DÉSOLÉ...
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Les films que j'ai adorés, mes "coups de coeur" personnels, mes tentatives d'analyse...
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Et surtout des gens avec suffisament de c******s pour, malgré ces "petits" problèmes financiers (300000 $ de dettes en 1951, cela doit bien avoisiner les dix millions d'Euros, de nos jours, non ?), pour envoyer bouler le producteur qui l'engueule au sujet de sa fin prévue - car souvenez-vous, tout le monde meurt, à la fin de African Queen :
Avec bien sûr le meilleur argument du monde, mais qui à l'époque n'était pas aussi facilement admis que de nos jours, et où le "Happy End" était quasiment obligatoire :
Adoncques, peu importe : "Tout le monde dans le car !", comme on dit... Avec au passage quelques vues sur les sublimes chutes du Zambèze :
Juste avant d'arriver à cet aéroport, autrefois capitale de l'Ouganda (lieu marqué depuis par tellement d'événements tragiques, que je préfère ne pas entrer dans plus de détails, sinon pour vous conseiller au passage cet autre excellent film sur le terrible régime d'Idi Amin Dada, Le Dernier Roi d'Écosse) :
Bien évidemment, comme tous les films qui se déroulent en pleine nature, il est difficile de passer outre la beauté des images (de même que dans La Sanction, du même auteur) :
Sans oublier au passage la fascinante Marisa Berenson (ici, Katharine Hepburn), mais oui, souvenez-vous : l'héroïne du seul film au monde tourné sans le moindre apport de lumière artificielle, le sublime Barry Lyndon de Stanley Kubrick, où elle jouait le rôle de la comtesse éponyme :
Quelque part, certes, ce film est une fable... Mais une fable bien réelle, où Clint en profite pour mettre les points sur les "I" au sujet de ses propres convictions en matière de cinéma :
Et une fable où, de façon indéniable, on le sent aussi en totale admiration devant ce personnage qui criblé de dettes, discrédité par son scénariste et son producteur, se paye en outre le luxe d'envoyer chier tout le monde pour s'offrir (sur le compte des autres, bien sûr !) la seule chose qui l'intéresse vraiment, son safari :
Incroyable, n'est-ce pas (surtout à notre époque, où la production d'Hollywood accuse une chute de 57%, sans rire) ?
Deux grandes scènes, tout de même, où Clint règle ses comptes avec le racisme... La première, lors d'un dîner avec une jeune femme en apparence très raffinée, qui lui sort néanmoins des énormités de ce style :
Avec cette jolie réponse (et ce "joli" dessin) :
Juste avant de se "friter" avec le patron de l'hôtel, tellement ulcéré par son attitude vis-à-vis d'un serveur noir - "nègre", comme on le disait en 1951 :
Certes, guère à son avantage, on va dire :Mais bon. Peu importe, il n'en a rien à foutre... C'est CE genre de personnage, quoi ! Quand il se décide enfin à se rendre un minimum sur les lieux de son tournage à l'aide d'un zinc complètement pourri, la seule chose qu'il trouve à dire à son scénariste mort de peur, c'est celle-ci :
Car bien sûr, tous les producteurs, financiers, etc... ne sont préoccupés que par une seule chose : "Il vaudrait mieux couper la scène des "rapides", tout le monde pense que le bateau ne tiendra pas le coup" ! Et John Houston de répliquer (tout ceci est authentique) : "Bon, et bien il n'y a qu'une seule façon de le savoir, n'est-ce pas ?" :
Arghh, le fou total ! N'empêche que ça a marché (à noter que le bateau utilisé dans le film d'Eastwood est la copie absolument parfaite de l'original) :
Et voilà : Huston vient de tourner l'une des scènes cruciales de son film, et du coup, sans le moindre scrupule, il repart vers la seule chose qui semble l'intéresser, son safari, avec son fameux guide "Kivu" :
Peut-être ne s'attendait-il pas à ce genre de chose, aussi grandiose (qui le saura jamais ?) :
Quoi qu'il en soit, son scénariste est complètement subjugué par l'événement :
Ayant subitement la conviction que "Nous autres humains, ne sommes que..." :
Oui ?
Ou non ?
No Spoiler (j'essaye d'éviter, désormais)...
Mais toujours est-il qu'après tous ces déboires, toutes ces folies, toutes ces tergiversations, l'ultime plan (génial) du film, est celui-ci :
Abandonner les éléphants, se mettre pour une fois à son "vrai" boulot, et se faire un "cut" absolu là-dessus, c'est la grande classe, en résumé...
Bon, c'est du Eastwood, quoi...
P.S : Je crois très franchement que le personnage du chasseur dans Jurassik Park II de Spielberg, qui veut à tout prix tuer le plus grand prédateur du monde (le T-REX), et finit par y renoncer, est très exactement calqué sur ce film de Eastwood... Mais bien sûr, comme tout le monde, je peux me tromper !
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Certes, il ne s'agit pas là du film le plus réputé de Clint Eastwood (puisque sans les recettes de l'étranger, il n'aurait même pas rapporté aux USA ce qu'il a coûté), mais néanmoins d'un film magistral, bien loin des effets spéciaux de Firefox ou du futur Space Cow-Boys, tout entier centré sur le soin et l'attention portés à la psychologie des personnages, à commencer par Jim Williams (sublime Kevin Spacey, comme à l'accoutumée), improbable dandy richissime d'une petite ville de la Nouvelle Orléans, au parler très châtié - pour tout dire, même moi qui suis une vraie quiche en anglais, je m'en aperçois ("Let's take a walk, shall we, Sport ?") :
Interviewé à l'occasion de sa grande et très convoitée fête de Noël par le timide journaliste John Kelso (John Cusack), lui aussi grand amateur d'Art, ce qui donne lieu à cette première conversation passionnante au sujet d'un "repeint" (toile de maître recouverte par une autre) - passionnante parce qu'elle est à elle toute seule une mise en abîme du film entier :
Qu'y a-t-il sous les apparences ?
Et au fond, qui s'en soucie vraiment ?
Surtout dans une petite ville comme Savannah (à noter que le film est basé sur un fait divers authentique) :
Une ville de "doux dingues", au demeurant, où tout le monde porte une arme par simple routine :
Une ville où certaines personnes promènent, pour honorer une promesse, des chiens qui n'existent pas :
Une ville où d'autres se baladent partout avec quelques mouches en permanence attachées à leur cou (Geoffrey Lewis, l'un des acteurs fétiches de Clint Eastwood, père au passage de la très déjantée Juliette du même nom, héroïne entre autres de Strange Days et de Tueurs Nés) :
Mais surtout une ville où la principale attraction de l'hiver est de savoir qui va faire partie - ou non - des heureux élus invités à la prestigieuse soirée de Jim Williams (et si d'ailleurs, vous voulez vous cotiser pour m'offrir un petit orgue de ce genre encastré dans le mur, il vous suffira de réunir environ 600000 €, guère plus !) :
Jusqu'à ce que, comme dit dans la Bible, "le voile se déchire, et les tombeaux s'entrouvrent..." (en l'occurence, celui de Jude Law, retrouvé mort lors de ladite soirée, abattu par "légitime défense" par le maître des lieux) :
Morale très provisoire de l'histoire, valable en toutes circonstances, mais bien sûr particulièrement dans les petites villes :
Peut-être est-ce cette première partie du film qui a foncièrement déplu aux américains eux-mêmes, tant elle oscille entre des registres très différents tout en montrant crûment des choses que personnes n'a vraiment envie de voir, qu'il s'agisse du travesti Lady Chablis (qui joue ici avec brio son propre rôle, souvent très drôle) :
Ou encore de la grande prêtresse vaudoue Minerva, qui réussit même à emmener toute cette première partie au limites du fantastique, mélange des genres certes très déroutant, mais particulièrement réussi par Eastwood, à mon sens :
La seconde partie, beaucoup plus conventionnelle - puisqu'elle rejoint le style en revanche si prisé aux USA des "films de procès" - n'en reste pas moins passionnante, au sens où elle va prendre un malin plaisir à décortiquer, avec une précision d'entomologiste, tous les petits travers du moindre habitant de Savannah, du commissaire au médecin légiste en passant par les petits amis potentiels de Jude Law. Mais là encore, grâce à son sens inné de la respiration et du montage, Eastwood va éviter le principal écueil du genre (lasser le spectateur à force de témoignages, et de huit clos) en nous gratifiant de certaines scènes parmi les plus drôles du film, notamment celle où Lady Chablis va s'en donner à coeur joie en semant une pagaille monstrueuse au sein du très huppé "cotillon black" de la ville :
L'un des grands moments du film, où l'on s'aperçoit en outre que le fait d'avoir une vie sexuelle différente de la majorité n'est aucunement un gage d'immoralité, bien au contraire :
Thèse qui va au final se trouver appuyée avec force par l'avocat de Jim Williams (Jack Thomson), prenant au passage la défense de tout ceux montrés du doigt par les soi-disants "bien-pensants" :


