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  • vendredi, mars 20, 2026

    STARSHIP TROOPERS (PAUL VERHOEVEN)

    Vous connaissez Paul Verhoeven, n'est-ce pas ?
    Vous avez forcément vu l'un de ses trois grands films, qu'il s'agisse de Robocop, de Total Recall, ou encore de Basic Instinct. Mais êtes vous déjà client de Starship Troopers, daté de 1997 ? Ce serait plus étonnant, car malgré son début relativement correct - basé, comme chacun le sait, sur d'excellents ordinateurs disponibles à l'écran :
    Il s'envole immédiatement vers d'autres choses, en l'occurrence la vision des citoyens - en résumé, opposés aux civils - particulièrement craquante :
    Qui y a t-il d'évidemment anormal, dans tous ces plans ? Et bien, outre le fait qu'ils soient perpétuellement souriants, nous devons en outre mettre en place leurs prénoms délirants (Johnny, Dizzy, Carmen, entre autres), à mon avis tous conçus pour passer immédiatement au second degré :
    Y compris celui de Jean Rasczak, confié pour sa part au seul célèbre interprète de ce film, Michael Ironside, déjà présent dans Scanners, Top Gun, ou Total Recall :
    Quoi qu'il en soit, tout le monde se montre parfaitement souriant, qu'il s'agisse d'une image masquée ou d'un vaste plan, et rien que ceci suffit à se situer au niveau souhaité :
    Il ne reste plus qu'à citer les fameux arachnides, censurés, et voila, tout est parti :
    On commence par les images - toujours souriantes, cela va de soi - de la fameuse Carmen (Denise Richards) :
    Pour poursuivre avec celle de Johnny (Casper Van Dien), lui simple pionnier d'infanterie, qui va d'ailleurs (heureusement sans succès) se trouver brièvement contraint à baisser les bras devant la destruction de Buenos Aires, ville où habitaient ses parents :
    Au bout d'une petite heure, on se retrouve donc sur la montagne et ses potentiels envahisseurs :
    Le tout brièvement masqué par le remplacement du député à Genève (à lire, sa nouvelle phrase plus que drôle !), et la fausse mort du fameux Johnny, ce qui va favoriser l'amour de Dizzy (Dina Meyer) envers lui :
    
    Dès qu'est une fois passé ce fameux stade, plus rien ne va s'opposer avec la vraie lutte contre les arachnides :
    Et du reste, c'est la meilleure façon de justifier le budget à l'époque assez hallucinant de ce film (plus de cent millions de dollars), que l'on voit vraiment tomber sous les yeux, si je puis dire :
    Que ce soit durant ces plans (assez difficiles à tourner, semble t-il) sur des arachnides beaucoup plus vedettes que les autres :
    Ou durant ceux-ci, sur un site mormon très sérieusement menacé par ces jolies bêtes :
    Sans même parler de ceux-ci, qui semblent de fait construits en faveur d'une citation de Star Wars :
    Ou encore de ceux-là, qui révèlent en fait la fin du film :
    Propre fin qui se base bien sûr sur un cerveau, non seulement pris dans ses plus mauvaises inspirations :
    Mais surtout sur la bonne implication de ses trois représentants, toujours égale au début du film, de même que sa dernière image, "et ils vont gagner" :
    Voulez-vous que je vous dise autre chose sur ce film ? Et bien, comme c'est souvent prétendu, mieux vaut acheter le DVD que se baser sur une copie en français, ne serait-ce que pour se retrouver face à ces très nombreux matériels de bonus :
    Qui comprend, entre autres, l'explication des plans sur le vaisseau spatial :
    La réalisation, semble t-il relativement complexe, de la scène avec l'arachnide géant :
    Et même, pour finir, un plan plutôt assez drôle offert par le principal réalisateur :
    Mais bon, je ne vous dis rien, je préfère vous le laisser découvrir avec ce fameux film, dû à Paul Verhoeven.
    Ah si, une chose à dire, tout de même : son scénario est entièrement basé sur Etoiles, garde-à-vous !, un livre originellement noté de façon identique Starship Troopers par l'écrivain Robert A. Heinlein, dont le second degré est tout à fait évident.
    Comme le dit pour une fois de façon assez convaincante Wikipédia, "le potentiel du synopsis intrigue Verhoeven et il décide d'en faire un film de guerre "comme il s'en tournait tant dans les années 40 et 50, avec pour héros des jeunes gens pleins d'idéaux".
    Cependant, Verhoeven choisi de prendre exactement le contre-pied du roman qui était plutôt militariste et patriotique. Il fait de son film de guerre un film "contre la guerre", en montrant l'horreur et le cynisme des généraux. Jouant sur le second degré, il mélange les clichés et les conventions de la propagande militaire, des sitcoms américains pour adolescents, des films de guerre et de science-fiction.
    Paul Verhoeven voit dans ce film l'opportunité de rendre hommage aux films d'aventures mythologiques dont les effets spéciaux étaient signés Ray Harryhausen (Le Septième Voyage de Sinbad en 1958 et Jason et les Argonautes en 1963).
    Difficile de trouver mieux, n'est-ce pas ?
    Autres films du même réalisateur : RobocopTotal RecallBasic InstinctHollow Man

