Voici une allusion aux "100 moments les plus effrayants du cinéma", une mini-série américaine diffusée fin octobre 2004 sur Bravo. Celle-ci classe les meilleurs films d'horreur depuis la nuit des temps, et en voici une courte version, ne comprenant que les Opus que j'ai déjà vu - voire les ayant en DVD -, avec à chaque fois leur numéro d'apparition, leur réalisateur et leur date :
2) Alien, de Ridley Scott (1979) 4) Psycho, d'Alfred Hitchcock (1960) 6) Shining, de Stanley Kubrick (1980) 7) The Silence of the Lambs, de Jonathan Demme (1991) 12) Misery, de Rob Reiner (1990) 13) Scream, de Wes Craven (1996) 17) A Nightmare on Elm Street, de Wes Craven (1984) 20) The Ring, de Gore Verbinski (2002) 21) Jacob's Ladder, d'Adrian Lyne (1990) 26) Seven, de David Fincher (1995) 33) The Fly, de David Cronenberg (1986) 35) Aliens, de James Cameron (1986) 48) The Thing, de John Carpenter (1982)
Je vais maintenant donner ma propre vision des choses, en mettant en premier lieu les rares films parlant d'une espèce inconnue de l'homme, ou encore d'une version particulière de celle-ci. Evidemment, la première place revient à Alien de Ridley Scott (1979), un Opus qui malgré ses plus de 45 ans d'âge demeure toujours aussi efficace, et d'une grande profondeur :
Suivi bien sûr par Aliens, tourné par James Cameron en 1986, lequel met en place de bien plus nombreuses créatures, accompagné d'effets spéciaux hallucinants et d'un budget incroyable :
Entre les deux, il y eut aussi ce film de John Carpenter en 1982, dont l'accueil fut assez difficile, The Thing... Basé sur un scénario fort proche de l'invasion du continent par une créature extraterrestre, il fonctionnait bien durant un bon moment, jusqu'à ce que l'accumulation de monstres mal réalisés finit par casser toute l'ambiance générale :
Malgré un long silence de presque 40 ans, on retrouve d'une façon exceptionnelle ce monstre envahissant tourné par un cinéaste sud-coréen en 2006, Bong Joon-ho - qui attendra cependant 2019 pour obtenir la Palme d'or du Festival de Cannes avec Parasite :
Passons donc maintenant à ces étranges narrations japonaises, qui mettent en premier lieu ces histoires inquiétantes de fantômes, dont le plus bel exemple fut Ring de Hideo Nakata (1998). Je ne connais de ce film que son remake américain, The Ring, tourné en 2002 par Gore Verbinski, mais c'est absolument impeccable, alternant de bout en bout des anomalies de plus en plus fortes sur la nature et les êtres humains :
Un autre film qui marcha fort bien en 2004, d'ailleurs influencé par The Ring, fut cette fois-ci en grande partie tourné au Japon par Takashi Shimizu, et produit aux USA par Sam Raimi, The Grudge... L'histoire en est hélas bien plus aléatoire, avec une intrigue alambiquée et des effets spéciaux volontairement écourtés :
Dernier Opus japonais tourné en l'an 2000, il s'agit de Battle Royale de Kinji Fukusaku. Un film connaissant un immense succès, basé sur une histoire imaginaire fort simple, mais qui se révèle finalement embarrassante : une classe de 40 élèves de terminale est choisie au hasard pour participer à ce jeu, se tuer mutuellement jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un seul... Cela se passe dans un pays non identifié, dans un futur proche, et entouré par le futur réalisateur Takeshi Kitano :
Dans un tout autre genre, nous avons ce réalisateur canadien David Cronenberg, qui s'attache beaucoup à la description de l'être humain dans ce qu'il a de plus fragile, et se mit en 1986 à The Fly... Un film lié à la téléportation, sauf que celle-ci bien conçue a lieu en important une mouche, qui va poursuivre jusqu'au bout le principal intéressé :
