Il y a longtemps que je n'ai pas parlé de Martin Scorsese - alors que pourtant il s'agit de l'un de mes réalisateurs préférés... Mais ce film, tourné en 2010 juste avant l'apaisant Hugo Cabret, s'avère bien plus difficile à comprendre, et peut se voir d'une façon différente suivant le point de vue où l'on se place. Le scénario est issu du livre sorti en 2003 de Dennis Lahane, mettant en scène le marshall Edward "Teddy" Daniels et son partenaire Chuck - tous deux se rendant à bord du ferry sur l'île fictive de Shutter dans le port de Boston, bien décidés à aller à l'hôpital Ashecliffe pour criminels aliénés :
Chuck, situé à gauche, est certes l'excellent acteur Mark Ruffalo, ayant tourné entre autres dans Zodiac de David Fincher en 2007... Mais Edward "Teddy" Daniels, joué par Leonardo Dicaprio, devient littéralement incroyable, qualifié par Peter Travers de sa "performance la plus envoûtante et émotionnellement complexe à ce jour".
Dès le départ, ils sont tous deux assez violemment accueillis par le directeur adjoint McPherson (John Carroll Lynch, qui tenait aussi un rôle essentiel dans Zodiac)... Celui-ci les informe néanmoins sur le but réel de leur visite, la disparition de Rachel Solando - une patiente qui a tué ses trois enfants par noyade :
Le psychiatre John Cawley (Ben Kingsley), le véritable chef de ce service, n'en sait pas beaucoup plus, et ignore comment la jeune femme a pu s'enfuir :
Les deux marshals se rendent alors dans une pièce d'une grande beauté, afin d'écouter la version de son collègue Naeringh (Max von Sydow), toujours la même, vague et imprécise... On entend alors cette musique assez peu connue mais magnifique, celle du quatuor avec piano de Gustav Mahler :
Comparativement, tout le film est d'ailleurs parsemé de pièces relativement contemporaines, dues entre autre à John Cage, György Ligeti et Krzystof Penderecki... A ce moment précis, se présente à la mémoire de Teddy tout ce qu'il a vécu à Dachau durant la Seconde Guerre mondiale - notamment une scène d'exécution insoutenable :
De la même façon, son cerveau est envahi par la vision de son ex-femme, Dolores Chanal (Michelle Williams)... Une maniaco-dépressive tuée dans l'incendie de leur maison, déclenché par un soi-disant pyromane Andrew Laeddis - et que Teddy ressent de plus en plus sous forme de flashbacks et de migraines :
Heureusement, il s'en sort bien cette fois-ci... Et décide de s'entretenir avec la patiente Bridget Kearns (Robin Bartlett), qui n'a malheureusement aucun mot pour répondre à sa question :
Au cours de son insistance, il n'obtiens qu'une réponse rapidement griffoné sur un bout de papier, pendant que Chuck était parti chercher un verre d'eau... "Fuyez", c'est la seule chose qu'elle peut lui dire :
Teddy part alors pour le bâtiment C de l'hôpital psychiatrique, où il rencontre - encagé - un certain George Noyce (Jackie Earle Haley)... Celui-ci non seulement prétend le connaître depuis longtemps, mais lui révèle que les médecins expérimentent sur les patients et les lobotomisent dans le phare. En prime, il l'avertit que tout le monde le trompera, et qu'il ne doit absolument pas faire confiance à son partenaire Chuck. Est-ce la raison pour laquelle Terry revoit à nouveau ses souvenirs de Dachau, d'une façon encore plus violente ?
Toujours est-il que Terry et Chuck décident de grimper les falaises menant au phare, mais ils se séparent assez vite... Sous un temps implacable, Terry continue donc seul, parvenant à la suite de divers incidents à une grotte, où se tient cette fois-ci la prétendue véritable Rachel Solando (Patricia Clarkson) :
Voici là un point implacable du film, qui ne se produit pas souvent : au lieu d'être à l'extérieur en train de juger Terry, c'est comme si vous étiez subitement lui-même à l'intérieur de son cerveau, éprouvant ses points de vue, découvrant ses passions, rejetant ses images troublantes, etc... Le spectateur est obligé, surtout à partir de ce moment, d'envisager soit Terry victime de ses propres fantasmes, soit Rachel Solando comme un être de fiction, n'existant pas ailleurs que dans la tête de Terry.
