évident, n'est-ce pas ?
    En tous cas, il est très important de distiller les deux courants, car plus l'humour des femmes s'envole, plus les policiers se rapprochent d'elles... Notamment avec cette arrestation de J.D, lequel est considéré comme un vaste pervers par Darryl (le mari de Thelma), malgré ce qu'il tente d'expliquer :
    En tous cas, c'est très loin de ce que pense l'enquêteur Hal Slocombe (Harvey Keitel), qui en quelques secondes lui met tout sur le dos, cherchant à protéger coûte que coûte les deux femmes de la volonté masculine... Il est du reste à noter que c'est la première fois de sa vie qu'Harvey Keitel exécute un rôle sympathique, toujours marqué dans le passé par le côté négatif des personnages (notamment dans Taxi Driver de Martin Scorsese) :
    Plus cela va dans ce sens, et plus l'humour intervient afin de rattraper la fuite éperdue des victimes... En commençant par cette scène totalement insolite, où un policier au profil en apparence très "nazi" (Jason Beghe) se retrouve, l'espace de quelques secondes, comme l'otage potentiel des deux femmes, et surtout de Thelma :
    Elles restent très courtoises jusqu'au bout, où elles le plongent dans le coffre de sa voiture, non sans lui avoir demandé en cadeau une paire de lunettes et une ceinture :
    La phase d'après est par contre nettement plus tendue, avec le retour une fois de plus du camionneur pornographique, lequel trouve l'immense bêtise de s'arrêter sur la route afin de se les faire toutes les deux, ce qu'il va avoir beaucoup de mal à effectuer - meilleure preuve avec ce plan directement tiré des films westerns :
    Pourtant, elles sont plutôt sympathiques, non ? Elles ne tirent pas tout de suite, et lui laisse même la possibilité de s'en sortir avec quelques paroles d'excuse :
    Mais rien à faire, il ne s'améliore pas... C'est la raison pour laquelle Thelma et Louise, plutôt que de tirer sur lui, visent directement la "grosse bête" de l'homme, le camion-citerne :
    Il s'agit de l'une des scènes les plus frappantes, surtout dans l'incompréhension qui oppose l'homme et la femme, apparemment incapables de se supporter... Mais ceci en revient à un point civilisé avec le cycliste noir (Noel Walcott), qui tombe comme par hasard sur le policier séquestré dans son propre coffre, et le délivre d'une façon très particulière - mais je vous laisse revoir le film pour bien apprécier ce dernier point humoristique :
    Car il s'agit hélas du dernier, et nous arrivons au final bien plus nerveux, avec pour commencer la chasse des deux femmes à l'aide de voitures très puissantes - bien que souvent recadrées à leur juste place :
    Max, l'agent du FBI, décide de leur envoyer aussi l'hélicoptère afin de les traquer jusqu'au bout :
    Ce qui va bien sûr se produire, mais pas du tout de la façon dont on s'y attendait... Et là encore, les principales décisions viennent de Thelma, même si Louise, faute de mieux, ne peut qu'approuver :
    Il ne reste plus qu'à Hal Slocombe, le seul homme à avoir encore une vision positive de ces deux femmes, à se précipiter pour tenter de sauver celles-ci, que tout le monde prend désormais pour des criminelles :
    Mais bon, comme chacun (ou presque) le sait, il en va tout à fait différemment :
    En pure théorie, ce film devrait finir par une happy end bien classique... Mais comme cela est mis en place par la scénariste elle-même, Callie Khouri, cette scène - qui fut la toute première du scénario - met en place une fin tout à la fois tragique et mystique, ce qui tient beaucoup à la pure réaction des spectateurs :

    Vous ne l'avez jamais vue, et vous disposez d'une minute ? Je vous en prie, regardez cette fin sublime, quel que soit le point de vue où l'on se situe :

    Bon, de même que Thelma et Louise, j'en ai terminé avec ce film - d'une fin tellement particulière pour l'époque, que cela a failli rendre le tournage impossible, par la mauvais volonté des producteurs et leur opposition au féminisme alors naissant... Bien sûr, j'aurais énormément de chose à vous dire sur ce chef-d'œuvre visiblement apprécié dans le monde entier, mais comme je l'ai déjà dit précédemment, je préfère vous recommander l'énorme article de Wikipédia, et vous offre juste un tout petit résumé, faute de mieux :

