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  • mardi, mars 10, 2026

    ZODIAC (DAVID FINCHER)

    Vous n'avez pas encore vu ce film ? Vous ne devez pas être américain, car cet Opus traite durant 157 minutes d'un serial killer ayant réellement sévi autour de San Francisco, dans les années 1960 et 1970. Actuellement, la police n'a toujours pas résolu les affaires criminelles liées à ce tueur surnommé Zodiac, mais les hypothèses les plus vraisemblables sont ici utilisées par David Fincher.

    Le premier film consacré à ce sujet date de 1971 (The Zodiac Killer), mais il est bien loin d'égaler celui-ci de 2007, qui fut tourné à partir d'un scénario de James Vanderbilt, lui-même basé sur les deux livres de Robert Graysmith - l'un des personnages les plus importants de Zodiac, et qui a réellement existé, tout comme du reste Paul Avery, David Toschi, et pratiquement tous les autres. En fait, David Fincher a effectué un travail fondamental de 18 mois concernant les meurtres avec des témoins ou des victimes encore vivants, ce qui est à proprement parler exceptionnel !

    Jugez-en vous-même avec le bon trailer :

    On démarre le 4 juillet 1969, où Darlene Ferrin et Mike Mageau (Lee Norris) sont violemment attaqués au couteau, en pleine nuit dans l'allée des Amoureux à Vallejo, en Californie :