Croire néanmoins Clint Eastwood suffisament simpliste pour s'en tenir là serait pourtant bien mal le connaître ! Car en réalité, sans même faire un "Spoiler" pour autant, tout le film n'est en réalité qu'une gigantesque parabole sur l'Art et la "Vérité", du moins sur ce que chacun veut - ou ne veut pas - en connaître :
Et en ce sens, il offre du même coup une certaine parenté avec le tout précédent Les Pleins Pouvoirs (1997), ainsi qu'avec le nettement plus ancien La Sanction (1975), mais bien sûr, avec infiniment plus de maîtrise, même si le traitement paradoxal a pu, de prime abord, en décontenancer plus d'un !
N'hésitez pas à découvrir à l'occasion ce film, l'un des plus injustement méconnus du maître... Vous ne le regretterez pas !
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Qui finit par déboucher sur ceci, le bâtiment de l'UNESCO, le moment-clef du film (voir photo N°5), à partir duquel Cary Grant, jusqu'alors considéré au pire comme un simple alcoolique ou un affabulateur, va d'un seul coup se retrouver propulsé au rang de meurtrier recherché par toutes les polices :
Comme tout le monde le sait (du moins, je l'espère... que l'on ne m'accuse pas de faire un "Spoiler" sur une oeuvre datant de 50 ans !), ce film s'articule autour de trois thèmes majeurs : 1) l'innocence (et l'amour impossible) 2) la "raison d'état", contre laquelle même la police s'avère impuissante 3) le monde du secret et de l'espionnage. Autant de raisons d'admirer, à l'aide de deux seuls plans "muets", cette parfaite mise en abyme du film dans son ensemble, dès le tout début, Cary Grant embouti par la police, elle-même emboutie par une voiture non-identifiée, tandis qu'une voiture encore plus mystérieuse se dissout dans le noir le plus complet :
Brillantissime, n'est-ce pas ? De même que ce plan très audacieux, où l'on voit Cary Grant fuir l'UNESCO suite au meurtre dont il est supposé être l'auteur, et qui à mon sens est la plus parfaite illustration des propos d'Alfred Hitchcock cités au début de cet article, autrement dit un plan absolument sans la moindre gratuité, qui laisse par son seul cadrage deviner l'immense pression étatique face à un homme isolé (mais oui, Cary Grant est la minuscule tache noire en train de se ruer vers la station de taxis, cliquez pour agrandir !) :Bon. Je pense qu'il est inutile de revenir sur la scène suivante, tellement connue et tellement mythique qu'elle a été maintes fois parodiée ou citée, notamment dans le fameux Arizona Dream d'Emir Kusturica (film que j'adore, mais ce n'est pas l'avis de tout le monde, en général !), ainsi que dans l'atroce final de Seven, de David Fincher :
Quelques gouttes d'angoisse distillées dans le silence le plus total, avec des cadrages à couper au couteau, la grande classe, quoi...
D'après ses propres dires, Hitchcock aurait ici essayé de prendre le contrepied absolu des scènes typiques d'attaques de gangsters, qui à l'époque se passaient toujours dans le noir, dans des usines désaffectées, avec une bande-son apocalyptique... D'où cette agression en plein désert, filmée en plein soleil, et sans la moindre musique :
Mais l'un de mes amis avait une autre théorie, tout aussi valable, je trouve, selon laquelle Hitchcock aurait eu cette idée de génie comme une véritable inspiration, ou une sorte de "révélation", disons, la fameuse explication "logique" ne venant en réalité qu'a posteriori :
Tel que je connais le monde de la musique, je dirais que les deux hypothèses sont possibles (et en plus, pas forcément contradictoires). Il y a certes d'un côté les artistes qui composent "comme ils pissent" (Mozart, Schubert, Schumann, entre autres), au point de ne parfois même plus se souvenir de ce qu'ils avaient écrit auparavant, et de l'autre, les "laborieux", qui sans cesse sur leur métier remettent leur ouvrage (Beethoven, Bruckner, etc.)... Et alors ? La seule chose importante, c'est ce qu'il veulent donner à entendre, ou à voir - en tant qu'oeuvre achevée - vis-à-vis du public, et il n'y a que ceci qui devrait nous intéresser !
Bref ! Revenons à nos moutons avec cet autre plan ultra-symbolique de la fameuse "raison d'état", l'innocent Cary Grant et le chef même des services secrets tous deux écrasés par encore plus forts qu'eux deux :
Ainsi que cet autre plan magique, où la forêt de pins semble véritablement une métaphore de tous les obstacles qui empêchent Cary Grant et Eva Marie Saint de s'aimer librement : Encore plus fort, vers la fin du film, lorsque James Mason commence à comprendre la traîtrise de sa maîtresse Eva Marie Saint, un mouvement de caméra proprement hallucinant qui correspond exactement aux paroles (je ne sais pas comment il a pu faire ça, une sorte de grue circulaire, peut-être ?) :