Cela est dû sans aucun doute au jeu unique de Leonardo DiCaprio, mais aussi au propre génie de mise en scène de Martin Scorsese, que nous avons maintes fois signalé ici... En l'occurrence, cela est très clair dans le discours de Rachel Solando, qui visiblement peut tout aussi bien provenir de son cerveau que de celui de Terry - même si celui-ci n'en est pas encore au courant :
Mais il va bientôt y être, surtout lorsqu'il croise, comme par hasard, le psychiatre John Cawley, et qu'il lui demande des nouvelles de son associé marshal Chuck... Celui-ci n'a hélas qu'une seule chose à lui répondre :
Serait-il vraiment venu seul ? Et comment se fait-il qu'il rencontre, de plus en plus souvent, sa propre femme Dolores Chanal accompagnée de sa fille ?
Encore persuadé d'avoir raison, Terry part à la recherche de Chuck dans le fameux phare - dont le plan est sublimement constitué, comme s'élevant naturellement du bas en haut :
Il y retrouve à nouveau John Cawley, qui se sent cette fois-ci obligé de lui dire la vérité sous ses trois formes... 1) Le 67 sur la carte que lui a donné Bridget Kearns le concernait, en tant que patient supplémentaire 2) Rachel Solando n'a jamais existé 3) Teddy n'a pas été drogué, mais souffre de sevrage à la chlorpromazine, un médicament qu'il prend depuis deux ans :
Chuck arrive alors subitement, lui révélant qu'en réalité, son propre nom est Lester Sheehan, que depuis deux ans il tient le rôle de psychiatre principal, et qu'en outre, Edward "Terry" Daniels n'est en réalité qu'un faux nom destiné à couvrir sa véritable identité - celle de Andrew Laeddis, qu'il prétend rechercher depuis le début :
Alors revient de plus en plus à l'esprit de Terry - appelons-le désormais Andrew - sa vision cauchemardesque du meurtre de ses trois enfants, accompli par sa femme Dolores Chanal :
Il revoit avec plus de précision ce qui s'est effectivement produit, que c'est elle - et non pas Andrew - qui a mit le feu à leur appartement, et que pour finir il l'a tué tout près du lac où elle avait donné la mort à leurs enfants :
Andrew raconte donc enfin la vérité... Mais John Cawley précise qu'il avait déjà atteint ce stade neuf mois avant, qu'il avait hélas régressé, et que s'il rechute, il sera alors lobotomisé dans le phare en raison de sa conduite violente envers certains gardes, particulièrement avec d'autres patients tel George Noyce.
Dans la dernière scène, Andrew dit à Lester Sheehan - qu'il appelle toujours Chuck - qu'ils doivent quitter l'île de préférence au plus vite. Lester Sheehan fait alors signe à John Cawley, qui observe et ordonne la lobotomie. C'est le moment où Andrew donne alors son ultime version des choses : "Serait-il pire de vivre en monstre, ou de mourir en homme bien ?" :
Stupéfait, Lester Sheehan recommence à baptiser Andrew Laeddis du nom de Terry, mais ce dernier ne répond pas... Bien au contraire, il repart paisiblement vers sa lobotomie, avec les deux infirmiers qui l'attendent pour cette opération :
Vaut-il mieux montrer, plutôt que parler ? C'est en tous cas ce que Martin Scorsese pense de son dernier plan, et je suis bien d'accord avec lui :
Regardons donc le trailer disponible :
Esr-ce l'un de ses meilleurs films ? Bien qu'ayant eu beaucoup de mal à le comprendre, je suis obligé de reconnaître aujourd'hui qu'il s'agit là de l'un des Opus les plus originaux, que l'on peut contempler une centaine de fois en ayant à chaque projection une vision différente...
