L'INDEX DE TOUS LES FILMS COMMENTÉS :
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  • vendredi, décembre 02, 2016

    GRAN TORINO (EASTWOOD)

    Encore un chef-d'œuvre (évidemment)...
    Le tout dernier film de Clint Eastwood en 2008, sorti en France le 9 janvier 2009, dans lequel il s'est remis à jouer l'acteur de façon très convaincante (ce qu'il avait pourtant décidé de ne plus faire depuis Million Dollar Baby
    ) ! Tout ce que j'espère, c'est que Grand Torino ne sera pas son ultime film, et que malgré ses actuels 79 ans, il sera capable de faire comme le fameux réalisateur portugais Manoel de Oliveira, qui a pu continuer cette année jusqu'à la centaine (if only)...
    D'une façon fort "gaie", ce film démarre sur l'enterrement de sa femme adorée :
    Cérémonie durant laquelle il semble se montrer méprisant envers tout le monde, en tant qu'ancien militaire, à commencer par sa propre petite-fille (qui ne s'habille pas comme il le souhaite) :
    Sans oublier le très jeune prêtre, qu'en grande partie à cause de sa jeunesse et de son incontournable virginité, il prend évidemment pour un crétin absolu :
    D'un certain côté, ceci pourrait bien sûr se montrer totalement sinistre... Mais à force d'exagérer le cynisme, tout juste si le film ne frôle pas une certaine forme d'humour dès le départ, notamment à chaque fois qu'Eastwood se permet - avec une sorte de routine très exagérée - de critiquer quelqu'un, et de cracher ensuite un gros morceau par terre, lol !
    Allez hop, je gerbe sur ma famille présente à l'enterrement :
    Et je crache, par habitude :
    Je gerbe sur ma petite-fille prête à une seule chose, attendre que je clamse pour me piquer ma caisse, la fameuse Gran Torino :
    Voilà, pouf, je recrache :
    Et je regerbe enfin un bon coup sur tous mes voisins orientaux que je déteste :
    Allez hop, encore un bon crachat pour la route :
    Bref, tout ce début apparaît tellement exagéré de façon volontaire, qu'il s'avère en fin de compte assez réconfortant, en quelque sorte... Jusqu'à ce que l'on parvienne, au bout d'une vingtaine de minutes, sur une scène déjà nettement plus tendue, celle où l'un des jeunes voisins chinois de Clint Eastwood (Thao) commence à se faire menacer à Highland Park (Michigan) par une bande de blacks bien déjantée :
    S'en faire sauver in extremis par la bande tout aussi déjantée de son propre cousin (dont il a plutôt tendance à se méfier d'emblée) :
    Bande qui va hélas exiger de lui en revanche de s'intégrer à eux en faisant preuve de "couilles", autrement dit en tentant de piquer la fameuse Gran Torino de Eastwood :
    Chose qui va plutôt très mal se passer :
    Fort heureusement sans aucun mort, ce qui fut tout de même à deux doigts de se produire pour de bon :
    Sinon qu'au bout d'une toute petite heure, c'est là que le film va commencer à basculer peu à peu d'un autre côté, suite de nouveau à une agression très limite dont vont être menacés Sue (la sœur de Thao) et son "mec" Irlandais, de nouveau par une bande de blacks :
    Et si par miracle, Eastwood (autrement dit Mr Kowalsky dans ce film, en grand hommage au génial Vanishing Point de Sarafian) ne s'était pas trouvé par hasard dans le coin, tout aurait pu très mal finir :
    Voici le moment que je vous fasse enfin part de mon point de vue de musicien (même si vous n'en voulez pas) : c'est que j'ai toujours pensé que s'il y a dans le domaine du cinéma un seul et unique Johann Sebastian Bach (selon moi, l'absolument parfait Stanley Kubrick, qui a presque créé de lui-même tous les "nouveaux" styles du monde, avec un symbolisme puissant et une maniaquerie hallucinante), il existe désormais aussi un Ludwig Van Beethoven, un compositeur lié à la révolution de 1789 pour axer toutes ses oeuvres sans exception sur le combat passionnel entre les instincts du bien et du mal, les angoisses entre la haine et l'amour, la volonté de rendre supérieur l'esprit à l'inconscient... Et bien sûr (je pense que vous serez d'accord avec moi), ceci représente la base de 90% des films de Eastwood, vous ne trouvez pas ?
    Toujours est-il qu'arrivé vers le milieu du film, Clint Eastwood, après avoir sauvé par hasard la petit Sue, commence a penser qu'en fin de compte, sa voisine serait plutôt sympa et rigolote (en tout cas, plus que ses propres fils & petits-enfants) :
    Voire même très gentille, pour l'inviter comme par hasard à un grand repas chinois :
    Que contre toute attente, il va finir par adorer comme un fou :
    Sans même compter que la sérieuse critique qu'il commence à balancer à Thao, malgré sa faible gentillesse, commence à révéler (exactement comme dans Million Dollar Baby, dont je trouve ce film extrêmement proche) que c'est tout juste si l'instinct paternel n'était pas en train de se réveiller en lui, lol !
    Phénomène qui va encore davantage se révéler lorsque la mère de Thao (Vu) et sa sœur Sue vont contraindre le gamin, pour se faire pardonner de sa tentative de vol de la fameuse Gran Torino, d'offir gratuitement une semaine de travail à leur "généreux" voisin Mr Kowalski :