Bien sûr, tout le monde connaît la sublime fin sur le Mont Rushmore par coeur ! Mais encore une fois, la façon dont sont cadrés les (tout petits) personnages face aux (très grands) présidents des États-Unis, est à elle seule une magnifique illustration de la théorie du maître citée en début de Blog, selon laquelle aucun plan ne doit être fait à la légère (théorie dont Cronenberg, inutile de le préciser, fera son "petit lait", lui chez qui le moindre plan est presque toujours "sur-signifié", et qui déteste les "inutiles" plans de transition) :
Bon. Juste pour la route, petit rappel des deux ellipses finales, tellement célèbres qu'elles doivent être enseignées dans toutes les écoles de cinéma du monde... La première, ou l'on passe sans transition de Cary Grant attrapant in extremis la main de Eva Marie Saint en grande difficulté sur le Mont Rushmore :Pour d'un seul coup se retrouver sans transition propulsée dans la même cabine de wagon-lits qui avait vu leurs premiers ébats :
Et bien évidemment la seconde, où même les gens qui ne se prénomment pas Sigmund et ne s'appellent pas Freud verront tout de suite ce dont il s'agit, lol !
Ou alors, c'est qu'il y a de grosses lacunes dans leur éducation, XD !
P.S : Rien à voir, mais grace à Lunapei, je viens tout juste de rajouter un nouveau lien dans ma colonne de droite, The Yodablog... Si vous êtes un fan de la saga STAR WARS, n'hésitez pas à y faire un petit tour, vous n'allez pas le regretter, c'est excellent !
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Sauf que "Monsieur NORMAL", au demeurant flic plutôt véreux (par désoeuvrement, on le suppose), s'avère avoir plusieurs passions assez coûteuses, à commencer par le jeu et les paris (grand match entre les Mets et les Dodgers, qui contribue à donner au film une grande partie de son rythme) :
L'alcool (et pas à petites doses !) :
Le sexe (scène tragique et "christique" à voir dans son intégralité, tellement symbolique que cette photo a longtemps servi d'affiche au film) !
Et bien sûr, non des moindres, le "Crack" (ou l'héro, ou la coke, bref, tout ce qui peut lui tomber sous la main, en résumé !) :
Pendant ce temps-là, à Vera Cruz (désolé, je n'ai pas pu m'empêcher de citer le fameux film de Les Nuls, qu'il faudrait tout de même que je commente un de ces jours)... Mille Pardons. Excusez-moi ! Pendant ce temps-là, donc, dans une église de Spanish Harlem, une pauvre religieuse se fait violer d'une façon particulièrement violente par deux petits jeunes :
Bien sûr sous l'oeil d'une madone compatissante, comme dans presque tous les films de Ferrara, lol !
En tout cas, heureusement que je n'ai pas moi-même de progéniture, car je suis presque très certain qu'il pourrait m'arriver certains jours de vivre ce genre de situation, plutôt embarrassante :
Être réveillé dans un état comateux par ses propres enfants, que peut-on imaginer de pire ? Mais bon. Finalement, Harvey Keitel (mais oui, au fait, je ne l'ai même pas encore cité, alors qu'il s'agit probablement de l'un de ses plus grands rôles) finit par ouvrir les yeux, avant tout pour vérifier la côte de ses paris, priorité Number One :
Et secundo, pour faire son "vrai" travail de flic, notamment lors de cette scène particulièrement longue et traumatisante, si souvent citée à la fois par les amateurs et les détracteurs du film (et encore, je vous fais la version courte, là) :




