Vous trouvez normal que je publie un article à cette date ? En tous cas, je viens tout juste de terminer le concours ArteKino Festival 2024, où l'un d'entre eux m'a particulièrement touché :
C'est l'histoire assez simple d'une jeune bourgeoise fort belle désespérée par sa famille, Amanda (Benedetta Porcaroli), toujours habillée de la même façon, et marchant sans arrêt vers des amis potentiels - que bien sûr elle ne rencontre jamais :
Jusqu'à ce qu'un jour, elle découvre une relation de sa mère, Viola (Giovanna Mezzogiorno), qui malgré son discours soi-disant amical et ses étranges habitudes, s'avère très importante :
Notamment car elle l'encourage à tisser des liens avec sa propre fille, Rebecca (Galatéa Bellugi), qui malgré son autrefois longue pratique du sport, reste depuis des mois enfermée dans sa chambre, refusant systématiquement de voir quelqu'un :
Au début, cela se passe assez mal - et Amanda se trouve à la fois rejetée par la psychanalyste de Rebecca, ainsi que par l'homme qu'elle est censée avoir rencontré... Mais tout se finit bien, et les deux quittent l'écran pleine de joie, accompagné du cheval qu'Amanda adore :
Vous souhaitez voir le trailer ? No problem, et en plus c'est sous-titré :
Dans le cas probable où vous ne connaissiez pas encore la réalisatrice, la voici à la Mostra de Venise 2022, où son Opus a remporté le premier prix de Orizzonti Extra :
Et encore mieux, l'interview en compagnie de Benedetta Porcaroli, de Michele Bravi, et bien sûr de Carolina Cavalli, qui nous dévoile les phases essentielles de son film :
Dans le cas où cela peut vous paraître exagéré, parlant de situations improbables et de solutions radicales tournant souvent au conflit, je ne peux vous dire qu'une chose : ce film m'est apparu comme le meilleur de ses onze concurrents, et bien que parfois volontairement surjoué et doté de scènes chaotiques, il est entièrement au deuxième degré, y compris pour la radicale musique de Niccolò Contessa.
Voilà, nous avons largement dépassé le 1er janvier, et devinez quoi ? Et bien oui, c'est bel et bien ce film qui a remporté le concours présenté sur ARTE au Festival 2024...
En attendant, vous pouvez bien sûr laisser un commentaire, cela me fera très plaisir !
Vous n'allez peut-être pas me croire, mais il s'agit du plus récent film de Tim Burton dont je possède le DVD, et il fut créé en 2005, soit près de 20 ans auparavant... Ceci ne l'empêche pas d'être un Opus grandiose, quasiment digne de Mars Attacks ! (1996 ) au niveau des effets spéciaux, et bien plus ouvert aux enfants - ne serait-ce que parce qu'il tire tout son scénario d'un livre homonyme de Roald Dahl édité en 1964, qui a connu un grand succès dès sa parution.
Pour tout dire, le héros principal Willy Wonka, excentrique patron d'une chocolaterie, fut tout d'abord attribué à quelques uns des plus grands du cinéma (Jim Carrey, Brad Pitt, Will Smith, Robin Williams), pour finalement se tourner vers Johnny Depp - qui avait déjà participé à trois œuvres du maître, Edward Scissorhands (1990), Ed Wood (1994) et Sleepy Hollow (1999).