Légèrement différent, mais tout aussi puissant, Adrian Lyne sort en 1990 son Opus magistral, Jacob's Ladder... Un film basé sur le destin hallucinant d'un ancien soldat du Vietnam, dont la vie se déroule selon un flux pour le moins étrange, de même que le procès qui s'ensuivit - à conclure de façon volontairement ambigüe :
Situé 30 ans aupararavant, en 1960, le célèbrissime Psycho d'Alfred Hitchcock n'a pas vieilli d'un pouce, bien qu'étant tourné d'une façon exceptionnelle en noir et blanc... On y trouve Anthony Perkins dissimulant jusqu'au bout nombre de meurtres qu'il a commis, et bien que ceci paraîsse humain, c'était à l'époque rarement traité de façon convaincante :
Entre les deux se trouve en 1980 le fabuleux film de Stanley Kubrick, Shining... Cela se passe dans un grand hôtel du Colorado, où un écrivain en panne d'inspiration tente, accompagné de sa femme et de son fils, de s'y remettre. Au début, tout se passe relativement bien, mais beaucoup de meurtres ont eu lieu dans cet hôtel, et sa santé mentale va de plus en plus mal, le faisant progressivement basculer dans la mort :
Onze ans plus tard, en 1991, nous avons droit à ce film inquiétant de Jonathan Demme, The Silence of the Lambs... Il s'agit de la meilleure mise en scène d'une tétralogie de Thomas Harris, visant tout à la fois le personnage d'Hannibal Lecter, psychopathe et cannibale, et son opposée du FBI, interprété par Jodie Foster :
En 1995 sort enfin le second film de David Fincher, Seven... Une oeuvre absolument magistrale plus ou moins axée sur le même thème, deux policiers affectés à la section des homicides ayant pour mission d'arrêter le psychopate John Doe, qui a placé toutes ses victimes sous la menace des sept péchés capitaux :
Toujours dans la même ligne, Oliver Stone réalisa en 1994 Natural Born Killers, un Opus incroyable basé sur deux personnes, un couple de meurtriers de plus en plus déjantés... Non seulement le script est dû à Quentin Tarantino, mais sa conception est tout aussi magique, alliant environ 3000 plans en couleur, en N&B, voire en animation et en parodie de sitcom :
Première étape d'une série de sept films, A Nightmare on Elm Street vit le jour en 1984 sous les doigts de Wes Craven... C'est une histoire moins réaliste que les trois précédentes, mais le simple fait qu'elle soit articulée autour du personnage tout aussi mystérieux que parodique, Freddy, suffit à lui donner une dimension horrifique - bien marqué par ses griffes :
Tout juste après avoir réalisé cette série, Wes Craven se tourna en 1996 vers quelque chose de légèrement différent, nommé habituellement un slasher - qui a lui aussi connu sept versions, dont la meilleure demeure toujours Scream... Bien que sorti à Noël, ce film connut un grand succès, moins dû à la célébrité de ses interprètes qu'à l'originalité de son traitement, qui attend la fin pour nous dévoiler enfin qui est le tueur :
Certes, l'on pourrait continuer cette liste longtemps, sans parvenit à trouver votre film favori... Mais je préfère terminer avec deux réalisateurs que j'ai toujours énormément apprécié, et qui sont bien connus pour avoir contribué à cette série soit avec des films d'horreur à proprement parler, soit avec des Opus davantage axés sur des problèmes génétiques plutôt rares :
Pour une fois, je souhaite grandement que vous me laissiez un commentaire... Tout autant pour me dire quel film est votre préféré, ou bien celui qui manque gravement à mes citations - étant donné que je n'ai parlé que de ceux disponibles pour moi en DVD !
