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  • jeudi, avril 12, 2007

    LA MOUCHE (CRONENBERG)

    Oui, je sais...
    J'ai bien conscience, depuis ces derniers temps, de ne pas avoir été totalement à la pointe de l'actualité, mais c'est comme ça... D'un part, je vais très peu au cinéma (c'est loin, ça coûte quasiment le prix du DVD qui sortira six mois plus tard, et en plus, on ne peut ni y fumer, ni mettre le film en pause, bref, c'est nul) !
    N'empêche que... de même qu'en musique classique, les chefs-d'oeuvres restent toujours des chefs-d'oeuvres, et c'est même ceci qui les caractérise : leur absolue insensibilité au temps qui passe !
    C'est bien sûr le cas de La Mouche de Cronenberg (1986), Opus majeur de l'auteur coincé entre ces deux sublimes autres chefs-d'oeuvres que sont Dead Zone (1983) et le très inquiétant Faux semblants (1988), avec le toujours génialissime Jérémy Irons. Comme dans la plupart des grands films "à clefs" (citons seulement Fight Club de Fincher, ou Elephant Man de Lynch), l'essentiel du "décodage" nous est d'ailleurs fourni dès le générique de début, avec cette étrange image de fusion moléculaire (qui s'avère en réalité être une simple réunion de gens) :

    Bien qu'ayant vaguement surfé sur la vague de l'un des couples d'acteurs les plus "glamours" de l'époque, Geena Davis et Jeff Goldblum (abonné depuis aux rôles de scientifiques, qu'il s'agisse de Jurassic Park ou d'Independance Day) :

    Cronenberg n'en perd pas moins le fil de ce qui est à proprement parler le noyau central de toute son oeuvre, le "travail" sur la chair humaine, ou encore, comment celle-ci peut se voir altérée et transformée, que ce soit par la télévision (Vidéodrome), la drogue (Le Festin Nu), la gémellité (Faux-Semblants), le travestissement (M.Butterfly, introuvable en vidéo !), ou encore la voiture (Crash) :

    Et de même que, comme dans eXistenZ, je me souviens que les critiques de Libé disaient : "Après tout, ne boudons pas notre plaisir, ce n'est pas tout de même pas si souvent que l'on voit quelqu'un tirer des dents à l'aide d'un pistolet en os !", ce genre de réplique n'est pas non plus si fréquent, au cinéma :

    Petit rappel du scénario, à l'attention de ceux, rarissimes, qui auraient loupé le truc depuis 1986 : Seth Brundle (Jeff Goldblum), brillant scientifique, a créé une machine (le télépode) capable de "téléporter" instantanément les gens d'un endroit à un autre. Amoureux de Geena Davis, et sous le coup d'une déception d'un soir, il décide pourtant, en l'absence de tout contrôle, de passer outre tous les protocoles d'usage et de se "téléporter" lui-même (et je ne sais pourquoi, mais cet ultime plan, le dernier où il s'avère encore 100% "humain", me fait irrésistiblement penser à 2001 (1968), que bien sûr Cronenberg ne pouvait pas NE PAS connaître) :

    Sauf que, sauf que... au moment de l'encodage des données, une petite intruse s'est glissée là-dedans, que personne n'attendait :

    Alors au début, tout se passe très bien... Seth (Jeff Goldblum) a même l'impression de vivre une nouvelle vie, avec des capacités physiques et mentales décuplées. Sauf qu'au bout d'un moment, ce garçon commence à s'apercevoir qu'il ne va pas si bien que ça, finalement...

    D'où la fameuse séquence de tests, où il interroge l'historique de son ordinateur (même pas sous XP, c'est dingue !), pour découvrir finalement l'horrible réalité :

    Comme tous les chefs-d'oeuvres, ce film a bien sûr une quantité de niveaux de lecture. L'un de ceux-ci pouvant être, tout simplement, l'appréhension de la dégradation physique liée à l'âge et à la vieillesse (ou alors, c'est ma propre lecture, vu que c'est un truc qui m'angoisse et me fait flipper tout particulièrement, allez savoir ?) :

    On a beaucoup reproché à ce film (qui pourtant signe l'entrée de Cronenberg dans la cour des grands) son côté ultra "gore", alors que ceci ne concerne finalement que le petit dernier quart d'heure du film, où certes nous avons droit à cette scène assez éprouvante, l'accouchement du ver géant (heureusement, ce n'est qu'un cauchemar, avec en prime David Cronenberg lui-même dans le rôle du gynécologue) :

    Sans même parler de la fin terrible de Seth, avec encore un ultime soupçon d'humanité :

    Jusqu'à ce qu'il se transforme définitivement en clone humain-insecte insupportable :

    Inutile, je crois, de vous préciser que ça ne finit pas vraiment en "Happy End"...