Evidemment, le film commence en nous racontant brièvement son histoire, passant tout d'abord par son enfance fragile, pour poursuivre avec sa première petite boutique de chocolat, puis enfin avec l'ouverture de son usine - la plus vaste du monde entier :
Malheureusement, Willy Wonka ne sut pas s'arrêter dans ses ambitions, et décida de construire à la demande de l'empereur de l'Inde un immense palais entièrement en chocolat - qui certes était fort beau, mais finit par se dégrader très rapidement :
Résultat ? "Je ferme ma chocolaterie, pour toujours" :
C'est le moment précis où l'on découvre alors le second héros du film, un jeune garçon habitant une pauvre maison en compagnie de ses parents et grands-parents, Charlie Bucket (Freddie Highmore) :
Et l'on s'aperçoit à ce moment précis que la chocolaterie vient tout juste d'ouvrir à nouveau - et autorise de façon exceptionnelle cinq enfants à la découvrir, en échange du "ticket d'or" qui se trouve seulement sur cinq barres de chocolat Wonka disponibles dans le monde entier :
On découvre alors quatre des cinq enfants ayant réussi à obtenir le ticket d'or, chacun disposant de parents très différents - et aussi d'un gros défaut particulier... A commencer par le premier d'entre eux, un allemand nommé Augustus Gloop (Philip Wiegraz), qui pour le grand plaisir de sa mère dévore chaque jour des tonnes de chocolat Wonka :
Vient ensuite la fille anglaise d'un couple spécialisé dans la fabrication de cacahuètes, Veruca Salt (Julia Winter)... Et le fait de disposer de parents très riches ne la dissuade absolument pas de réclamer ce qu'elle veut, elle se révèle même fort capricieuse à ce sujet :
Nous tombons ensuite sur une américaine, Violette Beauregard (AnnaSophia Robb), bien soutenue par sa mère, qui la voit comme elle très sportive et prête à tout pour gagner le prix... Hélas, Violette préfère le chewing-gum au chocolat, ce qui ne va pas énormément l'aider :
Pour finir, un garçon américain lui aussi, Mike Teavee (Jordan Fry), soi-disant surdoué, mais en réalité juste dévoué aux jeux vidéos ou à la télévision, et d'un fort mauvais caractère... Il fait mine de bien s'entendre avec son père, mais en fait, il déteste tout simplement le chocolat, comme il le dit :
Un résumé éloquent de ces présentations :
Il ne reste qu'un seul à n'avoir pas eu les moyens de concourir, Charlie Bucket... Mais son grand-père Joe Bucket (David Kelly) se révèle fort enthousiaste, contrairement à d'autres membres de la famille :
Et il se trouve que par miracle, il a bien raison... Quel que soit l'argent qui lui est proposé pour racheter ce ticket d'or, Charlie refuse et rentre à la maison pourvu de son fameux cadeau, qu'il annonce aussitôt à son grand-père Joe - lequel ne peut s'empêcher de danser :
Ils sont donc tous les cinq enfin réunis, invités à se rendre dès le lendemain dans la fameuse chocolaterie de Willy Wonca - accompagné chacun par un seul parent :
Au départ, tout a l'air de bien se passer pour ces dix personnes - exception faite des pauvres perdants, bien sûr... Ceci se montre avec le fantastique spectacle que Willy Wonka (Johnny Depp) leur a préparé, qui jusqu'à un certain point se déroule très bien - jusqu'à ce tout cela prenne feu et écourte en quelque sorte la présentation :
Mais bon, Willy Wonka s'en trouve assez peu touché... Il en profite au contraire pour leur raconter toute l'histoire de sa nouvelle firme, sa périlleuse expédition à la recherche du cacao, et sa gratifiante rencontre avec les Oompa Lompas - de petits ouvriers locaux bien destinés à travailler pour lui, en échange d'une chanson moralisatrice dont ils gratifieront chacun des cinq enfants ici présents :
Et ça commence bien sûr avec le tout premier, Augustus Gloop, qui ne surmonte pas son défaut de manger au maximum du chocolat, et va se faire aspirer par un tuyau gigantesque ;
Ainsi entendons-nous la première chanson en guise de morale interprétée par le groupe de Oompa Loompas, laquelle est accompagnée d'une danse collective fort brillante - dirigée par un acteur britanno-kényan atteint de nanisme, Deep Roy :
Vous croyez que ça suffit ? Pas du tout, et Tim Burton enchaîne avec cette scène époustouflante, où l'on voit tous les Oompa Loompas s'occuper de faire avancer leur fantastique navire - sous l'œil ravi de Willy Wonka :
Nous en somme maintenant parvenu à l'entrée en jeu de Violette, qui conformément à tout ce que lui a dit sa mère, va se présenter d'emblée comme la plus forte de tout le groupe :
Sauf qu'une fois encore, elle n'écoute pas très attentivement Willy Wonka, qui l'a pourtant prévenu que ce chewing-gum était encore en cours de recherche... Résultat immédiat : Violette se transforme peu à peu en myrtille géante, devient bleu - et engendre du même coup une chanson moralisatrice des Oompa Loompas :
Il en reste encore trois : Veruca, Mike, et Charlie... Et c'est la première d'entre eux, dotée comme chacun le sait d'un caractère épouvantable, qui va se révéler absolument sensible à la possession d'un écureuil :
Devant le refus de Willy Wonka de laisser partir l'un de ses animaux, qui lui servent précieusement à trier les noix, elle décide soudainement de partir s'approprier de l'un d'entre eux... Aussitôt, elle est rejetée comme "mauvaise graine", se fait jeter aux détritus, et entraîne même son propre père avec elle :
Ce n'est apparemment pas très grave, puisque le dispositif de mise en feu ne s'applique qu'un jour de la semaine, le mardi. Mais comme le dit Mike, nous sommes justement mardi, et cela pousse Willy Wonka a envisager la possibilité qu'il soit en panne, permettant ainsi à Veruca et son père de survivre...