En tous cas, comme il le confirme dans cet interview, c'est l'un de ceux où Leonardo DiCaprio joue un rôle très particulier, basé sur sa compréhension - ou déni total - du système dans lequel il doit vivre... Ceci a valu à Martin Scorsese son ouverture au box-office la plus rentable à ce jour, et est devenu l'un des films le plus lucratif de son histoire, tout comme Cape Fear ou Aviator !
Please, laissez un commentaire sur cet article - qui m'a pris extrêmement de temps !
Le Pont, en français... Il est extrêmement rare que je parle ici d'une série TV - à part deux articles précédents autour de X-Files... Mais ceci est un phénomène exceptionnel, conçu à partir de 2011 en Suède et au Danemark, fondé sur quatre saisons d'une durée de presque 10 heures, et porté par des acteurs absolument remarquables. Vu le fait que je vais me laisser aller à une description très précise de la saison 1, je préfère vous montrer dès maintenant le seul trailer que j'ai trouvé, avant d'attaquer le sujet :
Ne m'en voulez pas de faire un spoiler, il s'agit d'une série de quinze ans d'âge... Je précise que le nombre d'images n'a rien à voir avec la durée de chaque épisode, d'environ 57 minutes à chaque fois !
1) Episode 1
Ceci démarre sur le fameux pont de l'Öresund, réunissant la ville de Malmö en Suède avec la capitale du Danemark, Copenhague - et qui va servir très souvent à relier les deux pays :
On y voit tout d'abord le corps de la maire de Malmö, Kerstin Ekwall... Accompagné bien sûr par la fameuse policière criminelle de Malmö, Saga Norén (Sofia Helin) :
Ce cadavre est coupé en deux, et après une courte visite au médecin légiste, Saga s'aperçoit qu'il s'agit en fait de deux corps... Ce dont elle fait bientôt part au policier danois sur les lieux, Martin Rohde (Kim Bodnia), car cette seconde section est celle de Monique Brammer, une prostituée de 23 ans assassinée à Copenhague il y a bien des années :
Histoire de renforcer les événements, Martin s'aperçoit en outre rapidement de cette volonté du tueur de bien marquer la différence entre les deux pays :
Nous avons dès maintenant la base de cette enquête, omniprésente dans toute cette série... Mais ceci va très vite s'envoler vers autre chose, une cadillac noire appartenant au célèbre journaliste Daniel Ferbé (Christian Hillborg), qui se trouve à bord empêché de sortir et menacé par une bombe puissante :
Saga et Martin ne sont pas autorisés à descendre dans le lieu où se trouve la voiture... Mais peu de temps après, le déclencheur de la bombe va bientôt se retrouver à zéro, tous les policiers s'en vont immédiatement, et le pauvre Daniel se voit exposé à l'explosion sans que rien n'ait pu être fait :
2) Episode 2
Fort heureusement, rien n'a explosé, et Daniel se retrouve à sa bonne place de journaliste... Mais il est désormais le seul à s'entretenir avec le meurtrier, qui lui adresse ses prochaines notifications via internet, concernant cinq points selon lui importants :
Dont le premier se trouve rattaché aux SDE, "visibles mais invisibles"... Pour cela, il dépose du vin empoisonné sur la route de Malmö, avec un effet immédiat :
Parallèlement, on retrouve Charlotte Soringer (Ellen Hillingso), la femme avec qui Saga s'était disputée sur le pont de l'Oresund, au sujet d'une ambulance censée l'emmener vers son mari en greffe de coeur... Malheureusement, après une brève réanimation de celui-ci, le chirurgien lui apprend qu'il n'a rien pu faire :
3) Episode 3
A la suite de cela, un marin nommé Björn est agressé, soigneusement attaché et bâillonné dans un lieu totalement inconnu... Saga va bientôt découvrir que Björn se sert de ses yeux pour communiquer avec eux via le morse, mais l'on n'en est pas encore là, hélas :