    Quelques petits détails, pour la route : je n'avais pas revu ce géantissime film depuis quelques années, et je me souvenais que l'une des caractéristiques du cinéma de Cronenberg (comme, du reste, chez Kitano) était son absence absolue de digressions ou de transitions inutiles... Adoncques, dès le début, je me suis interrogé en voyant l'assez long plan, durant lequel Geena Davis conduit Jeff Goldblum jusqu'à son appartement. Mais en même temps, tout le film tient déjà dans cette "mise en abîme" (brillant !!!) :

    Autre détail, un peu moins flatteur : la plupart des autres films de Cronenberg antérieurs à cette date sont encore toujours présentés avec des jaquettes de style "Série B", ce qui ne donne pas franchement envie de les acheter (l'avantage, c'est qu'ils figurent souvent chez les soldeurs dans la catégorie des DVD à 5 €)... À tort, vu que Vidéodrome restera probablement comme l'un de ses films les plus géniaux et les plus expérimentaux :

    Et pour conclure, comme je le dis (presque) à chaque fois : s'il vous reste une vingtaine d'Euros en trop dont vous ne savez pas quoi faire, achetez ABSOLUMENT ce livre génialissime des entretiens de Serge Grünberg avec David Cronenberg :

    Non seulement, les très nombreuses photos sont absolument magnifiques, mais en outre, le texte s'avère véritablement passionnant et très érudit (en tout cas, bien mieux que mon assez médiocre prose, lol) !

    P.S : Chose très étonnante dans ce film, qui m'a toujours interpellé, c'est à quel point l'oeuvre peut "échapper" à son créateur, comme le disait très justement Touille dans je ne sais plus quel COMMENT récent ?

    Curieusement, la propre interprétation de Cronenberg est celle-ci : "C'est une simple histoire d'amour, avec deux personnes qui s'éloignent l'une de l'autre et ne se comprennent plus... J'aurais pu filmer ça tel quel, mais ça aurait emmerdé tout le monde (s'il y a des cinéastes français qui me lisent, là, sait-on jamais, prenez-en de la graine !), et j'ai donc décidé de le faire sous cette forme un peu fictionelle".

    En ce qui me concerne, j'ai toujours considéré ce film comme une magnifique métaphore du racisme : autrement dit, jusqu'à quel point sommes-nous encore capables de considérer quelqu'un de très différent de nous encore comme un être humain ???

    Bref ! Encore une fois du "génie" à l'état pur (ça fait toujours du bien, non ?) !!!

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    6 Comments:

    Anonymous Anonyme said...

    Que le ciné coûte cher, c'est hélas vrai, si en plus on se tape une daube, ça fout les boules!
    mais je ne vais pas regretter qu'on ne peut ni y fumer, ni mettre le film en pause! lol


    Sinon, moi aussi j'adore ce film.. ils n'ont pas pu s'empêcher de faire la mouche 2, avec le fils de Seth.. ça commence par Geena Davis qui accouche et meurt (si mes souvenirs sont exacts) ça n'arrive évidemment pas à la cheville du premier.

    Ce qui m'étonne de toi, c'est que tu n'as pas précisé que ce film est un remake du film "La mouche noire", un classique d'horreur des années 50... l'as-tu vu?


    Zoun

    mercredi, 18 avril, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    Oui, bien sûr, j'ai vu tout ça !
    Alors effectivement, La Mouche 2, c'est comme le Cube 2, ça ne mérite même pas le moindre commentaire.
    Par contre, je voulais citer l'ancien (où, malgré le côté ultra craignos des trucages de l'époque, il y a quand même certains bons moments), et puis voilà, ça m'a échappé... Donc, merci d'avoir réparé l'erreur !

    mercredi, 18 avril, 2007  
    Blogger Vincenttheone said...

    Et pour mémoire, le film original (1958) est dû à Kurt Neumann, avec Vincent Price dans le rôle principal. Voili, voilà...

    mercredi, 18 avril, 2007  
    Anonymous zoun said...

    aah je savais que t'avais oublié!!

    lol

    jeudi, 19 avril, 2007  
    Blogger Sire Al Capitaine II said...

    Un film qui doit cartonner. Il faut que je le trouve en dvd. En fait, cette version de Cronenberg est un remake d'un vieux film des années 1950. Autre film, mais qui n'a rien à voir, "La Femme Guêpe" de Roger Corman. Un peu dans le même genre il me semble...!

    mardi, 22 février, 2011  
    Blogger Vincenttheone said...

    En théorie, il se trouve très facilement en DVD... Par contre, je n'ai jamais vu le film de Corman dont tu parles (mais attention, c'est un réalisateur dont il faut souvent se méfier, lol) !

    mercredi, 23 février, 2011  

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