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  • mardi, février 10, 2026

    UNA MUJER FANTASTICA (SEBASTIAN LELIO)

    Tout d'abord, je vous présente mes excuses, d'avoir un petit peu laissé tomber ce site durant un bon mois - notamment afin d'améliorer son aspect global et son écriture, ce qu'il a fallu que je fasse également sur mes deux autres sites, mentionnés à droite...

    Maintenant que ce travail est bien terminé, je reviens définitivement au cinéma avec ce film de 2017 dû à un réalisateur chilien que je ne connaissais absolument pas, Sebastian Lelio. Il s'intitule Una Mujer Fantastica, ce qui se traduit très facilement en français :

    Cette femme qui porte tout le film sur le dos, Marina Vidal (Daniela Vega), s'avère en réalité être une véritable transgenre... Autrement dit, elle est née homme, puis a effectué la transition à l'âge de l'adolescence. Tout ceci avec la bonne volonté de ses parents, mais comme d'habitude, avec les frustrations que peut invoquer la société dans l'ensemble - particulièrement la police :
    Au début de l'Opus, elle semble très bien avec Orlando Onetto (Francisco Reyes), même si celui-ci a vingt ans de plus qu'elle... Ils forment un véritable couple, près à voyager aux fameuses chutes d'Iguazù du Brésil - l'une des raisons qui l'empresse à l'inviter à un bon restaurant chinois de Santiago :
    Tout se passe bien, ils sont éperdument amoureux l'un de l'autre... Jusqu'à ce que l'homme, pour une raison que l'on ignore, se sente très mal, finisse par tomber dans l'escalier, puis se retrouve accompagné de toute urgence en voiture à l'hôpital par Marina :
    Mille fois hélas : celui-ci finit par mourir... Et c'est à ce moment que se manifeste assez fortement l'inspecteur de police vis-à-vis de Marina - heureusement sauvée de justesse par Gabo (Luis Gnecco), le frère d'Orlando :
    En réalité, c'est le seul de toute la famille à la soutenir... Car même si le policier principal a pu être quelque temps écarté, une autre personne se présente de façon bien plus agressive, l'ex-femme d'Orlando, du même âge que lui, Sonia (Aline Küppenheim) :
    En fait, tout ce que sa famille souhaite, c'est de l'écarter à tout prix de l'enterrement d'Orlando... Phénomène qui se traduit nettement par la visite agressive du fils d'Orlando, Bruno (Nicolas Saavedra), grâce à ses propres clefs, ensuite par une crise de conscience de Marina bien personnelle - à laquelle semble heureusement s'habituer la patronne du café où elle travaille :
    Elle rend alors visite à son professeur de chant (Sergio Hernandez), qui la reçoit avec une grande affection, lui parle un petit peu de Saint François d'Assise et de ses textes révélateurs, puis la fait un petit peu s'exercer... Marina se sent alors bien mieux, et cela se voit sur ce plan hallucinant - où elle lutte avec succès contre un vent de plus en plus violent :
    Je préfère vous le dire tout de suite, ce ne sont pas spécialement ses ankle boots qui m'attirent - encore que... Mais cette vue est très bien tournée, et révèle je crois le sens profond du film : quoi qu'il arrive, il y a toujours possibilité de résister, de s'en sortir, et d'aller de l'avant :
    Marina décide alors de passer sa soirée en boîte de nuit... Où mine de rien, elle se révèle beaucoup mieux qu'auparavant. Même si du fait de l'amour toujours intact pour Orlando, elle ne s'engage pas du tout, elle ressort de là beaucoup mieux préparée envers tous ceux qui la détestent - et Dieu sait qu'ils sont nombreux :
    C'est là que nous avons cet autre fameux plan du film, celui où Marina se contemple brièvement dans une glace... Comme s'il s'agissait de ce qui a déjà été accompli, et de tout ce qu'il reste à faire :
    Cela est assez chargé, comme on dit... Je ne veux pas faire de spoiler, mais Marina se voit déjà refoulé de l'enterrement d'Orlando, juste un peu soutenue par son frère Gabo. Ensuite, elle se fait gravement agresser par trois jeunes en voiture qui la traitent de tous les noms, la frappent, lui entourent le visage d'un masque très humiliant - tout cela en plein jour :
    C'est peut-être estimer la jeune fille incapable de réagir... Mais il en va tout autrement. Et après s'être tout simplement vengé de ce qui lui a été infligé, en sautant entre autres sur la voiture familiale, elle parvient finalement à assister toute seule à la crémation d'Orlando - scène évidemment tragique :
    En guise de conclusion, et maintenant que tout se retrouve à sa place, nous assistons à un ultime concert de Marina... Bien plus classique que ce que nous entendions au tout début (l'opéra Serse de Haendel), mais qui se révèle d'autant plus beau :
    En tous cas, ce film absolument magnifique a décroché deux prix lors de la Berlinale 2017... Tout d'abord, l'Ours d'argent du meilleur scénario, ensuite le Teddy Award de meilleur film - dont lors de sa création en 1987 furent récompensés Pedro Almodovar et Gus van Sant :
        Vous souhaitez voir un court trailer ? Aucun problème :
    Je ne sais pas si vous avez beaucoup aimé, mais personnellement, j'ai adoré ce film... Peut-être en déduirez-vous que je suis homosexuel, ou transgenre ? J'apprécie certes beaucoup plus que de coutume les vêtements feminins, mais ma vie et mes fantasmes restent totalement hétérosexuels - meilleure preuve avec mon mariage avec une japonaise, qui s'est poursuivi durant une bonne dizaine d'années !
    Hormis ce point, il existe pour l'heure encore assez peu de films sur le sujet... Il y a bien sûr le bizarrement célèbre The Rocky Horror Picture Show, puis Madame Doubtfire, Priscilla, folle du désert, Tootsie, et aussi ceux dont j'ai déjà parlé ici, Switch et Ed Wood. Mais beaucoup de ces Opus traitent, avec humour, de la situation d'un homme déguisé en femme, plutôt que d'un véritable changement de personnalité, avec tout ce que cela implique. C'est pourquoi je prie pour que les années suivantes voient surgir de nouvelles œuvres à ce sujet, bien plus liées à la réalité... Et j'ose espérer que vous serez du même avis - quitte à laisser un petit commentaire ! 

