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  • lundi, juillet 03, 2006

    SAW (WAN)

    Non, rien à voir avec Swann !
    Après Tim Burton, et (comme annoncé) dans un tout autre genre, l’arrivée d’un nouveau petit génie du cinéma indépendant, James Wan (né en 1977), qui avec son premier film SAW fait la preuve d’une maîtrise et d’une inventivité époustouflantes, puisque ce huis clos oppressant a été tourné en seulement dix-huit jours (j’hallucine, là !).
    Dans la digne lignée de premiers films célèbres tels que ERASER HEAD (David Lynch), PI (Daren Aranofsky) ou CUBE (Vincenzo Natali), le huis clos semble d’ailleurs être l’une des formes de prédilection des réalisateurs faisant leurs premiers pas dans le long métrage, bien sûr pour des raisons budgétaires évidentes, mais aussi probablement parce que cette forme resserrée et épurée permet de travailler le style en profondeur et sans effets inutiles (un peu comme le quatuor à cordes en musique, finalement).

    Postulat initial proche de celui de CUBE (les deux films d’ailleurs primés au festival de Gérardmer, et connaissant un succès populaire totalement inespéré au départ par les distributeurs) : deux hommes se réveillent dans une salle de bain, enchaînés chacun par le pied aux deux murs opposés de la pièce.
    Lemme (j’adore ce mot, d’une part parce que je crois ne l’avoir jamais lu ailleurs que chez Spinoza, d’autre part car il va obliger des tas de paresseux à sortir leurs dictionnaires, et ça, ça me plaît, lol !) : l’un des deux dispose de six heures pour tuer l’autre, Adam (N.B : Leigh Whannell, le co-scénariste du film), faute de quoi sa femme et sa fille seront exécutées.


    Sympa, non ? Car le "tueur", surnommé le "tueur au puzzle", n’en est techniquement pas un, selon les mots mêmes de l’un des personnages, puisqu’il ne se borne finalement qu’à placer des personnes soigneusement choisies dans des situations intenables, dont on peut se faire une petite idée avec les deux extraits suivants :


    Quelques "come-back" inattendus : celui de l’excellent Danny Glover, qui je crois n’avait plus tourné depuis sa dernière ARME FATALE, et encore plus surprenant, celui du masque du tueur, emprunté à un film déjà ancien de l’un des rois du "gothique" italien, j’ai nommé Dario Argento (LES FRISSONS DE L’ANGOISSE, 1975).


    Un film puissant sur la manipulation, le voyeurisme et la perversité de l’être humain… Certes, film d’horreur à n’en point douter, mais dans lequel le "thrill" (provoquer des frissons), contrairement à tant d’autres récents (THE RING, THE GRUDGE) s’avère moins une fin en soi que la conséquence de la démonstration presque philosophique d’une réalité humaine intangible, dans la digne lignée de films cultissimes comme LA MOUCHE ou ALIEN (celui de Ridley Scott, bien entendu). La fin du film, parfaitement imprévisible, mais d’une logique imparable, vous laissera totalement sans voix, ça, je peux vous le garantir… (mais ne vous précipitez pas sur les suites, car j’ai ouï dire que les "sequels" SAW2 & SAW3, d’un autre réalisateur, étaient en l’occurrence de la pure daube, tout comme le CUBE2, d’ailleurs) !


    Attention, Warning, Achtung, Kiotsukete : à moins de vouloir en faire des névrosés à vie, ne laissez jamais traîner ce DVD dans la maison à portée de vos enfants ! Le film était d’ailleurs interdit – à juste titre - aux moins de seize ans (ce qui est devenu très rare). Pour situer, disons qu’il faut au moins être capable d’encaisser de l’horreur visuelle à hauteur de SEVEN, et de l’horreur psychologique (pire !) au niveau de DOGVILLE – ce qui place tout de même la barre assez haut, mdr !
    Vous pourrez d’ailleurs vous en faire une petite idée en regardant la bande annonce sur Allociné (
    SAW) ou tout autre site similaire, presque plus terrifiante que le film lui-même, par la place que le peu de "donné à voir" laisse à votre imagination.

    Dernière petite digression, autour du titre, triplement significatif : SAW, le passé du verbe "voir" (allusion au voyeurisme du principal protagoniste du film), (JIG)SAW, le "puzzle", surnom du tueur, mais aussi parfaite métaphore du puzzle scénaristique auxquels les spectateurs sont confrontés, et pour finir, SAW, la "scie", instrument providentiel et indispensable, sinon que, comme se le demande l’un des deux enchaînés : "Est-ce qu’il veut que l’on scie nos chaînes… ou veut-il que l’on scie nos pieds ?"...

    Incidemment, c’est du reste l’occasion de remarquer ce qui distingue les vrais "génies" créatifs des simples tâcherons, tout comme en musique : l’économie de moyen d’une part, l’ultra pouvoir signifiant de chaque cellule, le sens de la variation (les trois phénomènes étant presque, comme la Sainte Trinité, "un et indivisibles"). Pour preuve la petite variation sémantique suscitée sur SAW, mais aussi sa déclinaison visuelle :

    Ce dernier plan (l’un des tout premiers du film, en fait, lorsque Adam, s’éveillant de sa torpeur, demande à l’autre d’allumer la lumière) ne PEUT tout simplement pas avoir été tourné par hasard, tellement c’est brillant : le premier néon, abîmé, sur lequel Adam lève les yeux, se trouve justement affecter la forme d’une scie !

    Bref ! À la suite de Daren Aranofsky et Vincenzo Natali (dont les seconds films REQUIEM FOR A DREAM et CYPHER n’ont absolument pas déçu), un nouveau petit génie à suivre de très près : Monsieur James Wan, de Malaisie (SAW en DVD : moins de 10 Euros sur
    Cinéstore) !

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    2 Comments:

    Anonymous vinyamar said...

    18 jours ? nan mais c'est pas possible O_o
    personellement j'ai pas trouvé qu'il faissait peur (enfin encore faut-il ne pas avoir peur du gore ^^)
    en tout cas comme torture psychologique, c'est vrai que j'ai pas vraiment vu pire ... donc les 'ti n'enfants faut pas s'approcher commel'a dit Vincent :o
    (j'avais pas remarqué por le néon en forme de scie O_o)
    enfin bref il est très bien ! quelques lenteurs parfois :o

    dimanche, 07 janvier, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    Mais si, c'est vraiment 18 jours !

    dimanche, 07 janvier, 2007  

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