    Alors certes, tout au début, on peut se dire que Clint Eastwood va le faire bien chier avec du gros boulot :
    Mais quelques jours de plus, et tout juste s'il ne devient pas "son gamin adoré", contrairement à ses deux "vrais" enfants, qu'il méprise de plus en plus :
    Peut-être que pour ceci, il lui faudra tout de même pas mal bosser, notamment sur le fameux titre du film, Gran Torino (en réalité, une célèbre voiture de chez Ford entre 1968 et 1976) :
    Mais en guise de grosse contrepartie, Clint Eastwood n'hésitera pas une seule seconde à le recommander à l'un de ses amis dans le bâtiment :
    Bon, je m'arrête, là, car j'en ai déjà trop dit - bien que ce ne soit pas encore vraiment un "spoiler", du moins je crois... Vu que si l'on avance davantage, ceci ne se terminera absolument pas comme la très optimiste Neuvième Symphonie de Beethoven, mais plutôt comme la tragique quatrième de Brahms, ou la terrifiante sixième de Mahler :
    Sinon l'ultime plan (devinez ce que conduit le petit Thao, avec la jeune chienne Daisy de Clint Eastwood ?) :
    Plan qui, personnellement, m'a semblé extrêmement proche du tout dernier plan de Terminator (le premier, bien sûr, celui de James Cameron), de nouveau chargé de plein d'espoir envers la vie...
    Tout ce que j'espère, c'est que :
    1) Vous avez adoré ce film...
    2) Vous allez sûrement l'adorer, si vous ne l'avez (bêtement) pas encore vu...
    3) Et que vous allez peut-être aussi bien apprécier le fait qu'enfin (ENFIN !), je revienne après plusieurs mois d'absence sur mon Blog de Cinéma, dont je réalise désormais les articles en plusieurs jours, ce qui est beaucoup moins crevant que ma très mauvaise habitude des années précédentes, quoi...
    En résumé : n'oubliez jamais de consulter en premier lieu l'index (quelque chose comme 54 films, au total) !

