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  • mercredi, janvier 02, 2008

    VANISHING POINT (SARAFIAN)

    Ou encore, en bon français :

    Le type même de DVD tellement catalogué "série B", que non seulement les éditeurs peuvent se permettre d'en massacrer la couverture (voir, à ce sujet, les jacquettes de Vidéodrome ou de Dead Zone de Cronenberg !), mais en outre de le brader à quelques Euros, pour notre plus grand bonheur. Encore une fois, un Road Movie presque aussi culte que le très fameux Easy Rider sorti trois ans auparavant (bien qu'avec une approche et une philosophie quelque peu différentes, même si la nuance peut paraître subtile de prime abord), qui se déroule dans un cadre grandiose, occupant à lui tout seul presque la moitié des Etats Unis :

    Comme dans nombre de grands films, aucune des quelques images-chocs du début n'est bien sûr laissée au hasard, qu'il s'agisse de la prémonition finale :

    D'un résumé abyssal sous fond de No Man's Land et de cimetière de voitures :

    D'un (inutile) avertissement :

    Ou encore, de la gueule hallucinée de Kowalski (Barry Newman), qui traverse tout le film avec ce très étrange regard absolument "au-delà", complètement désenchanté, comme s'il n'en n'avait plus rien à foutre de rien (ce qui, en l'occurence, est d'ailleurs le cas) :

    Alors bien sûr, de prime abord, les points communs avec le précédent Easy Rider semblent sauter aux yeux, des monstrueux "cartons" aux fameux "choppers", en passant - bien sûr - par la seule drogue envisageable dans ce contexte :

    Sans même parler des petits plans bien "assassins" sur l'Amérique rurale et très bien pensante, que l'on retrouvera par la suite très souvent chez David Lynch :

    Et pourtant... Bien des choses séparent en réalité ce film (1971) de son aîné Easy Rider, car en l'occurence, le héros reste ici un solitaire endurci, dont la quête n'est absolument ni communautaire ni mystique, à peine soutenue (et encore, sans l'avoir jamais demandée) par cet improbable DJ aveugle de la radio KOW, inspiré - pourquoi pas, allez savoir ? - par la grande idole de l'époque, Monsieur Stevie Wonder :

    Contrairement à Denis Hopper et Peter Fonda, Kowalski n'est pas "en quête", mais plutôt "en fuite" de quelque chose, une sorte de fuite en avant où il lui faut oublier son passé de motard raté :

    Son passé de pilote raté (bien que tout le monde prétende qu'il reste toujours "the best of the best") :

    Et même son passé de flic raté - raté parce que trop intègre (arghhh, revoir Serpico, ça me dirait bien, là...) :

    Toutes choses que l'on ne découvre que par "flashs" de façon totalement allusive, et qui malgré tout ne réussissent jamais à nous faire oublier la pure jouissance solitaire du héros face à la toute puissance de la nature (et là, bien sûr, il y a une vraie communauté d'esprit avec Easy Rider, c'est évident) :

    Même quand il s'agit de la "nature" au sens le plus large du terme (comme c'était encore couramment le cas durant les années 80-85, parole de Vincenttheone !) :

    Cependant, là où le film s'avère très original, surtout pour l'époque (1971), c'est dans cette sorte d'improbable coalition entre l'appétit de liberté, la pure jouissance de la vitesse, et cette sorte de course à la mort librement consentie, seulement soutenue par l'improbable DJ de la radio KOW (d'ailleurs rebaptisée KOWALSKI pour l'occasion !) :

    Bon. Tout le monde l'avait pensé très fort : "N'y va pas !" :

    Mais rien à faire ! Il y ira tout de même, sachant en toute conscience à quoi cela le conduira inexorablement :

    Bien plus impressionnant en vidéo (puisqu'on peut se permettre - jusqu'à quand ? - ce luxe) :


    Bref ! Un film magnifique, malgré son tag "série B", à voir absolument (ça doit d'ailleurs se trouver sur la mule sans problème, ça, je pense, ou même chez les soldeurs pour moins de 5€...), et qui quelque part, sonne déjà comme une vraie prémonition du totalement déjanté Crash de David Cronenberg, dont je n'ai hélas pas encore fait la chronique (mais rassurez-vous, ça va bien finir par venir, bien sûr, un de ces quatre) ! Comme le conclut l'excellent Dictionnaire du Cinéma de Jean Tulard (Robert Laffont) : "Trop personnel, ce Sarafian : le succès l'a boudé, mais il faudra bien lui rendre justice un jour."