    C'est pas mal, non ? Film prenant d'un bout à l'autre, très belle lumière, paysages hallucinants, bonne dose d'humour, et même l'une des premières musiques de Hans Zimmer, on peut difficilement offrir quelque chose d'autre, je crois... La seule chose qui me rend triste, c'est que plus de trente ans après, ce scénario reste hélas toujours d'actualité ; comme si l'homme était incapable de s'améliorer un tout petit peu, en l'espace de tant d'années stériles, et d'une vision de plus en plus mondiale de tous ces évènements. C'est triste, non, vous ne trouvez pas ? (16 décembre 2021)
    Tiens, ARTE vient de reprojeter hier soir ce grand film de Clint Eastwood, The Gaunlet, et qui montre curieusement le même genre de situations propre au film de Ridley Scott, alors qu'il date de 1977 ! Le projet est certes un peu différent, puisqu'il se fixe sur les rapports complexes entre un homme et une femme, mais hormis ce détail, les thèmes sont les mêmes, qu'il s'agisse des raisons de fuite (liée à un viol dans les deux cas), des caractères complètement opposés des deux êtres, qui finissent par s'harmoniser, ou enfin du road movie délirant dans lequel cela finit par nous embarquer...
    A se demander si, quelque part, Callie Khouri - qui a écrit intégralement le scénario de Thelma & Louise - ne s'en est pas inspiré quelque peu ? En tous cas, pas pour la fin, vu que celle-ci est nettement plus optimiste chez Clint Eastwood, qui a l'art de bien finir les choses !
    Autres films du même réalisateur : AlienBlade RunnerBlack Rain

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    dimanche, mai 10, 2026

    GIRL WITH A PEARL EARRING (PETER WEBBER)

    Ou bien La Jeune Fille à la perle, un émouvant film réalisé en 2003 par Peter Webber, un réalisateur britannique qui n'avait rien fait de réellement enthousiasmant autrefois... Mais peut-être suffisait-il d'attendre, car cette œuvre est très convaincante, pour toutes les raisons que je vais vous donner.

    1) Il existe très peu de pièces qui parlent avec autant d'occurrence d'un passé aussi ancien (le XVIIème siècle), en ne sombrant pas dans les habituels défauts - à l'exception, bien sûr, du sublime Barry Lyndon (1975) de Stanley Kubrick 2) On ne saurait imaginer, dans le rôle de Griet, une meilleure actrice que Scarlett Johansson, qui non seulement ressemble étrangement à la jeune fille du tableau, mais qu'en outre j'ai toujours vu jouer avec une grande classe, qu'il s'agisse de Lost in Translation, de Match Point ou de Lucy 3) Enfin, pour m'en tenir à mes attributions, je dois constater que la musique de cet Opus - due au français Alexandre Desplat - est tout simplement extraordinaire, et parfois même digne de Gustav Mahler, vous l'entendrez à la fin de cet article.

    Pour ceux qui ne sauraient pas qui est Griet, il s'agit de la bonne au service de Johannes Vermeer (1632-1675), célèbre peintre dans la ville de Delft en Hollande, et qui connut une grande notoriété de son vivant - partant ensuite dans l'oubli, jusqu'à la seconde moitié du XIXème. Au début du film, c'est ainsi que l'on voit Griet, complètement désemparée face à tout ce qu'elle a à faire :
    Elle doit déjà bien se lier avec Tanneke (Joanna Scanlan), qui lui donne petit à petit différentes instructions concernant les draps ou la nourriture :
    Hasard ou pas, c'est dans un marché qu'elle se lie ensuite plus ou moins avec un certain Pieter (Cillian Murphy), lorsque celui-ci la remercie très sincèrement d'avoir refusé une viande trop avariée :
    Elle se sent un peu mieux, mais ce n'est pas encore le cas à l'intérieur de la maison, où en la voit relativement complexée face à cette étrange lumière :
    C'est alors qu'on la voit pour la première fois avec la femme de Johannes Vermeer, Catharina (Essie Davis), laquelle daigne enfin lui parler, et désigne  à Griet le propre bureau du maître - où elle n'a hélas plus le droit de se rendre en personne :
    Il importe peu, en fait... Car c'est l'un des points décisifs du film, celui où l'on découvre Griet en train d'observer le moule de corps féminin, s'entrevoir - durant une seconde - dans une glace étrangement ressemblante au tableau pas encore fait, puis enfin de dévorer La Dame au collier de perles (1664), qui représente l'épouse du mécène local portant déjà les perles en question :

    Elle s'aperçoit ensuite qu'existe un matériel qu'elle ignore encore, la fameuse chambre noire - qui permet de mieux décortiquer les couleurs existantes :

