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  • vendredi, avril 10, 2026

    KOIBUMI (KINUYO TANAKA)

    Il y a bien longtemps que je ne vous avais pas parlé d'un film japonais - surtout aussi remarquable que celui-ci, Lettre d'Amour en notre langue. C'est sans doute assez ancien (1953), mais c'est l'oeuvre de départ de cette femme incroyable, Kinuyo Tanaka, qui fut la toute première à oser passer de son métier bien rempli d'actrice à celui de réalisatrice. Elle en tournera six entre 1953 et 1962, sur des thèmes assez différents, mais souvent liés au féminisme s'imposant peu à peu au Japon :

    Après avoir vu son portrait, accompagné de l'intégralité de ses films, nous en venons à l'affiche d'époque du tout premier d'entre eux, Koibumi. C'était le début de la couleur, mais celui-ci est encore en N&B, mettant en scène les deux acteurs principaux, Reikichi Mayumi (Masayuki Mori) et Michiko Kubota (Yoshiko Kuga) :
    Il y a peu de vidéos disponibles, mais j'ai tout de même trouvé ce trailer - hélas uniquement en japonais :
    Et surtout celui-ci, doublé en français, et qui nous résume en plus de plans l'intégralité de l'Opus :
    En fait, l'intrigue a l'air relativement simple, au départ : il s'agit juste de deux frères vivant ensemble, l'un plutôt plein de vie et d'énergie, Hiroshi Mayumi (Jûzo Dôsan), l'autre au contraire taciturne et marqué par la guerre, Reikichi Mayumi... Sa véritable envie est de retrouver la femme qu'il aime depuis son enfance, Michiko Kubota, dont il conserve seulement une photo :
    Ainsi qu'une lettre fatidique, où celle-ci lui confesse son amour réciproque, mais lui révèle en même temps la volonté de ses parents de la voir épouser au plus vite un américain - lequel va en outre lui donner un enfant :
    Il n'en sait guère plus, mais il rencontre peu de temps après Naoto Yamaji (Jûkichi Uno), un ancien camarade de la marine de guerre, qui l'invite immédiatement à venir travailler avec lui... Que fait-il ? Il est écrivain public, et son travail consiste à traduire en anglais - destiné au GI américains - des textes de jeunes japonaises, qui cherchent à leur soutirer un peu d'argent :
    Vu d'un côté intérieur, ceci marche plutôt bien pour les deux frères Mayumi... Mais d'un autre point de vue, les choses se dégradent petit à petit, car Reikichi reconnaît dans son demi-sommeil la voix de Michiko. qui évoque tout à la fois la mort de son enfant, le divorce de son mari, et sa grande misère depuis :
    Ne l'ayant pas vu depuis 5 ans, il peine beaucoup à la retrouver, mais y parvient finalement - sur la rame de métro de Tôkyô, Shibuya (渋谷区) :
    Au départ, tout a l'air de bien se passer :
    Cependant, ceci ne dure guère, et vire peu de temps après au cauchemar absolu. Michiko est certes prête à avouer tous ses péchés, mais Reikichi ne digère pas le fait qu'elle n'ait pas cherché à le revoir après la mort de son mari américain, et surtout ses aveux de pauvreté - le tout se terminant par une vaste colère, qui les fait se quitter définitivement sur ces paroles acerbes :
    Fort heureusement, son jeune frère Hiroshi reste persuadé du contraire, de même que son employeur Naoto, le plus efficace des deux... Michiko se révèle alors prête à retrouver une nouvelle fois Reikichi, mais celui-ci ne va pas au rendez-vous.
    Furieux, Naoto le rabroue par ses paroles, se montrant même un tantinet violent, et décide de le guider une dernière fois vers Michiko. Malheureusement, celle-ci désespérée se jette sous une voiture, et Reikichi et Naoto n'ont plus qu'à se rendre à l'hôpital pour la retrouver :
    Celle-ci se trouve recouverte d'un masque, mais pas pour bien longtemps - d'après les dites du docteur... Résultat : le film se termine finalement bien, offrant une nouvelle base à tout le monde, et faisant à nouveau repartir Reikichi et Michiko sur de bons projets pour le futur, une fois cette absurde guerre terminée.
    Je suis désolé d'avoir trouvé aussi peu d'images, mais il y a peu de temps que Kinuyo Tanaka est réellement reconnue en France - un grand merci, donc, à ARTE, qui diffuse pour la première fois ses six films !
    Une seule chose que je voulais bien rappeler, et que l'on voit plusieurs fois dans le film : celle au pied de la statue du chien Hachikô, située devant la gare de Shibuya... Il était réputé pour attendre son maître à cet endroit durant de longues années - ce qui est bien sûr une façon subtile de décrire la passion de Reikichi et de Michiko :
    En guise de conclusion, un court texte (en français) vous révélera la carrière splendide de Kinuyo Tanaka :
    De ces six films, les deux que je préfère sont celui-ci, et La Nuit des Femmes (Onna bakari no yoru) - parlant de l'interdiction de la prostitution à la fin des années 1950. A part ça, les plus anciens dont j'ai parlé ici sont La Dame de Shangai d'Orson Welles (1947), En Quatrième Vitesse de Robert Aldrich (1955), et Les Désaxés de John Huston (1961). 
    Mais vous avez bien sûr six choix possibles vis-à-vis de Kinuyo Tanaka - y compris un autre, celui de laisser ici un commentaire, ce qui se fait hélas de plus en plus rare !

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    6 Comments:

    Anonymous Anonyme said...

    Bon , je ne suis pas sur que ça me passionne, mais je ferais l'effort d'essayer de le voir, si ça m'est possible, bise de Sofia ou on se pèle

    vendredi, 10 avril, 2026  
    Blogger Vincent said...

    Salut Gilles ! Je pense effectivement que ce film soit aussi difficile à voir qu'en France, mais bon... Même si le sujet ne te passionne pas, c'est très bien traité, avec des acteurs formidables, et une histoire assez incroyable, tout compte fait !

    vendredi, 10 avril, 2026  
    Anonymous Anonyme said...

    Bah moi c’est plutôt l’inverse, ça me donne envie de voir !:) Merci pour cette découverte ! Bises de Lausanne où il fait meilleur on dirait 😉

    vendredi, 10 avril, 2026  
    Anonymous Delesalle said...

    Oui Vincent tu as raison de rendre hommage à cette japonaise talentueuse. Les personnages sont émouvants et le peu, que tuastroué, mais c'est dejà bien laisse entrevoir un film de qualité, comme seuls les japonais avec leur sobrièté savent faire...( Le film avec Orson Welles me dit quelque chose. 🤔) Je prendrai le temps de m'y intéresser d'un peuplus près...le mois de mai n'est plus loin je serai très heureuse de te revoir. Je te le dis quand j'y serai .Mais le jeudi 8 me conviendrait très bien. Bonne soirée cher Vincent et à bientôt donc Je t'embrasse affectueusement . Marie-Anne

    vendredi, 10 avril, 2026  
    Blogger Vincent said...

    Et bien Charlotte, pour une fois, regarde-le... C'est en VO, certes, mais cela ne dure qu'1h30 !

    vendredi, 10 avril, 2026  
    Blogger Vincent said...

    Marie-Anne, tu as bien raison, j'ai regardé tous ses films, et la sobriété japonaise est bien là... Je te souhaite donc d'en voir un ou deux, et je te dis à bientôt pour le 8 mai, qui me va très bien !

    vendredi, 10 avril, 2026  

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