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    mardi, novembre 01, 2016

    DIRTY HARRY (SIEGEL)

    Inspecteur Harry, the first one !!!
    Et bien sûr – il va de soi – le premier et le meilleur des cinq, réalisé par le génial Don Siegel en 1970 (quoique… le quatrième Opus de la série, Sudden Impact, dirigé par Eastwood lui-même, se révèle également comme une sorte de petit chef d’œuvre, en tout cas le seul à pouvoir rivaliser avec cette première version) ! Don Siegel (auteur également de Coogan's Bluff, du très atypique Les Proies, tous deux avec Clint Eatswood, d’ailleurs, et bien sûr du mythique Body Snatchers, le "vrai", le seul, le premier, en N&B), bien connu pour son sens du cadre, comme le montrent ces deux premières images des génériques (respectivement, Harry I & Harry II) :

    Dès sa sortie (il y a plus de trente ans), Dirty Harry a toujours été un film extrêmement controversé, pour une raison bien simple, mais toujours d’actualité : c’est que curieusement, on y attache plus d’importance aux droits des coupables qu’aux droits des victimes. Tout ceci éloquemment résumé dans la scène d’ouverture dans le bureau du maire :


    Bon. Certaines personnes diront sans doute qu’il s’agit d’un point de vue plutôt facho, partisan de l'auto-défense, etc… Personnellement, déjà, je trouve qu’il s’agit d’un faux débat (quand la justice fait son travail, nul besoin en effet de tels recours), et d’autre part, ça a au moins le mérite d'être honnête, pas comme la fameuse clique d’acteurs de gauche bien connus, toujours en train de crier "au loup" à l’abri de leurs somptueux 200 m2 du sixième arrondissement…
    Bref, back to Dirty Harry. Au cas où vous ne le sauriez pas encore, il y a dans cette série (tout comme dans Die Hard, par exemple), une sorte de cahier des charges à respecter absolument… Entre autres : 1) Eastwood doit toujours faire équipe avec un équipier dont il n’a aucune envie (du moins au début)… 2) La scène finale doit toujours se passer face à un plan d’eau… 3) Le héros doit toujours avoir un "gimmick" tout le long du film, par exemple : "Do I feel lucky ?" (N°I), "A man’s got to know his limitations" (N°2), "Make my Day" (N°III), "Swell" (N°IV), etc... 4) Il y a toujours, en général au tout début du film, un hold-up sans aucun rapport avec le reste, mais que Clint réussit (bien sûr !) inévitablement à déjouer, comme dans ce premier Opus :

    Comme dit précédemment, Don Siegel – de pair avec Sergio Leone, les deux "héros" de Clint Eastwood en matière de réalisation – s’est toujours signalé non seulement par ses cadres impeccables, mais aussi particulièrement inventifs. Petit florilège :

    À noter, tout particulièrement, la fabuleuse scène de la remise de la rançon au pied de la croix, avec une alternance de plongées et de contre-plongées absolument hallucinante :

    Sans même parler de cette non moins hallucinante scène au sein du stade de football, avec ce sublime zoom arrière (probablement à la grue, je suppose) :

    Alors bon, certes, tout n’est pas absolument parfait dans ce film, à commencer par les vêtements des principaux protagonistes, qui craignent vraiment de la mort de leur race, il faut bien le dire, entre la veste croisée de Clint Eastwood et le costume en vinyle vert de son interlocutrice, lol :
    Mais bon… D’un autre côté, il faut être indulgent, non ??? Déjà qu’avec mes Buffalos, je suis limite "OUT", là, alors imaginons tout simplement ce que les gens penseront de nos fringues dans vingt ans… À tous les coups, ça les fera exploser de rire (du moins, je pense, et puis après tout, c’est dans la logique de la mode, finalement) !
    Allez, deux images pour conclure :

    Arghhhh… Putain, il y a des jours où j’aimerais faire ça, de temps en temps, balancer le badge de mon job sans aucun remord ni scrupule…
    Hahaha, Clint, trop la classe, décidément !!!

    Petit P.S, à propos de Don Siegel : "L’un des grands seigneurs de la série B (…). Série B, certes, encore que Siegel ait disposé parfois de budgets importants, en tout cas séries B exemplaires qui conservent leur efficacité en dépit du temps, contrairement à tant de faux chefs-d’œuvre".
    Cité dans le Dictionnaire du cinéma (Jean Tullard, Bouquins, Robert Laffont). Je crois qu’on ne peut pas mieux dire, en résumé…

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