L'INDEX DE TOUS LES FILMS COMMENTÉS :
  • C'EST ICI !!!
  • C'EST LÀ !!!
  • C'EST ICI & LÀ !!!

  • vendredi, septembre 02, 2016

    FULL METAL JACKET (KUBRICK)

    Un pur chef-d'œuvre, évidemment...
    Nous ne sommes pas chez n'importe qui, mais chez Stanley Kubrick (autrement dit, vu de mon humble point de vue, le Johann Sebastian Bach du cinéma) !
    Comme très souvent chez ce réalisateur très inventif, cet avant-dernier film innove complètement par rapport à ses deux précédents, Barry Lindon & Shining, tous les deux déjà célèbres à juste titre...
    1) Définitivement, Stanley Kubrick, après s'être assez longtemps consacré au format 16/9 dans la plupart de ses films précédents, revient de nouveau à l'ancien format 4/3, qu'il utilisera également pour son ultime Eyes Wide Shut...
    2) Grand amoureux de la musique classique, cet ultime film fut basé sur la très étonnante "forme rétrograde" due à Alban Berg (ABCDE...EDCBA), alors que cet avant-dernier rappelle de façon irrésistible la fameuse Symphonie Inachevée de Franz Schubert, divisée en deux parties complètement différentes, mais environ de la même durée d'environ 40 minutes chacunes !
    3) Troisième phénomène étonnant de sa part concernant cette dite musique classique : il n'en utilise absolument aucune dans ce film, contrairement à pratiquement tous les autres ! D'une façon très frappante, il se base dans la seconde partie sur un thème très étonnant dû à sa propre fille Vivian Kubrick (dont je reparlerai le moment venu), mais se consacre tout le reste du temps aux Rock'n Roll des années soixante, qui devaient du reste être les morceaux favoris des soldats du Vietnam...
    Ceci dit, il reste comme toujours absolument "d'abord" basé sur la musique, et "ensuite" seulement sur la coïncidence exacte des images, comme le montre parfaitement le générique du tout début, où le moindre plan consacré à chaque acteur (et donc à chaque soldat destiné à intégrer le camp d'entrainement des Marines) change exactement à chaque premier temps du morceau de Rock'n Roll (à 4/4), hallucinant :
    Super gai d'emblée, n'est-ce pas ? En tout cas, beaucoup plus gai que lorsque ces futurs soldats vont se trouver formés et éduqués par le monstrueux Sergent Hartmann, interprété par R. Lee Ermey, un acteur assez peu connu, mais qui fut autrefois un authentique sergent de ce même niveau, qui avait du reste offert à Kubrick un ouvrage de plusieurs centaines de pages consacré à toutes les injures possibles concernant ces "minables débutants" !
    En soi, déjà comme une sorte de guerre très "hénaurme", dans laquelle va hélas s'engager le pauvre Leonard Lawrence, incarné par l'acteur Vincent d'Onofrio, souvent peu reconnaissable dans certains de ses films, notamment Men In Black (où il joue le rôle de l'énorme cafard !), mais également dans celui-ci, où il fut contraint de s'engraisser de 30 kilos !!!
    Première partie du film déjà extrêmement difficile à "digérer", vu son agressivité permanente sur un thème du style : "Bon, nous sommes tous des gros mâles, nous ne sommes pas des abrutis de pédés, alors préparez-vous à buter ces putains de grosses taches d'enculés de leur race à la con de merde !" (attention, je n'invente absolument rien, là, niveau langage utilisé au tout début du film) :