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    vendredi, février 20, 2026

    THE BIRDS (ALFRED HITCHCOCK)

    Ou encore, Les Oiseaux, presque le dernier film d'Alfred Hitchcock (1899-1980), qui date de 1963, et fut réalisé sur un ouvrage de Daphné Du Maurier, avec des effets spéciaux monumentaux pour l'époque…
    Dès le début du film, Alfred Hitchcock se place en caméo, comme il en a l'habitude depuis très longtemps :
    Avant de laisser la parole à l'une ses actrices favorites, la riche Melanie Daniels (Tippi Hedren)…
    Et à son double correspondant, l'avocat Mitch Brenner (Rod Taylor), lequel la rencontre - curieusement - dans une boutique destinée aux oiseaux, afin d'acheter un cadeau à sa toute petite sœur :
    C'est, comme on le dit, une boîte en or pour décider, en grand secret, d'offrir elle aussi en cadeau à la jeune fille un couple d'inséparables extraordinaire :
    Aussi va t-elle se rendre le plus vite possible à Bodega Bay, fort proche de San Francisco où elle habite normalement, et y rencontrer assez rapidement Annie Haymorth (Suzanne Pleshette) :
    Qui est non seulement maîtresse d'école dans la petite ville, mais fut aussi autrefois une ex de Mitch Brenner : 
    C'est d'ailleurs justement lui que Melanie Daniels cherche à rencontrer le plus vite possible, raison pour laquelle elle loue un bateau :
    Et se fait d'emblée attaquer par un goéland - chose que l'on ne saurait imaginer de la part d'Hitchcock :
    En tous cas, c'est la première raison, pour tous les deux, de se rapprocher quelque peu :
    La seconde étant celle, beaucoup plus troublante, d'une première guerre des moineaux, qui parviennent à rentrer à plusieurs dans la maison de Mitch Brenner, et commencent à se révéler vraiment troublants…
    Important à noter : on ne la reconnait pas bien, vu ses quatorze ans, mais la petite sœur de Mitch Brenner est bel et bien Cathy Brenner (Veronica Cartwright), qui devait jouer une des dernières femmes en vie dans le célèbre Alien de Ridley Scott, le premier (1979) et meilleur film de toute la série…
    Il ne manque plus qu'une seule personne, fondamentale, la mère, Lydia Brenner… Interprétée par Jessica Tandy, elle se montre très vite dépressive, possessive, et ne supporte pas de voir son fils tourner autour d'une aussi jolie femme - de même que c'était le cas, bien des années auparavant, d'Annie Hayworth :
    C'est le matin suivant la nuit aux moineaux, que Lydia Brenner décide de se rendre chez l'un de ses voisins Dan Fawcett, et tombe avec consternation devant ceci :
    Vous l'avez sans doute deviné, Dan Fawcett est le premier mort du film… Mais je vois beaucoup de ressemblances avec le très célèbre Psychose, tourné juste trois ans auparavant…
    En tous cas, le film ne va pas cesser d'évoluer, tout d'abord dans l'apparente désinvolture de Melanie Daniels, qui ne s'aperçoit que trop tard que les corbeaux se massent mine de rien devant l'école de Bodega Bay (plan totalement sublime d'Alfred Hitchcock) :
    Et lorsqu'elle s'en rend compte, il est hélas juste temps pour sortir de l'école sous la tourmente des oiseaux, en compagnie d'Annie et de tous les enfants :
    C'est l'une des scènes les plus célèbres du film, et à juste titre, ne serait-ce qu'à l'engagement qu'elle montre vis à vis des effets spéciaux, vu que sur les environ 1500 plans, près de 371 s'avèrent truqués (ce qui représente, à l'époque, un budget colossal)...