Juste pour dire (histoire de comparer avec, par exemple, C'est arrivé près de chez vous), je connais pas mal de gens qui ont complètement décroché du film juste après cette scène, il est vrai assez éprouvante...C'est clair que la branlette d'Harvey Keitel sur la bagnole face au deux jeunes filles, ça peut "légèrement" ébranler (sans jeu de mots), on va dire...
Mais bon. C'est du Abel Ferrara, quoi, on le sait, quand on glisse le DVD dans le lecteur, non ? Ou sinon, comme il le dit lui-même, dans son habituel langage "christique" :
Abel Ferrara : un réalisteur tout à fait atypique, parfois même un très gros glandeur je-m'en-foutiste capable de massacrer certains plans (voire même certains films, genre BODY SNATCHERS, où apparemment, ce sont ses assistants qui ont fait tout le boulot, tellement ça le gavait de tourner ce "remake"), et dans le même temps, capable tout autant de nous peaufiner de petits tableaux hollandais dignes du XVIIème siècle :LA scène "cruciale" (disons même "crucifixiale") du film, à partir de laquelle tout bascule :
J'avais chargé toutes les photos successives, mais vu que je dois bien friser les 40, là (un record sur ce Blog, je crois !), je vais pour une fois me contenter du mode texte : "J'aurais dû changer la semence amère en sperme fertile, la haine en amour... Et peut-être même sauver leur âme". Et ce n'est pas (de très loin) le plus facile à comprendre, et surtout à accepter dans ce film :
L'essence même de la rédemption, en résumé, concept plutôt complexe, qui va être magnifié puissance dix vers la fin... Mais comme je vous l'avais annoncé au tout début de cet article, ne continuez surtout pas au-delà si vous n'avez pas encore vu le film, car il s'agit d'un gros SPOILER, à partir de maintenant !!!
Et pendant ce temps-là, et même de plus en plus, ayant entendu en secret la confession de la nonne, notre "fou furieux" continue sa descente aux enfers, en toute (apparente) impunité :

Car c'est précisément à partir de ce moment que ses neurones disjonctent complètement (de même que les miens la première fois que j'ai vu ce film, ainsi que ceux de Lunapei, avec qui je l'ai encore revu ce soir !), devant son incapacité à admettre l'inadmissible, ou même, disons mieux, à comprendre l'incompréhensible, à accepter l'inacceptable :
Comment ? Sinon insulter ce "fucking" Christ et son putain de "fucking" message d'amour de "fucking cocksucker" (pardonnez-moi, j'essaye juste de me caler sur le langage habituel de Ferrara, là) !
Mais quel acteur géant, pour ne pas dire géantissime - particulièrement dans cette scène, mais d'une façon générale dans tout le film ! Quand on songe (info récemment chopée au 20h) aux 26 millions d'Euros engrangés par Dany Boon... Bon (on est branché sur Ferrara, après tout, donc rien ne peut choquer personne, n'est-ce pas ?), il y a vraiment de quoi "se la prendre et se la mordre", en résumé ! Toujours est-il que notre héros (enfin non, je m'exprime mal, là, notre "anti-héros", plutôt), éclaté par toutes ses drogues, criblé de dettes en vertu de ses paris stupides, et surtout, totalement explosé par tout ce que son cerveau complètement déjanté commence à peine à admettre, à savoir le concept absolu du "pardon", même dans les pires cas "impardonnables", va tenter lui-même sa propre rédemption en partant à la recherche des deux jeunes violeurs :
Toujours (en attendant mieux, lol !) en partageant quelques pipes de "Crack", tout en restant scotché devant le fameux match des Mets contre les Dodgers :
Ce qu'on appelle vulgairement : "reculer pour mieux sauter" !


Et le plus incompréhensible dans l'histoire, tout du moins à la première vision de ce chef-d'oeuvre (attention, je vous avais prévenu que cela allait virer au SPOILER, adoncques, ne vous plaignez pas !), c'est la façon dont Harvey Keitel tente de sauver à sa manière ces deux "fucking cocksuckers", non seulement en les balançant de force dans le car pour Philadelphie, mais en outre en leur filant tout ce qui lui reste, 30000$ en liquide, mine de rien :
Je vous laisse deviner la fin, d'une rapidité, d'une violence, et en même temps d'une logique absolues :
Juste pour l'anecdote : il y a pratiquement la même scène dans THE KING OF NEW YORK, film que je vous ai déjà recommandé en tout début de Post, mais on ne sait jamais... Au cas où vous l'auriez oublié, lol ! Deux Opus majeurs à voir de toute urgence, en résumé !!!
D'autres informations sur ce film à lire ici, au gré d'un article très intéressant de Valérie Palacios, qui vous livrera en prime nombre d'anecdotes (plutôt éprouvantes) au sujet du tournage...
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Certes, de "mixer les sons" à "brouiller les pistes", il n'y avait qu'un pas, que Lynch s'est bien sûr allégrement empressé de franchir dans la jaquette du DVD, où je serais prêt à parier que les trois quarts des soi-disants "pistes" qu'il est censé nous offrir, sont en réalité des leurres :
Sinon, peut-être, les deux premières, où de fait, avant même le générique début, ce jeu d'ombres et lumières de part et d'autre de l'écran, ainsi que la vision complètement fantasmatique de l'héroïne principale au travers de ses parents / oncles / tantes (?), laisse déjà augurer du thème central des trois derniers films du maître, la schizophrénie :
Alors certes, je pourrais tenter de vous résumer la toile globale du film (tâche quasi impossible, sauf pour le courageux auteur du site que j'ai mentionné plus haut), en commençant par le monstrueux accident fondateur - qui à lui tout seul est déjà une sorte de mise en abîme de la collusion de personnalités que suppose la schizophrénie :Mais comme tout ceci a déjà été fait bien avant et bien mieux que moi, je préfère me concentrer sur certaines scènes parallèles, telles que celle-ci :
Un exemple parmi d'autres du talent de Lynch en tant que directeur d'acteurs (et pourtant, il est réputé pour ne pas leur mettre la pression, justement) : deux simples petits rictus, et l'on sent déjà que tout le monde est mort de trouille (y compris le spectateur) !
À juste titre, du reste, outre l'importance symbolique du circuit flèché (que j'ai retrouvé très récemment dans l'ultime scène du sublime Collatéral de Michael Mann, avec les mêmes implications) :
Autre trait récurrent chez Lynch : ces personnages amorphes, infirmes ou sans visage, qui de leurs improbables appartements semblent tirer toutes les ficelles d'une façon parfaitement glaciale et énigmatique. On pense bien sûr d'emblée à Sailor et Lula, où cet aspect est très présent, mais peut-être encore plus aux fameuses "Blackroom" et "Redroom" de Twin Peaks : 
Bien évidemment, l'une des histoires (et des problématiques) principales du film, c'est que de même qu'en politique, tout le monde ne vise bien sûr qu'une seule chose, mettre son cul au meilleur endroit possible du monde :Avec toutes les compromissions que cela implique (à noter, pour la petite histoire, que l'acteur de gauche, Angelo Badalamenti - le musicien attitré de Lynch depuis les tous débuts - était paraît-il "excité comme une puce" à la simple idée de jouer un "vrai" rôle dans l'un de ses films, XD !) :
"This is the girl" !
Mais quelle clef faut-il posséder pour, justement, être "THE girl" ???
Là, je suis gentil avec vous (je trouve)... Car l'une de ces clefs, c'est justement : "Je ne sais pas qui je suis" (et pour cause)...Petit interlude (de même que dans Twin Peaks ou Sailor et Lula) : Lynch sait tout de même nous détendre cinq minutes avec certaines scènes à pisser de rire, comme celle où le réalisateur surprend sa femme avec le nettoyeur de piscine, et ne trouve rien de mieux pour se venger qu'à barbouiller tous ses bijoux en rose, géantissime !!!
Mais bien sûr (on connaît le Monsieur, lol !), c'est reculer pour mieux sauter, avec cette scène nocturne dans le "Coral" à vous glacer les sangs, malgré les apparences :