Connaissez-vous Gore Verbinski ? C'est peu probable, à moins d'être fans de ses trois Pirates des Caraïbes... Mais bien avant ces triomphes un peu faciles, il s'est révélé en 2002 avec ce film d'horreur fort intéressant (Le Cercle, en français), lui-même étant l'adaptation de Ring japonais, sorti avec un grand succès en 1998.
Si l'on cherche ce qui se produit dans cet Opus, inspiré par une légende urbaine japonaise bien réelle, il faut débuter avec les deux jeunes filles que l'on voit provisoirement, Katie Ambry (Amber Tamblyn) et Becca Kotler (Rachael Bella)... Qui se posent au bon moment la bonne question :
Il n'empêche... Katie Ambry ne peut s'empêcher de la regarder, et se retrouve exactement sept jours plus tard dans la situation prévue, sans qu'elle ait la moindre possibilité de s'en sortir - ce qui rend folle Becca Kotler, la seule encore vivante retrouvée sur les lieux :
Il reste alors à Gore Verbinski à nous proposer l'une des plus grandes actrices du monde pour incarner Rachel Keller (Naomi Watts), qui emmène religieusement son fils Aidan (David Dorfman) à l'enterrement inexpliqué de Katie Ambry, que ses parents ne comprennent absolument pas :
D'autant que peu de temps après, Rachel Keller tombe sur ces dernières photos de Katie, toutes bizarrement déformées - de même que les autres personnes, qui sont mortes pour des raisons inconnues le même jour à la même heure :
Il ne lui reste alors qu'à se rendre chez son précédent ami, le père de Aidan, Noah Clay (Martin Henderson), lequel est tout aussi professionnel dans la vidéo qu'elle ne l'est dans le journalisme - dont c'est le métier :
Petite allusion, au travers de l'immeuble, à l'usage quasi-hypnotique que tout un chacun fait de la télévision - voire du DVD, n'oublions pas la menace du début :
C'est précisément de ce DVD dont s'inquiètent sérieusement Rachel Keller et Noah Clay, constatant une certaine difficulté à le voir et le revoir - surtout lorsqu'une mouche se révèle en fait bien réelle, contrairement à l'idée qu'on en avait :
L'essentiel se dévoile donc : la présence d'un vieux couple sur une île, élevant une petite fille énervée qui apparaît sur la vidéo... Il ne reste plus qu'à deviner de quelle île il s'agit, ce que Rachel Keller ne va pas tarder à faire :
Pour s'embarquer peu de temps après - il ne reste peut-être plus que quelques jours à vivre - sur un bateau en direction de celle-ci :
Dans on ne sait trop quel but, elle tente de passer son temps avec un cheval présent à bord... Mais selon toute apparence, cela ne se déroule pas du tout comme prévu :
Bien pire, l'animal en question l'évite même de justesse, avant de se jeter volontairement dans l'océan - laissant juste son sang apparaître de l'autre côté du bateau :
Vous allez voir, c'est une séquence particulièrement impressionnante de 2 minutes :
Une fois sur l'île, Rachel Keller va rencontrer tout d'abord l'homme de ce couple, Richard Morgan (Brian Cox), mais cela ne se passe pas très bien... Il lui en dit un peu sur sa femme suicidée, sur le malheur qui a atteint les chevaux, mais l'ambiance est assez froide, et cela se conclut sur une porte brutalement fermée :
Pendant ce temps, Noah Clay, resté sur le continent, explore quelques dossiers médicaux qu'il parvient à trouver, mais dans lesquels il ne voit qu'une alternance répétée entre des grossesses et des fausses couches, concernant la femme de Richard Morgan :
De plus en plus au courant de la chose, Rachel Keller rencontre alors le Dr Grasnik (Jane Alexander), qui s'est très longtemps occupé du cas en question... Celle-ci ne lui dit peut-être pas tout, mais Rachel Keller sait au moins que le fameux couple Morgan avait adopté une petite fille, Samara, et que celle-ci est à l'origine de la colère du père, et du suicide de sa mère :