    Vient le sobre générique du film, puis le journal San Francisco Chronicle reçoit un mois plus tard plusieurs lettres cryptées écrites par le tueur en question, qui se nomme lui-même Zodiac :
    Que dit l'une de ces lettres ? Elle fait juste une proposition, mais relativement inquiétante, puisque son auteur dit en passer à une bonne douzaine de personnes :
    Le caricaturiste Robert Graysmith (Jake Gyllenhaal) sent par pur instinct que son identité n'est pas contenue dans le message.... Mais il n'est pas pris au sérieux par le journaliste policier Paul Avery (Robert Downey Jr.), qui le considère juste comme un dessinateur :
    Au mois de septembre de la même année, le tueur poignarde de nouveau deux jeunes étudiants, Brian Hartnell (Patrick Scott Lewis) et Cecelia Shepard, au lac Berryessa, dans le comté de Napa... Brian survit, mais Cecelia meurt deux jours plus tard :
    Après ces trois mois, Paul Avery s'entend enfin beaucoup mieux avec Robert Graysmith, qui a entre autre l'idée que Zodiac fait référence au film Les Chasses du comte Zaroff  - daté de1932 :
    Mais cela ne leur donne pas beaucoup d'idées... Jusqu'à ce que deux semaines plus tard, un chauffeur de taxi de San Francisco, Paul Stine, soit à son tour tué, et cette fois-ci directement par balle :
    C'est pour nous l'occasion de mieux découvrir le véritable enquêteur de cette affaire, David Toschi (Mark Ruffalo), qui travaille presque toujours avec son collaborateur Bill Armstrong (Anthony Edwards) :
    Etant tous les deux policiers, ils sont bien plus au courant de ce qui se passe, surtout lorsqu'il s'agit de la propre revendication de Zodiac à l'attaque d'un bus - phénomène qui a profondément touché David Fincher lui-même durant sa jeunesse :
    "Je me souviens avoir demandé à mon père ce que faisaient ces voitures de policiers qui encadraient nos bus de ramassage scolaire. Il m'avait expliqué qu'un tueur équipé d'un fusil à longue vue envisageait de tuer des enfants qui partaient à l'école. J'avais la sensation d'être confronté au mal absolu" :
    Ne sachant plus trop quoi faire, ils décident finalement d'embaucher l'avocat Melvin Belli (Brian Cox), qui va recevoir des coups de téléphone d'un prétendu Zodiac, pour la chaîne KGO-TV :
    En fait, personne n'est sûr qu'il s'agisse bien de Zodiac en personne, ou d'un simple imitateur... Pas même Melvin Belli, pourtant plutôt doué :
    Il n'empêche que durant tout ce temps-là, une jeune femme, Kathleen Johns (Ione Skye) et son enfant sont à deux doigts d'être tués - sans que l'on sache la raison pour laquelle Zodiac s'en est soudain abstenu :
    Histoire de conclure cette première partie du film, David Fincher nous montre brièvement la nouvelle compagne de Robert Graysmith, Melanie (Chloë Sevigny) :
    Ainsi que la curieuse destinée de Paul Avery, qui commence à travailler de son côté, mais devient paranoïaque, et se tourne de plus en plus vers la drogue et l'alcool, avant de s'installer définitivement à Sacramento, proche de San Francisco :
    Robert Gaysmith tente de l'en dissuader, mais en vain (extrait en pur français, pour une fois) :
    Pour finir, David Toschi, Bill Armstrong et le sergent Jack Mulanax (Elias Koteas) interrogent enfin le fameux Arthur Leigh Allen (John Carroll Lynch), mais sans succès, et pour cause... Ils n'ont absolument rien contre lui, et comme il le déclare, "Si j'étais Zodiac, je ne vous le dirais pas " :
    David Fincher marque alors le début de la seconde phase du film, non seulement avec cette vue fantastique de la grande ville :
    Mais surtout avec cette rencontre de David Toschi avec Robert Graysmith dans un cinéma, et devinez de quel film ils parlent ? Mais oui, c'est exactement Dirty Harry de Don Siegel, sorti en 1971, et où il crée avec le personnage de Scorpio un petit peu l'équivalent de Zodiac :
    Après Paul Avery, c'est maintenant au tour de Anthony Edwards d'abandonner l'affaire, histoire de donner vie à toute sa famille :
    Résultat ? Il s'installe une collaboration entre David Toschi et Robert Graysmith, et même si le premier n'a pas le droit de dire au second tout ce qu'il sait, il ne peut s'empêcher de lui livrer quelques précieuses informations :
    La femme de Robert Graysmith est pourtant à deux doigts de le quitter, mais il décide d'écrire un livre sur cette affaire complexe, avec tous les éléments dont il dispose :
    Inutile de dire qu'il n'a pas du tout l'accord de David Toschi, furieux sur ce coup :
    Pas plus que celui de Melanie, qui va bientôt se séparer de lui, en emmenant les enfants :
    Robert Graysmith ne peut toutefois pas se défaire de tout ce qui l'obsède... Au dernier moment, il se tourne vers un collectionneur de films, mais il en prend peur subitement, et réussit à sortir en courant de l'obscurité :
    Il contacte alors Ferrin, apparemment née le même jour que Zodiac, et lui donne l'identité qu'il avait pensé depuis le début... Tout le monde est au moins d'accord sur un point, il s'agirait de Arthur Leigh Allen :
    Lors de leur ultime rendez-vous, c'est le seul point dont discutent encore Robert Graysmith et David Toschi - et bien qu'ils ne soient pas autorisés aux même choses, ils tombent parfaitement d'accord là-dessus :
    Rassurez-vous, nous sommes pratiquement à la fin ! En 1983 (soit 14 ans après le premier meurtre), Robert Graysmith rencontre par hasard Arthur Leigh Allen dans un magasin Vallejo Ace Hardware... Mais il fait semblant de ne pas le reconnaître :
    Au final, c'est l'un des rares survivants, Mike Mageau, qui l'identifie avec certitude comme le meurtrier, face au policier George Bawart :

    Bien sûr, il vient ensuite un bref résumé des différentes personnes, mais c'est le minimum que l'on puisse faire sur un Opus tout à la fois long (2h37') et passionnant... Pour tout dire, le film dépassa à peine son budget élevé de 65 millions de dollars, mais il obtint quasiment 90% de critiques très positives, et cela dans pratiquement tous les pays du monde !