NO WAY OUT : "This is THE girl" !Et je ne suis pas le seul à le dire :
"This is THE girl" ! ... Ou bien "This was THE girl", ou "This will be THE girl" !... Allez savoir ?
Mine de rien, il s'agit de l'une des scènes clefs du film : lorsque la brune adopte la perruque de la blonde, dans une sorte d'acte mi-homosexuel mi-narcissique totalement fantasmatique, mais très lourd de sens... Et là, je dois bien avouer à ma grande honte que c'est le moment pile et précis où j'ai complètement "décroché" à la toute première vision du film, lancé bien malgré moi sur une optique somme toute très discursive et même - disons-le - partiellement Hollywoodienne, qui au bout d'une petite heure bifurque d'un seul coup sur un truc totalement "barré (il faut bien dire les choses comme elles sont) ! Ce n'était pourtant pas faute, de la part de Lynch, d'avoir mis les points sur les "I" à ce moment précis :
Et voilà... C'était l'une des clefs. Si maintenant vous n'avez pas encore vu le film, et désirez vous garder intact tout le mystère de la chose, arrêtez-vous tout de suite de me lire, car tout ce qui va suivre va être un gros Spoiler (conseil d'ami) !Il n'y a pas d'histoire, et pourtant, on en comprend une...
Il n'y a pas d'auteur, et pourtant, il y en a un...
Il n'y a pas d'actrice, et pourtant, il y en a une...
Etc, etc... Notamment lors de cette séquence de champs/contrechamps particulièrement éprouvante, où grâce à la seule magie du cinéma, l'on se rend compte que cette pauvre fille totalement perdue, tant sa quête de gloire hollywoodienne est immense, ne fait finalement que se parler à elle-même, dans un désespoir absolument sans borne (sublime et très émouvante Naomi Watts) :


Sans même parler de cette scène encore plus hallucinante (attention, le contrôle parental n'est pas activé sur ce Blog, adoncques, prenez vos responsabilités) : celle où Naomi Watts se fantasme en train de faire l'amour avec son "double" :Et qui s'avère en réalité être une scène de "branlette" particulièrement douloureuse et traumatisante (une fois de plus, à ne pas mettre devant tous les yeux !) :
Durant laquelle se révèlent d'un seul coup (et sans doute, pour Lynch, d'une façon assez cathartique) une bonne part part des énigmes du film :
- Qui est qui ?
- Qui est vivant, qui est mort ?
- Qui préfère le suicide à une vie de merde, et surtout à une vie sans gloire ?