    Petite pause, qui arrive à bon escient avant la dégradation finale… Une assez vague conversation entre Melanie et Mrs. Bundy, qui voit dans le comportement des oiseaux une pulsion inexplicable (conformément, du reste, à l'attitude d'Alfred Hitchcock concernant ce film, où il jugeait toute explication sur la conduite insolite des oiseaux  hors de  propos) :
    Alors va bientôt se montrer la scène la plus mémorable :
    Où, bien sûr l'on va tout d'abord voir une voiture prendre feu, puis une boutique, et au final, le quartier tout entier dans son ensemble :
    A la suite de ce très marquant incident, tout ne va que se dégrader… En passant vite fait sur la fameuse Annie, elle aussi tuée par l'un de ces oiseaux, Melanie et les trois autres de la famille Brenner vont très vite se retrouver parqués dans le domaine de Mitch, et ceci avec une totale incompatibilité avec les fameuses bêtes :
    Contrairement à la première conclusion de Mitch, ils ne s'en vont pas du tout, bien au contraire :
    Et c'est seulement avec la plus grande discrétion, qu'ils finissent par fuir tous les quatre de la maison, grâce à cette petite voiture (que vous verrez peut-être sur la photo, qui est en fait le dernier plan du film) :
    Voilà, tel est ce qui mérite d'être vu dans ce film, remarquable dans bien des détails, ne serait que dans le fait qu'il a maintenant près de soixante ans… 
    Certes, la plupart d'entre vous (y compris moi-même) vont certainement trouver la narration un peu lente à partir de la grandiose explosion, qui est sans doute le point central du film…
    Mais c'est un tout petit détail, qui ne fait pas son poids face aux grands éléments, à savoir :
    1) Tout comme dans Psychose, aucun acteur vraiment très connu n'y fait son apparition…
    2) Il n'y a pas (ou très peu) de musique, ce qui est rarissime de la part d'Alfred Hitchcock, qui a jusqu'alors toujours demandé à Bernard Herrmann de participer à ses œuvres…
    3) Le budget de 2500000 dollars apparait considérable, surtout comparé à l'ancien Psychose, qui ne bénéficia que de 800000 dollars…
    4) Et comme déjà dit, la place tenue par les trucages et effets spéciaux  est réellement impressionnante, 371 plans sur 1500...
    On le dit assez souvent, mais jamais Alfred Hitchcock (1899-1980) n'a en effet réalisé un tel film, aussi dérangeant, fascinant, jouant à de nombreuses échelles sur tous les aspects humains et inhumains de la planète… Alors c'est sûr et certain, la plupart des œuvres le précédant immédiatement sont aussi d'un niveau très élevé, qu'il s'agisse de The Man Who Knew Too Much, de Vertigo, de North by Northwest, ou encore de Psychose !
    Malheureusement pour lui, il ne parviendra plus jamais à laisser une telle maîtrise s'imposer, qu'il s'agisse de Pas de printemps pour Marnie, Le Rideau déchiré, L'Etau, Frenzy, et enfin son dernier Complot de Famille... Mais bon, tout va bien, finalement : sur cinquante-quatre longs métrages réalisés, il y en a encore une bonne vingtaine qui sont toujours tenus pour des chefs-d'œuvre, et au moins cinq d'entre eux qui sont toujours inestimables !
    Autres films du même réalisateur : VertigoNorth by NorthwestPsychose

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