    Vient alors le moment où elle doit se rendre chez le mécène en question, Pieter van Ruijven (Tom Wilkinson), pour lui vendre l'une des toiles de Johannes Vermeer :
    Cela pourrait mal se passer, mais le mécène ne fait pour l'instant que des allusions... En montrant au passage à la jeune fille l'une des toiles que Johannes Vermeer a peint pour lui, Le Verre de vin, où il serait soi-disant représenté avec sa femme en train de boire :
    Un grand mystère, n'est-ce pas ?
    Toujours est-il que Johannes Vermeer apparaît enfin d'une façon bien plus concrète, en train de jouer aux dames avec l'une de ses filles - Cornelia (Alakina Mann), malheureusement l'une des plus haineuses de Griet, à laquelle elle réserve plus d'une mauvaise surprise :
    Au milieu de l'Opus, se découvre enfin la fête somptueuse à laquelle Pieter van Ruijven veut absolument assister... Et où les différences envers les servantes et la haute classe sont encore plus visibles que d'habitude :
    C'est le moment pour Griet de profiter, le lendemain à la campagne, de l'autre Pieter - homme qui, d'après ce que l'on sait, l'épousa quelques années plus tard, et devint ainsi le père de deux garçons (ce qui est beaucoup plus raisonnable que les onze enfants dont le couple Vermeer était pourvu !) :
    Tout ce que nous apprenons vient en fait d'un livre du même titre, publié en Angleterre en 1999 par Tracy Chevalier, et qui lui-même est fondé sur la toile en question, La Jeune Fille à la perle - avec très peu d'éléments rajoutés. En tous cas, ce que l'on sait, c'est que Catharina, l'épouse de Johannes Vermeer, finit par devenir de plus en plus jalouse de Griet, étant donné que Johannes réalise un tableau à partir d'elle - alors qu'il a toujours refusé à sa femme de poser :
    Elle sera sur le point de découvrir, puis de lacérer la toile, lorsqu'heureusement Johannes Vermeer la découvre, et finit par l'en empêcher. Une autre personne, que nous découvrons plus longuement à ce moment précis, se révèle également très influente : Maria Thins (Judy Parfitt), la mère de Catharina, qui est non seulement propriétaire de la maison, mais se débrouille en outre très bien pour vendre tous les tableaux de son beau-fils à Pieter van Ruijven, le mécène local :
    Il se passe ensuite nombre de choses désagréables, tel que la tentative de viol de Griet par ce mécène, ou encore le "faux vol des perles" par cette même servante, qui en réalité ne sait rien de ce qui s'est passé - un coup en fait totalement monté par la petite Cornelia, et qui va se trouver lourdement payé de la volonté de Maria Thins.
    Mais l'essentiel reste dans l'idée que Cornelia a ainsi donné à Johannes Vermeer : enrichir son tableau par le port des deux perles, qui le rendra totalement unique... Au début, Griet refusera, n'ayant jamais porté de boucle d'oreille. Mais étant donné l'insistance du peintre, elle finira par accepter cela de ses propres mains, quel que soit ce qu'il en coûte :
    "Look at me !", c'est le peu qu'il lui dira durant toute cette scène magique, où nous voyons se dérouler le dernier final de cette toile remarquable :
    Tout comme moi, vous serez bien obligé de constater l'étonnante ressemblance entre d'un côté l'actrice :
    Et de l'autre la vraie Griet, peinte en 1665 :
    N'est-ce pas ?

    L'on a évidemment beaucoup parlé de la performance de Scarlett Johansson, mais il ne faut pas en dire moins de celle de Colin Firth, l'interprète de Johannes Vermeer, et de la réalisation de Peter Webber, remarquable dans son dosage des formes et des couleurs, qui nous replace fort bien dans Delft à cette époque.

    Ultime chose dont je vous ai fait part dès le début, c'est de la perfection de la musique associée - écrite par Alexandre Desplat -, et qui tout en n'étant pas baroque, va entièrement avec les images concernées, comme vous pourrez vous en rendre compte ici :

    Je ne sais pas si vous aimerez ce film autant que moi, mais je l'ai trouvé absolument parfait : il se replace très fidèlement dans la ville de Delft au XVIIème siècle, évoque juste en douceur la personnalité des différents protagonistes, retrace éloquemment les difficultés de la peinture en cette époque, et vous donne à aimer - si vous ne le connaissez pas encore - Johannes Vermeer. Meilleure preuve avec le suivant trailer - qui ne dure que deux minutes, et en plus est sous-titré :

    En tous cas, j'espère qu'il vous plaira autant qu'au différents jurys du monde entier, qui lui ont donné une bonne dizaine de récompenses - dont la plupart qualifient avec éloquence Peter Webber ou Eduardo Serra, le responsable de la photographie !
    Autres biopics (avec entre parenthèses la date du film, et le nom de la personne traitée) : Patton (1970, George Patton), Barry Lyndon (1975, Barry Lyndon), Raging Bull (1980, Jake LaMotta), Elephant Man (1980, John Merrick), Amadeus (1984, Wolfgang Amadeus Mozart), Bird (1988, Charlie Parker), Ed Wood (1994, Ed Wood), Braveheart (1995, William Wallace), A Straight Story (1999, Alvin Straight), The Insider (1999, Jeffrey Wigand), Ali (2002, Cassius Clay), Frida (2002, Frida Kahlo), Aviator (2004, Howard Hughes)Marie-Antoinette (2006, Marie-Antoinette), The Last King of Scotland (2006, Idi Amin Dada), La Môme (2007, Edith Piaf), Into the Wild (2007, Christopher McCandless), Zodiac (2007, Arthur Leigh Allen & Robert Graysmith), Valkyrie (2008, Adolf Hitler & Claus von Stauffenberg), Invictus (2009, Nelson Mandela), J. Edgar (2011, J. Edgar Hoover), Silence (2017, jésuites portugais)

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