    Qu'en est-il advenu pour autant de l'affaire principale ? Arthur Leigh Allen reste toujours le principal suspect, mais il n'a jamais pu être arrêté - encore moins du fait qu'il soit mort en 1992. En 2008, l'enquête est relancée, mais malgré les huit noms avancés, aucun n'est vraiment plausible... Ici, David Fincher a fait une œuvre tout aussi puissante que son antérieur Seven (1995), sauf que celle-ci est bien réelle - au point que nous l'avons intégrée à la liste des biopics !

    Autres films du même réalisateur : Alien 3SevenThe GamePanic RoomThe Curious Case of Benjamin ButtonThe Girl with the Dragon Tattoo

    Autres biopics (avec entre parenthèses la date du film, et le nom de la personne traitée) : Patton (1970, George Patton), Barry Lyndon (1975, Barry Lyndon), Raging Bull (1980, Jake LaMotta), Elephant Man (1980, John Merrick), Amadeus (1984, Wolfgang Amadeus Mozart), Bird (1988, Charlie Parker), Ed Wood (1994, Ed Wood), Braveheart (1995, William Wallace), A Straight Story (1999, Alvin Straight), The Insider (1999, Jeffrey Wigand), Ali (2002, Cassius Clay), Frida (2002, Frida Kahlo), Girl with a Pearl Earring (2003, Johannes Vermeer), Aviator (2004, Howard Hughes)Marie-Antoinette (2006, Marie-Antoinette), The Last King of Scotland (2006, Idi Amin Dada), La Môme (2007, Edith Piaf), Into the Wild (2007, Christopher McCandless), Invictus (2009, Nelson Mandela), J. Edgar (2001, J. Edgar Hoover), Silence (2017, jésuites portugais)

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    mardi, février 10, 2026

    UNA MUJER FANTASTICA (SEBASTIAN LELIO)

    Tout d'abord, je vous présente mes excuses, d'avoir un petit peu laissé tomber ce site durant un bon mois - notamment afin d'améliorer son aspect global et son écriture, ce qu'il a fallu que je fasse également sur mes deux autres sites, mentionnés à droite...

    Maintenant que ce travail est bien terminé, je reviens définitivement au cinéma avec ce film de 2017 dû à un réalisateur chilien que je ne connaissais absolument pas, Sebastian Lelio. Il s'intitule Una Mujer Fantastica, ce qui se traduit très facilement en français :