"Très souvent, au cours de notre existence, nous voyons nos rêves déçus et nos désirs frustrés, mais il faut continuer à rêver, sinon notre âme meurt" (Paolo Coelho). Mais là, il faut bien admettre que c'est tout de même très mal barré pour cette pauvre petite, quoi...Bref ! Un chef-d'oeuvre, certes, mais un chef-d'oeuvre très ardu, du moins à la première vision... Mais après tout, ce n'est pas un scoop, il en va exactement de même avec l'Ulysse de Joyce, les Diabelli de Beethoven, ou l'Art de la Fugue de Jean Sébastien Bach... Des créations "monstrueuses" qui défient presque toute intelligence "terrestre", et qui sont tellement vastes qu'elles peuvent largement suffire à nourrir notre esprit non seulement toute une vie, mais même une seconde ou une troisième (à supposer que nous en ayons une)...
Comme je pense l'avoir déjà dit en ces pages, s'il y a (un seul) avantage au vieillissement, je crois que c'est celui-ci, l'unique : pouvoir, à force de pratique et d'expérience, pouvoir pénétrer - je ne dirais pas "de plus en plus facilement", mais disons "de moins en moins difficilement" - des énigmes telles que celles-ci...
Et petit P.S pour la route : J'ai beau être persévérant, j'ai encore "du pain sur la planche", comme on le dit, car pour l'instant, je n'ai vu qu'une seule fois Inland Empire (le dernier de ce même David Lynch), et pour dire les choses franchement : je n'ai toujours ABSOLUMENT rien compris... Et quand je dis rien, c'est vraiment "rien de chez rien", quoi !
Mais bon. je ne l'ai vu qu'une seule fois (qui m'a découragé), mais il faut absolument que je réessaye, quoi (3h, tout de même)...
Je vous tiendrai au courant...
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Il est en outre important de préciser que ce petit film, réalisé avec du matériel professionnel de l'ESEC, est revendiqué par ses auteurs (huit !) comme une oeuvre collective, chacun ayant participé au scénario et au découpage, de la scripte au preneur de son. En parlant de son, il est d'ailleurs à noter que la bande originale de Camille Galinier s'avère tout à fait intéressante, très variée, et s'accordant fort bien aux multiples atmosphères suggérées par ce court-métrage naviguant entre réalité et fantasme, un peu à la façon du fabuleux Harry dans tous ses États de Woody Allen (c'est du moins mon avis, et je le partage) !
Dans un genre complètement différent, mais tout aussi poétique, les nombreux courts de Zoun, 34 ans et habitant de Biarritz, qui lui fait ça par contre en total "amateur" (dans le vrai sens du terme, "celui qui aime"), avec une petite bande d'amis et un matériel bien moins haut de gamme, ce qui n'empêche pas de superbes réussites, telles que celle-ci, qui a ma préférence (mais il y en a bien d'autres sur le site en question), Sola :
Bien que non officiellement primé au festival Fifava, Zoun y a obtenu - ce qui est bien plus important - un accueil très favorable de la part du public, et surtout de la critique, comme vous pourrez le lire sur l'article Fifava, publié sur son autre site, Zoun, le Blog !
Je vois en tout ceci beaucoup d'énergie, de talent, et surtout (chose bien plus rare) de poésie : comme quoi, il n'y a aucune raison de désespérer de l'avenir !
Après la pluie, le beau temps, n'est-ce pas ?
P.S : Bien qu'il y ait d'une façon générale assez peu de commentaires sur ce Blog, pour une fois, mouillez la chemise, allez au charbon, et encouragez-les !!! Je suis sûr qu'ils apprécieront...
Libellés : Jeunes Auteurs, Zoun

Plus kitsch que ça, tu meurs ! À voir absolument en V.O, bien sûr :Dernier clin d'oeil avant d'attaquer : le logo de la propre boîte du réalisateur (comme quoi tous les mexicains ne sont pas forcément des bigots superstitieux, lol !) :
Et voilà, le film peut enfin démarrer (d'une manière tout aussi chaude que celui de Tarantino, d'ailleurs, ce qui faisait également parti des codes du "Grindhouse") :
Et, très vite, d'une façon bien plus "gore" :

Pour tout vous dire, je ne considère pas du tout ce film comme un chef-d'oeuvre, loin de là, même (contrairement à beaucoup de gens, je préfère nettement celui de Tarentino)... Mais ce qui le sauve, c'est l'humour, sa volonté de parodier en "bigger than life" les archéypes les plus connus du genre, comme La Nuit des Morts-Vivants ou L'Invasion des Profanateurs de Sépulture, et de ce point de vue là, cela fonctionne parfaitement :
Pour tant est que l'on soit un peu familier desdits codes parodiés, faute de quoi, tout le sel de la chose disparaît bien sûr au profit d'un film pratiquement sans thème, sans histoire et sans scénario (à noter qu'il y a eu en musique des cas similaires, comme lorsque Stravinsky ou Prokovief s'amusaient à pervertir les auteurs baroques ou classiques !). En résumé : suite à la fuite d'un gaz neurotoxique, toute une partie de la population se retrouve peu à peu transformée en affreux zombis, qui bien sûr n'ont plus qu'une seule idée en tête, contaminer les rares rescapés :
Comme vous le voyez, il est difficile de faire plus simple (encore qu'il y ait aussi des chefs-d'oeuvre qui tiennent en deux lignes, comme Duel ou Alien). Quelques références à Boulevard de la Mort au passage : tout d'abord, l'usage de certaines bécanes qui, elles aussi, sont "bigger than life" !
Mais surtout le recours à la même actrice Rose McGowan (Pam, dans le film de Tarentino), et qui incarne ici le rôle vedette de la tueuse à la jambe-mitraillette, tellement kitsch en lui-même que l'on se demande comment des gens ont bien pu prendre ce film au premier - voire même au second - degré, tellement c'est énorme :