Dans le même temps, Martin soupçonne de plus en plus un travailleur social de Malmö, Stefan Lindberg (Magnus Krepper), qu'il croise un peu trop régulièrement dans des endroits suspects... Bien qu'il n'ait pas de preuves directes, il va facilement l'envisager jusqu'au septième épisode - alors que Saga va très vite abandonner cette option, à ses yeux infondée :
Enfin, pour conclure en beauté cette escalade, notre tueur est de nouveau en connexion avec son "ami" Daniel, le reporter, pour exiger de Charlotte et ses amis la somme de vingt millions de dollars... Faute de quoi, il sera bien obligé de tuer à nouveau :
4) Episode 4
Finalement, Charlotte se déclare prête à payer la rançon avec les quatre hommes, ceci aux yeux du commissaire principal, Hans Petterson (Dag Malmberg)... Elle déclare à Martin, tout seul, qu'elle agit ainsi juste par vengeance à l'égard de son mari, qui juste avant de mourir lui a avoué ne plus l'aimer depuis au moins 9 ans :
Dans le même temps, Saga découvre que le code morse livré par Björn indique sûrement le compteur électrique d'une usine abandonnée... Après un long décodage mené avec succès par les informaticiens, elle se rend avec Martin sur les lieux.
Hélas, elle se fait agresser par un homme mystérieux totalement cagoulé, et Martin est frappé encore plus violemment, de sorte qu'il est finalement emmené à l'hôpital - où sa femme l'attend impatiemment :
Pour terminer, nous rencontrons un homme visiblement inspiré du Japon ancien, Lasse Jonsson, qui vient de laisser entrer et séjourner chez lui une jeune fille en fuite de sa mère, Anja Björk (Fanny Ketter)...
Selon toute apparence, la relation entre ces deux personnes un peu perdues se déroule plutôt bien. Mais la dernière image nous montre Lasse ouvrant le paquet qu'il vient de recevoir, et s'entraînant secrètement à faire usage de son katana :
5) Episode 5
Lasse s'est finalement bien servi de son sabre japonais, afin d'abattre un médecin psychiatrique qu'il connaissait... C'était ouvrir la porte à une nouvelle demande du tueur TDLV ("Terroriste de la vérité"), accompagnée de trois autres meurtres, et consistant à faciliter l'accès à tous ceux victimes de troubles mentaux.
Dans le même temps, une autre affaire resurgit lors d'un procès, notamment marqué par l'assassinat de Hadi Hurani par quatre agents de police de Copenhague l'année dernière... Le père semble avoir une grande confiance dans ce nouvel acte de justice, mais il n'en va pas du tout de même pour son frère Saif, qui prépare secrètement une autre intervention :
Enfin, au début juste histoire d'examiner un dossier inquiétant que Charlotte a trouvé, Martin se rend chez elle... Mais la blonde se change en brune, la femme ordinaire en ravissante partenaire, Martin ne peut pas s'en empêcher - et ce n'est pas le coup de fil à sa femme qui y change quelque chose :
6) Episode 6
Il s'agit sans doute d'une phase importante de la série. Tout d'abord parce que Martin, marqué parce ce qu'il vient de faire avec Charlotte, ne peut s'empêcher de l'avouer à sa femme - laquelle prend assez mal cette trahison... Mais surtout lorsque l'on découvre que Saif cache dans sa cave le policier Henning Tholstrup (Ole Boisen), dans l'attente de ses aveux :
Heureusement, son père intervient, et au final lui ordonne de le détacher et de le laisser partir... Mais Henning est aussitôt assassiné à son tour par un homme qui a l'air d'être un vrai policier - bien qu'il s'agisse en réalité du même tueur depuis le début, d'une façon différente à chaque fois :
7) Episode 7
C'est alors que survient l'explication probable de Saga, face à son commissaire Hans : et si tous ces meurtres étaient dus à un policier ?