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    4 Comments:

    Blogger marieannedelesallegunsel said...

    Bonsoir Vincent, merci, merci, tu as bien fait de me prévenir , ce très bon film qui sort de l'ordinaire, avec sa particularité du personnage Daniel, devenu Marina, est en effet proche parent, de tout ce que notre excellent Aldomovar nous a habitué à tout découvrir de ce thème qu'il adore; Et pour lequel j'éprouve, je l'avoue, une sorte de fascination-
    ( sans doute le Verseau en moi reste sensible à tout ce qui n'est pas banal !). En tous cas bravo d'avoir consacré du temps à ton site le cinéma de VINCENT, si bien ficelé et aussi pour la façon dont tu présentes cette "femme fantastique"; tu n'as pas travaillé en vain. J'avais été prévenu par la bande annonce que Marina et Orlando s'aiment et envisagent un avenir ensemble. Qu'elle aime chanter passionnément , ( elle le fait très bien!)alors que son amant, de 20 ans son aîné, a quitté sa famille pour elle. Les interprètes sont tout à fait crédibles et méritent l'oscar qui leur a été attribué
    J'aime le combat de la courageuse et belle Marina. Ce combat pour son amour et son droit au deuil, qu'elle mène avec la force et l'énergie qui lui sont propres. Car j'imagine ses souffrances antérieures pour se faire admette en tant que femme dans une société qui haït "la différence"!
    Certes, Vincent bien mérités aussi cet Ours d'argent dans la catégorie « Meilleur scénario » et TEDDY Award « Meilleur film » au 67e Festival international du film de Berlin......( j'ai jeté un oeil , et surtout une oreille, sur la version en allemand de ce film dont je n'avais jamais entendu parler. Arrivée sur ton Site tu complètes à merveille tout ce que ce film apporte d'intérêt. Tu m'enchantes. Encore une fois merci, car tu m'as aidée à sortir de mon lit, pour la première fois . j'y étais clouée depuis près de 15 jours par une bronchite catastrophe que les antibiotiques ont finalement trucidé . Je reprends du poil de la bête, même si je dois encore me reposer beaucoup pour retrouver mes forces qui en ont pris un coup. Merci aussi d'alimenter le Site "j'aime Paris", délaissé bien souvent et que je suis tentée parfois d'abandonner quand je réalise qu'à 87 ans je dois tout de même profiter d'un peu moins de contraintes . Bonne soirée mon cher Vincent . J'admire, tu le sais, toutes tes activités !!A+ bisous

    YouTube Films

    jeudi, 05 février, 2026  
    Blogger Vincent said...

    Je ne sais comment te remercier, Marie-Anne, tellement ton commentaire est riche et représente tous les aspects du film. Tu as bien raison, lorsque tu parles d'une sorte de point commun entre le réalisateur et Pedro Almodovar, et aussi du jeu quasiment impeccable de l'actrice principale, Daniela Vega - qui n'était pas au départ engagée pour cela... Je passe sur beaucoup de choses, que j'avais déjà longuement traitées dans le texte, mais je suis rassuré que le film existe aussi dans un allemand impeccable, et je n'arrive pas à m'expliquer comment il se fait qu'à 87 ans, tu sois toujours en pleine possession de tes talents. Peut-être que cela est dû au verseau, finalement, non ?

    vendredi, 06 février, 2026  
    Blogger marieannedelesallegunsel said...

    TU N'AS PAS à ME REMERCIER MON CHER VINCENT....je crois que le maintien en éveil de ma curiosité et ma faculté d'émerveillement devant le théâtre de la vie me maintiennent en vie. Quand on me dit "vous ne faîtes pas votre âge ",ou "vous êtes encore bien à l'âge que vous avez:" je trouve que cela n'a rien de rassurant. Cela revient à me rappeler cruellement qu'à mon âge avancé, et mes si nombreuses heures de vol, je ne suis pas loin de la porte de sortie. Que, comme toutes les personnes âgées, j'aurais le droit de rester dans un fauteuil à tricoter, le droit d'être fatiguée, d'être malade, dépendante et même celui d'être morte et enterrée. On ne compte plus tous ceux qui, à cet l'âge qui est le mien, sont déjà au cimetière. Alors vois tu, Vincent, je ne demande qu'une chose: Que mon ciboulot tienne le coup jusqu'au bout. Je veille à bien l'alimenter au jour le jour, au contact de gens plus jeunes que moi et en suis créative, comme le verseau que je resterai à jamais. Voilà ma recette... A bientôt Vincent et encore merci pour toutes tes nourritures enrichissantes J'adore le cinéma depuis mon plus jeune âge! Tu me combles

    vendredi, 06 février, 2026  
    Blogger Vincent said...

    Tu as bien raison, comme d'habitude, Marie-Anne : comme tu le dis, tenir tête à tous ceux qui veulent te voir mourir reste très bon pour la santé... Je suis bien content que ta principale obsession soit de demeurer verseau jusqu'au bout, et crois-moi, je la partage forcément. Ne t'inquiète pas, j'ai une grande confiance en toi, et je suis ravi que tu adores le cinéma depuis ta tendre enfance. A bientôt, je l'espère !

    samedi, 07 février, 2026  

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