Le "pitch" ayant été résumé en deux lignes, profitons-en pour dire quelques mots de certains des acteurs... Michael Parks, qui de façon assez amusante joue toujours sous le nom de Earl McGraw, qu'il s'agisse de Boulevard de la Mort ou des deux Kill Bill, où il incarne d'ailleurs le même rôle de shérif :Michael Biehn, que l'on n'avait pas revu dans une grande production depuis bien longtemps, et qui, le pauvre, se retrouve encore une fois en train de sauver le monde, après ses rôles fétiches dans Terminator et Aliens :
Un autre acteur très célèbre, que vous aurez sans doute un peu de mal à reconnaître (je jurerais presque qu'il s'agit d'une citation de Dune, de David Lynch) :
Ouf, ça va mieux, là, lol !
Certes, il n'occupe qu'une toute petite place (quoiqu'importante) dans le film, mais au moins, on est bien content d'apprendre qu'il a descendu l'ennemi public N°1, et par hasard, en plus, MDR !
Et bien sûr, une fugitive apparition de Tarentino, sympathique Warren dans Boulevard de la Mort, ici juste crédité comme "violeur #1" :
Enfin bref, comme déjà dit, ce qui sauve vraiment le film, c'est son humour au troisième degré, comme par exemple l'apparition totalement incongrue de sous-titres en allemand de façon fugitive :
Cette mise en garde à pisser de rire du patron du BAR B Q, alors que les spectateurs ont déja croûlé sous douze tonnes d'hémoglobine :
Ainsi que lors de l'unique scène romantique du film, au moment précis où celle-ci commence à dégénérer en scène bien torride :
Et zut ! Bobine manquante, lol !
La course poursuite en mini-moto vaut aussi son pesant d'or (citation évidente de Vanishing Point, bien sûr :
De même que le moment où mourant, le patron du fameux bar B Q consent enfin à dévoiler à son frère la fameuse recette de sa sauce barbecue :Bon. Je m'arrête là, sinon, on va encore m'accuser de faire un énorme Spoiler !
En tout cas, la fin, que j'avais trouvée d'un ridicule achevé la première fois (pour ceux qui connaissent, du niveau de celle de Battle Royale II, c'est pour dire !), m'a bien régalée lors d'une petite relecture :
Pour être tout à fait sincère, j'avais eu exactement le même problème avec Boulevard de la Mort, mais je crois que c'est uniquement lié au fait que quelque part, notre esprit et nos yeux, conditionnés par des milliers de productions "standards", ont tendance à avoir un seul type d'approche - très formatée - lors de la découverte d'un nouveau film.Mais lorsque l'on a compris cela, et que l'on se prend à jouer, de connivence avec les auteurs, à l'exercice de style (je ne vais pas vous rappeler le livre éponyme de raymond Queneau, tout aussi déroutant de prime abord), et bien en résumé : c'est une vraie régalade !
P.S 1 : Malgré les faux "scratchs" et autre défauts simulés de pellicule (encore plus nombreux que dans le film de Tarentino), il est à noter que l'intégralité du film a été entièrement tournée en numérique, ce qui a apparemment laissé aux acteurs et au réalisateur une grande liberté d'expression - puisque non limités par le prix exorbitant du 35mm, comme bien sûr nous le savons (presque) tous, depuis que chacun possède désormais son petit appareil photo du même style !
P.S 2 : Le concept "Grindhouse" étant quasiment inconnu en Europe, les frères Weinstein - les producteurs attitrés de Rodriguez et de Tarentino - ont finalement décidés de s'adapter à nos usages pour sortir les deux films séparément, ce qui nous a hélas privés de quelques fausses bandes annonces savoureuses situées entre les deux films, ainsi que d'autres non moins sympathiques, publiées suite à un petit concours lancé sur Internet. Mais heureusement, je suis là... Et vous pourrez voir tous ces petits bonus ici-même !
Merci qui ?
Libellés : Gore, Horreur, Inclassable, Rodriguez
Ce n'est donc pas là qu'il faut chercher l'originalité du film, mais plutôt dans l'hommage vibrant rendu tout à la fois aux films Gindhouse) des années 70 (deux films projetés dans la même soirée, entrecoupés de bandes annonces), aux road-movies mythiques tels que ceux chroniqués dans les pages suivantes (Easy Rider & Vanishing Point), et bien sûr au cinéma "gore" (ce qui pourra certes en agacer certains, qui n'y verront qu'un avatar de plus de la saga "Tarantino nous refait une fois de plus du Tarantino", en déballant sa culture cinématographique à tout va !). Le choix crucial de l'acteur principal - enfin que dis-je, quasiment de l'unique acteur ! - n'est d'ailleurs sûrement pas innocent, car même s'il n'a jamais vraiment cessé de tourner, Kurt Russel ("Stuntman Mike", alias ICY-HOT, "froid-chaud", quasiment le résumé abyssal du film tout entier !) reste malgré tout emblématique des années 80, notamment avec New York 1997 et The Thing de John Carpenter, autre réalisateur cultissime de la série B :
Présenté au départ comme le parfait looser, ringard, lourdingue, vieux, assez peu délicat dans sa façon de manger (on va dire !), mais somme toute relativement inoffensif, et même, plutôt serviable à priori, notre cascadeur ("stuntman") à la dérive se révèle en réalité bientôt un dangereux psychopathe, au volant de son mythique Muscle Car Chevrolet 1970 SS : Et ce n'est pas qu'une simple voiture de cascadeur, juste renforcée et conçue pour flirter avec la mort :
Sinon que, comme le précisera - un peu tard - Kurt Russel à sa belle passagère (la première clone d'Uma Thurman, qui trouvera bien sûr son pendant dans la seconde partie), cette mention ne vaut que pour le siège du pilote (et c'est parti pour la séquence la plus gore de tout le film, accrochez-vous !), d'autant plus inattendue que l'espèce de canard qui trône sur la calandre a l'air plutôt sympathique:
Et allons donc, "En voiture Simone !" pour le carton du siècle (N.B : Ne jamais rouler avec les pieds à l'air à la fenêtre, ça peut faire très très mal !) :