    Malheureusement, tout se passe de plus en plus mal pour Leonard Lawrence (la "grosse baleine"), malgré l'aide très sympathique de son collègue James Joker (Matthew Modine) :
    Banale scène dans les toilettes, où James Joker et son copain Animal Mother (Adam Baldwin) vont commencer à se poser de très inquiétantes questions au sujet de la "grosse baleine" :
    Mais aussi banale scène des toilettes où Vincent d'Onofrio, malgré sa toute récente compétence en matière de fusils, va de plus en plus se révéler "déjanté" à 200 % :
    Et dialoguer d'une façon extrêmement violente et agressive avec son pourtant ami James Joker (au passage en citant en V.O la traduction réelle du titre de ce film, une forme de munition très meurtrière, "en plomb enrobé de cuivre") :
    Alors que dire, sinon la même chose que le Sergent Hartmann ?
    Attention, plus que quatre images à regarder tranquillement, suite à quoi - comme souvent - cet article va se révéler un très gros Spoiler (mais bon, vu que ce film date de 1987 et s'est déjà avéré très regardé par tout le monde, peu importe, je crois)...
    L'une des scènes les plus "scotchantes" de ce film, non tant grâce au meurtre du Sergent Hartmann par "grosse baleine", auquel l'on s'attend quasiment forcément :
    Mais surtout en vertu de cette scène hallucinante, où l'on voit "grosse baleine" s'asseoir de nouveau sur ses toilettes avec son arme favorite :
    Durant laquelle l'on n'imagine même pas l'espace d'une seule seconde que son propre suicide ne va - justement - durer pratiquement "qu'une seule seconde" !!!
    Du coup, sans la moindre transition (comme entre les deux mouvements d'une Symphonie classique), rendez-vous direct et instantané au Vietnam, avec une ambiance d'un seul coup complètement différente, d'une part avec le défilé des prostituées locales :
    Et d'autre part la vie de nouveau relativement tranquille de James Joker (Matthew Modine), lequel a préféré choisir le poste de photographe de presse militaire plutôt que la 3ème d'infanterie, comme hélas le très regretté "grosse baleine" :
    Sauf que de même que dans la première section du film, sa destinée va petit à petit progressivement se dégrader, tout d'abord avec un carnage totalement inattendu à l'occasion de la fête du Têt (Nouvel An Vietnamien) :
    Suite à quoi il va se trouver relativement obligé de laisser provisoirement tomber sa mission de "reporter" pour se joindre à d'autres militaires, à l'occasion d'une embuscade particulièrement éprouvante dans le milieu industriel dévasté du centre ville :
    Très exactement à cet endroit précis : maniaquerie typique de Stanley Kubrick ? Je dirais plutôt sa maîtrise formelle absolue, comme s'il était un compositeur digne de Bach, Mozart ou Beethoven, lol ! Meilleure preuve avec cette fameuse scène très exactement calquée sur le générique initial (dont j'ai publié les quatre premiers plans tout au début), faisant de la même façon se succéder tous les militaires avec le même cadrage, la même très courte durée, et en prime l'opinion personnelle de chacun :
    Alors à partir de là, attention... Sursum Corda, autrement dit : "haut les cœurs" !
    Car quelques-uns de ces pauvres soldats vont se faire descendre d'emblée par une mystérieuse personne, cachée dans un endroit très difficile à identifier :
    Un carnage absolument monstrueux avec de très particulières couleurs, dont je reparlerai à la fin de cet article (car également vu de cette façon, Stanley Kubrick est un véritable "fou furieux", si l'on peut dire - d'un point de vue absolument admiratif, bien sûr !) :
    Scène quasi-finale où les quelques soldats encore vivants vont enfin parvenir à rentrer dans l'immeuble abandonné, et du coup dégommer sans la moindre honte la seule et unique responsable de cette aveugle et infâme tuerie - ce que vous pourrez voir dans ce magnifique extrait (que j'ai mis très longtemps à trouver, vu qu'il n'apparaissait qu'en page 12 de YouTube, d'une façon plutôt étonnante) !
    À noter que la musique absolument hallucinante, que l'on entend uniquement à cette occasion, est due à Vivian Kubrick, sa propre fille (âgée de seulement 24 ans à l'époque), et basée très étrangement sur les vraies harmoniques "réelles" - autrement dit, pour les connaisseurs, avec la quarte fausse d'un quart de ton, ce qui rend très exactement l'ambiance particulièrement glauque de cette scène, bravo à elle !
    Première fin du film : six plans absolument fabuleux... Qui pourraient presque tous être des tableaux (comme dans le précédent Barry Lindon), avec la fameuse obsession de Stanley Kubrick soit sur des cadrages purement centraux, soit, comme Leonardo Da Vinci, sur le très fameux nombre d'or :
    Et seconde fin (autrement dit générique) : une fin basée sur les paroles trop étranges, en ces circonstances, d'un morceau fort connu d'un très célèbre dessin animé...
    Ce qui du coup rappelle très bizarrement son ultime film en N&B, Docteur Folamour (1963), basé sur les mêmes thèmes, et qui se conclut lui aussi avec une chanson d'une fabuleuse gaieté, We'll Meet Again, face à 712 explosions (réellement filmées) des bombes nucléaires :
    Alors bon, juste trois petits points pour terminer cet "hénaurme" article (encore plus que le précédent au sujet du Salon de Musique, sorry) !
    1)
    Primo, je suis pour une fois plutôt "fier" de moi... Non seulement grâce au nombre de mes photos (une cinquantaine), grâce aussi à mon analyse, que j'estime plutôt "musicale" (mais trop "facile" de mon côté, quelque part, vu que Stanley Kubrick lui-même se base toujours sur ces thèmes en priorité, lol !), mais surtout face à ma maîtrise progressive de Blogger, qui en vertu de ces images en 4/3 au lieu du 16/9 habituel, m'a contraint de passer beaucoup plus de temps sur HTML que d'habitude, snif...
    2) Secondo, j'ai beau n'être pas trop mauvais dans ce domaine, inutile que j'essaye de me comparer, même de très loin, avec le fameux réalisateur Stanley Kubrick... Même si je ne me débrouille pas trop mal au piano, en général, jamais de ma vie je ne serais capable de réaliser un tel chef-d'œuvre aussi hallucinant, quasiment digne du plus grand compositeur du monde, Johann Sebastian Bach (notamment du fait que même si ceci déroute la toute première fois qu'on le voit/qu'on l'entend, l'on peut passer toute sa vie à le regarder/l'écouter 50 fois, 500 fois ou 5000 fois, et ceci devient de plus en plus géantissime) !
    3) Terzo : une ultime chose chose dont j'avais prévu de parler, la pure "folie" de Stanley Kubrick concernant le choix des couleurs (très visible non seulement dans Barry Lindon, mais encore plus dans son ultime Eyes Wide Shut (dont hélas je n'ai pas encore vraiment parlé)... Alors si vous avez la patience de (re)regarder toutes les photos que j'ai sélectionnées, disons qu'en gros :
    a) De la N°1 à la N°15, tout est en vert et en marron...
    b) De la N°16 à la N°26, d'un seul coup en bleu de nuit...
    c) De la N°27 à la N°37, en alternance sur ces deux graphismes, tout en faisant d'ores et déjà prévoir la suite :
    d) De la N°38 à la N°52, uniquement basées sur les couleurs du feu, jaune, rouge & orange, en résumé...
    Bref, un film d'une pure et absolue perfection !
    J'ai beau me le revoir depuis au moins une vingtaine de fois, je commence déjà à me dire exactement la même chose que concernant Die Kunst der Fuge de J.S.Bach : si j'attends 5, 10 ou 20 ans, est-ce que ce film ne va pas encore se révéler de plus en plus génial ???
    Si vous ne l'avez par miracle encore jamais vu (rarissime) : regardez-le...
    Absolument, et de toute urgence !!!

















    Libellés : , , , , ,