Peu après avoir enlevé un certain nombre d'enfants dans un bus, ce dernier envoie comme toujours au journaliste Daniel son ultime proposition... Cinq organisations bien connues devront être incendiées, faute de quoi un enfant devra mourir :
Dans le même temps, la femme de Martin, Mette Rohde (Puk Scharbau), reçoit dans la société informatique où elle travaille un parfait inconnu, qui lui présente un programme neuf et très intéressant... Personne ne le sait, surtout pas nous autres téléspectateurs, mais cet homme est bel et bien le tueur que tout le monde recherche depuis le début :
Aussitôt survient l'un des premiers incendies prévus... Martin et Saga sont là, juste histoire de surveiller, mais il n'y a hélas rien à faire pour l'empêcher :
Dernière image de cet épisode particulièrement haletant : le journaliste Daniel rentre, tout comme au début, dans sa voiture... Mais cette fois-ci, il n'y a plus aucun prétexte pour le sauver, et contrairement à sa première intervention, il est cette fois-ci vraiment sacrifié :
8) Episode 8
Martin et Saga passent alors en revue tous les hommes tués depuis le début, sans parvenir à une conclusion :
Saga a certes une idée, celle d'un certain Jens Hansen... Mais Martin lui avoue avoir vu cet excellent policier se donner la mort lui-même, dans le camping-car qu'il habitait alors :
9) Episode 9
Tout cela est planifié depuis le commencement... Le fameux Jens, alors en pleine crise, s'était métamorphosé en un nouvel homme grâce à un chirurgien, adoptant le nouveau nom de Sebastian Sandstrod - qu'il a utilisé lorsqu'il s'est présenté à Mette, la femme de Martin :
C'est d'ailleurs à celle-ci qu'il propose, spontanément, de se rendre au zoo en compagnie de ses trois enfants... Elle accepte d'emblée, et se laisse même convaincre de visiter un endroit inconnu, à cette occasion :
Pendant ce temps, Saga et Martin - ce dernier étant définitivement convaincu de l'identité du tueur - se rendent dans sa maison, trouvant sur les murs de la cave toute sa préparation... Son fils August (Emil Birk Hartmann) découvre par contre une note de Sebastian, indiquant le lieu où il s'est rendu avec sa femme Mette :
Ils le cherchent tous dans le zoo, mais ceci n'aboutit à rien... En fait, Sebastian s'est rendu dans une sorte de maison privée, où il pourvoit Mette d'un cadeau-surprise - une grenade, qu'il introduit dans ses mains avant de prendre la fuite, en fermant toutes les issues possibles :
Grâce à Lillian, la commissaire danoise, Martin finit tout de même par se retrouver sur les lieux où sa femme Mette a été emprisonnée... Il fait tout ce qu'il peut pour la rassurer, et finit par envoyer la grenade derrière une ruine sécurisée :
Hélas, tout ne se passe pas aussi bien pour Saga et August... Sebastian est pendant ce temps revenu à domicile, et après avoir tenté d'abattre la première, complètement à terre, il emporte le second en toute impunité, les mains attachées dans le dos :
10) Episode 10
Une fois revenu sur les lieux, Martin ne peut que constater ce qui s'est passé :
Saga se retrouve à l'hôpital, apparemment en bonne santé, et malgré l'opposition de l'infirmière, le commissaire Hans l'aide à s'échapper... Elle retrouve donc Martin, et tente de le dissuader d'entreprendre la recherche de son fils, qu'elle juge trop dangereuse :
Il n'empêche, celui-ci s'y rend quand même, basé sur la voix au téléphone de Sebastian et se livrant à une véritable course-poursuite insensée, ayant lieu tout d'abord sur une voiture, puis dans le train... Pendant ce temps, August agonise toujours dans l'endroit où il se trouve, que tout le monde ignore :
Martin et Sebastian sont descendu à la même station, située comme au début sur le pont de l'Öresund... Ils sont surveillés par différents policiers, mais aucun d'entre eux ne peut se rendre sur place, même ceux disposant d'une vidéo - surtout pas pour interrompre les propos haineux de Sebastian, concernant August :
Saga réussit cependant à les approcher, et dit à Martin ce qu'il a envie d'entendre :
Serait-ce la vérité ? Certainement pas, August est même déjà mort... Saga ne peut pas s'empêcher de le dire, et pour finir de tirer tout d'abord sur Martin, puis de façon bien plus radicale sur Sebastian :
Voici comment la série se termine... Martin blessé et retenu par la loi, Sebastian voué pour toujours à la prison, et pour finir, Saga avouant la vérité à Martin avec un air de tristesse indéniable :
C'est ainsi la fin de la première saison, avec son impeccable progression dans un monde à la fois psychopathe et bien réel... Je vous ai cependant gardé le meilleur pour la fin de ce long article !