    Cette femme qui porte tout le film sur le dos, Marina Vidal (Daniela Vega), s'avère en réalité être une véritable transgenre... Autrement dit, elle est née homme, puis a effectué la transition à l'âge de l'adolescence. Tout ceci avec la bonne volonté de ses parents, mais comme d'habitude, avec les frustrations que peut invoquer la société dans l'ensemble - particulièrement la police :
    Au début de l'Opus, elle semble très bien avec Orlando Onetto (Francisco Reyes), même si celui-ci a vingt ans de plus qu'elle... Ils forment un véritable couple, près à voyager aux fameuses chutes d'Iguazù du Brésil - l'une des raisons qui l'empresse à l'inviter à un bon restaurant chinois de Santiago :
    Tout se passe bien, ils sont éperdument amoureux l'un de l'autre... Jusqu'à ce que l'homme, pour une raison que l'on ignore, se sente très mal, finisse par tomber dans l'escalier, puis se retrouve accompagné de toute urgence en voiture à l'hôpital par Marina :
    Mille fois hélas : celui-ci finit par mourir... Et c'est à ce moment que se manifeste assez fortement l'inspecteur de police vis-à-vis de Marina - heureusement sauvée de justesse par Gabo (Luis Gnecco), le frère d'Orlando :
    En réalité, c'est le seul de toute la famille à la soutenir... Car même si le policier principal a pu être quelque temps écarté, une autre personne se présente de façon bien plus agressive, l'ex-femme d'Orlando, du même âge que lui, Sonia (Aline Küppenheim) :
    En fait, tout ce que sa famille souhaite, c'est de l'écarter à tout prix de l'enterrement d'Orlando... Phénomène qui se traduit nettement par la visite agressive du fils d'Orlando, Bruno (Nicolas Saavedra), grâce à ses propres clefs, ensuite par une crise de conscience de Marina bien personnelle - à laquelle semble heureusement s'habituer la patronne du café où elle travaille :
    Elle rend alors visite à son professeur de chant (Sergio Hernandez), qui la reçoit avec une grande affection, lui parle un petit peu de Saint François d'Assise et de ses textes révélateurs, puis la fait un petit peu s'exercer... Marina se sent alors bien mieux, et cela se voit sur ce plan hallucinant - où elle lutte avec succès contre un vent de plus en plus violent :
    Je préfère vous le dire tout de suite, ce ne sont pas spécialement ses ankle boots qui m'attirent - encore que... Mais cette vue est très bien tournée, et révèle je crois le sens profond du film : quoi qu'il arrive, il y a toujours possibilité de résister, de s'en sortir, et d'aller de l'avant :
    Marina décide alors de passer sa soirée en boîte de nuit... Où mine de rien, elle se révèle beaucoup mieux qu'auparavant. Même si du fait de l'amour toujours intact pour Orlando, elle ne s'engage pas du tout, elle ressort de là beaucoup mieux préparée envers tous ceux qui la détestent - et Dieu sait qu'ils sont nombreux :
    C'est là que nous avons cet autre fameux plan du film, celui où Marina se contemple brièvement dans une glace... Comme s'il s'agissait de ce qui a déjà été accompli, et de tout ce qu'il reste à faire :
    Cela est assez chargé, comme on dit... Je ne veux pas faire de spoiler, mais Marina se voit déjà refoulé de l'enterrement d'Orlando, juste un peu soutenue par son frère Gabo. Ensuite, elle se fait gravement agresser par trois jeunes en voiture qui la traitent de tous les noms, la frappent, lui entourent le visage d'un masque très humiliant - tout cela en plein jour :
    C'est peut-être estimer la jeune fille incapable de réagir... Mais il en va tout autrement. Et après s'être tout simplement vengé de ce qui lui a été infligé, en sautant entre autres sur la voiture familiale, elle parvient finalement à assister toute seule à la crémation d'Orlando - scène évidemment tragique :
    En guise de conclusion, et maintenant que tout se retrouve à sa place, nous assistons à un ultime concert de Marina... Bien plus classique que ce que nous entendions au tout début (l'opéra Serse de Haendel), mais qui se révèle d'autant plus beau :
    En tous cas, ce film absolument magnifique a décroché deux prix lors de la Berlinale 2017... Tout d'abord, l'Ours d'argent du meilleur scénario, ensuite le Teddy Award de meilleur film - dont lors de sa création en 1987 furent récompensés Pedro Almodovar et Gus van Sant :
        Vous souhaitez voir un court trailer ? Aucun problème :
    Je ne sais pas si vous avez beaucoup aimé, mais personnellement, j'ai adoré ce film... Peut-être en déduirez-vous que je suis homosexuel, ou transgenre ? J'apprécie certes beaucoup plus que de coutume les vêtements feminins, mais ma vie et mes fantasmes restent totalement hétérosexuels - meilleure preuve avec mon mariage avec une japonaise, qui s'est poursuivi durant une bonne dizaine d'années !
    Hormis ce point, il existe pour l'heure encore assez peu de films sur le sujet... Il y a bien sûr le bizarrement célèbre The Rocky Horror Picture Show, puis Madame Doubtfire, Priscilla, folle du désert, Tootsie, et aussi ceux dont j'ai déjà parlé ici, Switch et Ed Wood. Mais beaucoup de ces Opus traitent, avec humour, de la situation d'un homme déguisé en femme, plutôt que d'un véritable changement de personnalité, avec tout ce que cela implique. C'est pourquoi je prie pour que les années suivantes voient surgir de nouvelles œuvres à ce sujet, bien plus liées à la réalité... Et j'ose espérer que vous serez du même avis - quitte à laisser un petit commentaire ! 

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