C'est à ce moment précis qu'elle découvre enfin une vidéo complète, nous montrant Samara Morgan (Daveigh Chase) dans une chambre d'hôpital psychiatrique :
Ce qui reste hallucinant, outre la taille de ses cheveux, c'est la façon dont elle répond au docteur, en mentionnant les nombreuses bêtises qu'elle a faite, mais aussi le seul véritable amour de son père, les chevaux :
Rachel Keller décide alors d'aller revoir immédiatement Richard Morgan, car elle pense qu'il est à l'origine de beaucoup de méprises :
Mais c'est hélas bien trop tard... Car il va lui aussi faire comme sa propre femme, se suicider :
Noah Clay rejoint enfin l'île, se livrant lui-même et Rachel Keller à toute une série de recherches, qui les mène peu à peu vers cet incroyable puits de pierre, très profond, et dont la structure est à l'origine du titre de ce film :
Raison de plus pour Rachel Keller d'y descendre pour de bon, bien qu'elle ne se prépare pas du tout à cette révélation concernant l'exécution de Samara Morgan par sa mère, juste avant le suicide de cette dernière :
Cela avait lieu exactement dans le même puits, et Rachel Keller parvient enfin à retrouver Samara Morgan - qui n'a l'air que provisoirement encore vivante, alors qu'elle est morte il y a bien des années - après les sept jours qui sont annoncés au téléphone, juste après la vision du DVD :
En parvenant à la faire enterrer de façon convenable, elle pense - et nous avec elle - que les choses vont bien se finir... Mais son fils Aidan Keller, qui a l'air depuis le début de capter un nombre impressionnant de faits, lui dit tout le contraire :
Et au moment précis où le film pourrait terminer sur une note finalement positive, Noah Clay se retrouve seul chez lui, face à sa télévision qui marche toute seule :
Et qui met en route le DVD automatiquement, avec Samara Morgan sortant enfin de son puits :
Sauf qu'elle va aller bien plus loin, cette fois-ci, et ne va même pas attendre sept jours pour en finir avec le pauvre garçon - toute réelle qu'elle est devenue :
Rachel Keller le découvre ainsi à la fin, et se demande bien pourquoi son ancien amant est mort, et pas elle ?
On pourrait penser que c'est la dernière image, mais il en reste encore une... Celle d'Aidan Keller disant l'ultime vérité, négative pour tout le monde :
Ce qui est particulièrement remarquable dans ce film de près d'1h40, c'est sa construction très progressive de l'intrique générale, qui se déroule aussi lentement - puis aussi rapidement - pour les spectateurs que pour les acteurs principaux... C'est très efficace, et cela nous conduit à regarder un vrai film d'horreur comme il le mérite - ce qui, je crois, a été rarement accompli.
Un dernier point que je voudrais citer : bien que n'ayant pas été tourné au Japon comme le film original de Hideo Nakata (Ring de 1998), celui-ci tente d'en recréer l'univers... Non seulement en étant tourné en partie à Washington, mais aussi grâce à cette insistance notable sur le pommier rouge, typique du pays :
N'ai-je pas oublié quelque chose ? Mais oui, l'apparition très courte de Pauley Perrette, une actrice peu connue au cinéma, mais immensément célèbre du fait de sa participation à la série NCIS durant quinze ans :
Bien sûr, je pourrais m'attarder sur de nombreux autres aspects de ce film, notamment sa gamme de couleurs bleu-vert très étrange... Mais je préfère m'en tenir à ce dernier résumé efficace (5'), sans aucune parole, juste avec l'étonnante musique de Hans Zimmer, qui revient ici tel un leitmotiv inquiétant du début jusqu'à la fin :
Allez, je vous livre le trailer :
Alors, est-ce que vous avez aimé ? En tous cas, je vous souhaite intensément de le voir et de l'apprécier, ne serait-ce que pour fêter ses vingt ans !