11) Saga Norén
Brillament interprétée par Sofia Helin, cette héroïne des quatre saisons possède plusieurs particularités... A commencer par la plus frappante d'entre elles, son autisme - qui n'est jamais clairement dévoilé dans les nombreux épisodes, mais presque toujours présent :
Ce que l'on peut également voir dans toutes les saisons, c'est d'une part la façon toujours identique de s'habiller : un manteau militaire, un pantalon en cuir marron, de belles bottines et très peu de maquillage... D'autre part, il s'agit bien sûr de sa célèbre voiture, une Porsche 911 S, qu'elle ne s'est pas offerte grâce à son salaire - il faudra en fait attendre la saison 4 pour découvrir qu'elle l'a gagné suite à un pari avec un ancien camarade d'école de police :
Fait plus hallucinant, toujours lié à son autisme : sa technique de drague, fort rapide et avant tout basée sur le sexe... Du coup, elle a beaucoup de mal à digérer les éventuelles résistances des rares personnes qu'elle invite :
C'est encore plus grave lorsqu'elle a passé toute une nuit avec August, sans rien en dire à son père Martin... Certes, elle n'a pas du tout couché avec ce jeune homme de 18 ans, mais cela a tout de même beaucoup de mal à passer :
Ce même Martin peut tenter de lui donner des conseils, basés sur son absence d'empathie... Mais ceci ne donne pas toujours le résultat escompté :
12) Juste en guise de conclusion...
Pour finir, j'ai trouvé trois vidéos consacrées aux personnages principaux, toutes en anglais (mais sous-titrées)... La première se déroule bien sûr avec la grande vedette de Bron, Sofia Helin, rencontrée juste après la troisième saison - où elle conserve comme d'habitude ses vêtements, sa voiture, et son caractère très particulier :
La seconde prend lieu par contre juste après la première saison, la BBC interviewant cette fois Sofia Helin et Kim Bodnia, l'interprète du policier Martin Rhode... C'est plutôt décontracté, et se regarde sans problème :
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La troisième est par contre nettement plus intéressante, et consiste en une interview après la quatrième saison de Sofia Helin, Thure Lindhardt (Henrik, le successeur de Martin Rhode), Hans Rosenfeldt, le réalisateur, et la scénariste Camilla Ahlgren... On en apprend beaucoup plus sur les différents personnages de Bron, mais cela dure par contre plus de trente minutes :
Dernière chose qui m'a frappé énormément : les liens entre ce scénario et celui d'un célèbre film de David Fincher datant de 1995, Seven (basé sur le script de Andrew Kevin Walker)...
Les deux responsables policiers sont totalement différents, tant du point de vue de leur conception du monde que de leur âge ou de leur propre vie, le tueur psychopathe est de son côté redoutablement intelligent, tournant chaque meurtre de la façon qui l'arrange, mais la série se conclut de la même façon que le film par une incessante poursuite, se terminant par un ultime coup de feu de la policière. Cette ressemblance est-elle due au hasard ? Je ne pense pas, mais c'est évidemment un point de vue personnel, qui ne met pas en doute les grandes qualités de Hans Rosenfeldt...
Dois-je vous dire mon ultime désir ? Ce serait bien sûr de lire un commentaire de votre part - ce qui se fait plutôt rare, ces derniers temps... Mais j'adore cette série, je l'ai vue au moins sept fois dans son intégralité, et j'espère qu'il en va de même pour vous !