Désireux de soustraire tout le monde à cette pression, il décide subitement de les emmener tous à bord de son ascenseur - un modèle très spécial qui peut monter, descendre, aller à gauche ou à droite, tout ceci parfaitement normal pour Willy Wonka :
Il faut bien constater que les effets spéciaux sont absolument délirants, ce qui s'état déjà montré de façon hallucinante dans Mars Attack !, réalisé près de dix ans auparavant...
Pour en venir presque au dernier candidat, Mike, Willy Wonka lui propose une idée qu'il est en train de mettre au point pour les férus de télévision, réduire considérablement la taille de sa barre de chocolat pour la transmettre aux téléspectateurs :
Vous devinez tous de quel film il s'agit, n'est-ce pas ?
Et oui, c'est bien sûr de 2001 : A Space Odyssey de Stanley Kubrick en 1968, et surtout de sa scène mythique du débarquement du monolithe sur la fameuse planète... Toujours est-il que cela ne réussit pas très bien à Mike, qui se retrouve complètement miniaturisé, et se voit commenté par une musique bien plus violente qu'habituellement :
Il ne reste donc à Willy Wonka qu'une chose à faire avant de s'adresser personnellement au véritable vainqueur : laisser sortir tout le monde dans l'ordre où ils sont entrés...
Ce qui nous vaut quelques transformations liées chacune à leurs défauts, la gourmandise du chocolat de Augustus, la vénération du chewing-gum par Violette, l'intransigeance capricieuse de Veruca (accompagnée par son père désolé), et pour finir la sortie de Mike qui a été étiré autant que possible :
Nous voici dès lors emmené dans la phase terminale du film... Découvrir Willy Wonka prêt à offrir entièrement sa gigantesque usine de chocolat, en échange d'une seule chose de la part de Charlie, abandonner sa propre famille :
Cela commence à se passer assez mal, bien entendu... Jusqu'à ce que Willy Wonka redécouvre son père dentiste, Dr Wilbur Wonka (interprété par le célèbre Christopher Lee), qui épaté par son absence totale de carries même après le chocolat, se réconcilie enfin avec lui, et décide de les envoyer tous - Charlie y compris - dans une nouvelle maison bâtie à l'intérieur de la chocolaterie :
Autrement dit, il s'agit là d'un film qui se termine très bien :
Certes, pour certains, le rôle de Willy Wonka attribué à Johnny Depp peut paraître exagéré, joué d'une façon quelque peu décalée - comme il l'avait déjà fait dans Edward Scissorhands de 1990. Mais cela lui va très bien, de même qu'à Freddie Highmore incarnant Charlie, qui fut engagé l'année suivante par Luc Besson pour jouer dans sa trilogie Arthur et les Minimoys.
Que dire d'autre de cet Opus ? Tout d'abord, qu'il a rapporté environ quatre fois son budget initial - qui s'élevait tout de même à 150 millions de dollars... Secundo, il s'agit là non seulement d'un excellent film pour enfants, mais aussi pour toute la famille, qui a remporté de nombreuses récompenses - entre autres Young Artist Award et People's Choice Award en 2006. Si vous utilisez la touche pour me laisser un commentaire, j'en serai fort content !