    Enjoy !

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    8 Comments:

    Anonymous Stéphane said...

    Salut !

    Super, ton article sur Vanishing Point.
    Mais en attendant de passer ton permis de conduire pour devenir un "serial roader", tu dois te perfectionner sur quelques modèles qui font référence en la matière.
    C'est toujours bon d'apporter quelques précisions.

    Leçon n° 1

    Vocabulaire : Ça envoie grave = la mécanique fait preuve d'une certaine générosité ainsi que les transmissions. Cela se ressent en pratique lorsque le conducteur s'enfonce dans le siège et que le volant semble s'éloigner.
    Mécanique : Big bloc = gros moteur dont la cylindrée s'exprime en C.I. (cubic inche).

    Allez, vraoummm à toi !

    lundi, 07 janvier, 2008  
    Blogger Vincenttheone said...

    Et je dirais même mieux : "Vavavoum !!!" (à voir ici : http://vincentthe1.blogspot.com/2006/07/eastwood-aldrich.html).

    mardi, 08 janvier, 2008  
    Blogger Vincenttheone said...

    Et à part ça : mais oui, je l'ai, mon permis, depuis l'âge de 18 ans (même si je ne conduis, en gros, que deux ou trois fois par an, lol) !!!

    mardi, 15 janvier, 2008  
    Anonymous Zoun said...

    Tu donne envie de le voir!
    C'est dommage que la vidéo ne marche pas! Je connaissais pas du tout!

    samedi, 16 octobre, 2010  
    Blogger Not A Grit Grammarist said...

    Salut! C'est Mathieu, le voisin du 6ème.

    Justement je me demandais si tu avais vu Vanishing Point.

    Sais-tu qu'il existe deux versions de ce film? La version US et la version européenne. Cette dernière est plus longue d'une dizaine de minutes correspondant à la rencontre de Kowalski avec une jeune inconnue incarnée par Charlotte Rampling...Cette rencontre brise le rythme avant le grand final et apporte une dimension meta physique à un film très cartésien. C'est probablement pour ne pas dérouter le public améeicain que cette séquence ne leur a pas été présentée.

    Si tu ne l'as pas vue j'ai le DVD (import -risque de ne pas passer sur un lecteur européen non-dézoné).

    mercredi, 26 janvier, 2011  
    Blogger Vincenttheone said...

    Merci du "comment" inattendu (d'autant que le tout premier "comment" est dû lui aussi à notre voisin commun du quatrième étage) !
    Je n'étais absolument pas au courant de ces deux versions...
    Du coup, oui, effectivement, j'aimerais bien t'emprunter celle que je ne connais pas !

    mercredi, 26 janvier, 2011  
    Blogger Sire Al Capitaine II said...

    Voilà le fameux film dont on parle si souvent dans le film de Tarantino "Boulevard de la Mort"... Il faudra qu'un de ces quatre je me le regardes celui-là !!!

    Belle chronique !

    mardi, 22 février, 2011  
    Blogger Vincenttheone said...

    Tu vas voir, c'est totalement géant, quoi...
    Meilleure preuve : c'est que pour une fois (contrairement à d'habitude), tous les "comments" ici ont été laissés par des "garçons" amateurs de bagnoles (mais oui !), alors que normalement, ce sont toujours les "nanas" qui sont 712 fois plus rapides sur Internet, lol !

    mardi, 22 février, 2011  

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