Résultats des courses : quatre victimes, et un Kurt Russel à l'hôpital pour plusieurs mois, à tel point que rien ne permettra à la justice de l'inculper, pas même les soupçons du shériff Earl Mc Graw (Michael Parks) et de son "fils N°1" - mais oui, les mêmes que dans Kill Bill ! :Ce n'est d'ailleurs là que l'un des très nombreux clins d'oeils du film (voir plus loin), avec entre autres cette apparition de Tarantino qui fait penser à celle de Reservoir Dogs :
Film dont l'une des autres particularités - en plus de brasser les genres - consiste à brouiller les références temporelles d'une façon assez surprenante, puisque toute la première partie, bien qu'artificiellement "scratchée" et marquée par des sautes de son et de pellicule, à la façon de ce que l'on pouvait voir dans les années 70, n'en présente pas moins les gadgets technologiques les plus récents, par contraste avec la seconde partie, elle, impeccablement léchée (je me souviens avoir éprouvé une sentation un peu comparable à la vision de Seven de D.Fincher, où l'on a beaucoup de mal à situer l'époque réelle du film) :
Quatre nouvelles protagonistes, donc, lors de ce second volet quasi symétrique, mais pas tout à fait de la même trempe que les quatre premières, puisque parmi elles figurent deux cascadeuses, et notamment Zoé Bell, dont c'est en plus le véritable métier (c'est elle qui doublait Uma Thurman pour les scènes d'action de Kill Bill), et qui fait ici ses premiers pas d'actrice, très convaincants, d'ailleurs :
Avec, de nouveau, une référence au célèbre Vanishing Point (car quelque part, plus le film apparaît moderne dans sa texture et sa réalisation, plus il prend un malin plaisir à citer soit l'histoire du cinéma, soit l'histoire du cinéma de Tarantino tout court) :

C'est d'ailleurs au volant de la fameuse Dodge Challenger blanche de Vanishing Point que les deux allumées décident de se faire ce qu'elles appelent "la bôme" :Juste avant de se faire rattraper par le grand malade en question, mais qui cette fois-ci va salement regretter d'être venu :
Lors de ce qui se révèle presque une joute moyenâgeuse, tel un tournoi à sens unique :
Comme le déclare dans un interview l'une des actrices (Mary Elizabeth Winstead) : "Les protagonistes sont attachantes (...) et les dialogues sonnent juste. Tarantino n'a pas cherché à écrire des dialogues "de filles". C'est comme ça que les filles s'expriment dans la vie. Elles sont aussi grossières que les mecs. Je trouve qu'il a vraiment saisi cette dimension, ce qui est formidable !" (et ça, pour m'être trouvé au moins une fois au restaurant derrière une table de cinq ou six nanas, masquées par une haie de plantes et se croyant donc seules au monde, je peux vous garantir que c'est vrai de chez vrai, lol !) :
Et voilà, c'est la curée, comme disent les chasseurs (ou encore, l'hallali, lol !) :Citation évidente de Kill Bill 2, bien sûr :
Lors de ce qui s'avère être probablement l'une des plus violentes bastons "de filles" jamais vue à l'écran :

The end ? Hummm... Non. Pas tout à fait, finalement ! Manquait encore le dernier petit plan qui tue, de la part de ce grand fétichiste qu'est Tarantino (arghh, les Santiags... Indémodables, finalement !) :
Bon. Ce mec est barge (Tarantino, veux-je dire), mais au final, ça fait tout de même du sacré bon cinéma, joussif, récréatif, toujours étonnant (il est d'ailleurs à noter qu'aucun effet numérique n'a été utilisé pour les cascades démentielles de la fin, et que tout a été fait "à l'ancienne" !), et bien sûr bourré de petites citations à l'intention des amateurs du maître, petit florilège :Référence à la fameuse scène de Pulp Fiction dans laquelle Uma Thurman, explosée de coke et d'alcool, se lance dans une danse complètement déjantée, juste avant de collapser total :
Plus difficile (pour amateurs only !) :
Mais oui : c'était bien sûr la mythique scène d'ouverture de ce même Pulp Fiction (qui elle-même citait déjà le très excellent En Quatrième Vitesse de Robert Aldrich) :
Sans parler, comme déjà dit, du fameux shériff Earl et de son "fils N°1" (Kill Bill) :
Ou encore, des couleurs de la voiture des filles, bien sûr celles du costume d'Uma dans ce même film :
C'est d'ailleurs là l'occasion de remarquer que Tarantino se cache de moins en moins de son fétichisme congénital du pied féminin (ce dont bien sûr, en tant que Webmaster du site Sneakers & Buffalos, je ne saurais bien évidemment me plaindre !). Kill Bill avait certes déjà situé la barre assez haut, entre les pieds assez étranges d'Uma Thurman et le Sponsoring des Asics Onitsuka :

Mais bon. Là, ça attaque très fort dès le générique (allusion, également, aux pieds extrêmement manucurés de Bridget Fonda dans Jackie Brown) :
Pour poursuivre avec l'hallucinante "lapdance" :Et conclure enfin avec cette scène on ne peut plus explicite de la seconde partie (arghh, que va nous faire Quentin dans son prochain film, là, on n'ose même pas l'imaginer, mais ça va certainement être encore être plus osé et plus cool, lol !) :
Petite anecdote pour la route (histoire de terminer en beauté, mais sans le moindre intérêt) : depuis plusieurs semaines déjà, j'avais chargé sur mon portable la musique de Bernard Hermann pour me prévenir de l'arrivée d'un msg (pour mémoire, c'est le sifflement - Twisted Nerves - de l'infirmière Daryl Hannah dans l'hôpital de Kill Bill, que tout le monde connaît par coeur !). Et lors, je regarde le film une première fois, j'entends ce signal, je regarde mon téléphone, et tiens : bizarre, aucun message ?! Une seconde fois, et pouf : même gag ! Pour enfin m'apercevoir que c'était tout bêtement dans le film, lorsque l'une des protagonistes reçoit justement un message, elle aussi :
Pourquoi aimerais-je bêtement conclure en disant que ce film représente un exact antidote à Ocean's Eleven (sans aucun rapport) ? Et bien tout simplement parce qu'au lieu d'avoir Julia Roberts entourée d'acteurs qui font baver toutes les filles, nous avons juste là Kurt Russel entouré de huit nanas toutes aussi canons de chez canon, quoi...
Et ça... C'est cool, quoi (lol) !!!
P.S (et petit scoop !) : Selon toute vraisemblance, Kill Bill 3 et Kill Bill 4 seraient déjà en préproduction pour 2009. Autant dire qu'on s'en lèche les babines d'avance !
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