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  • samedi, juin 20, 2026

    MISSISSIPPI BURNING (ALAN PARKER)

    Je pense que vous connaissez déjà ce film, tourné par Alan Parker en 1988, et qui raconte l'histoire authentique du triple meurtre commis en 1964 sur trois militants de Freedom Summer. D'une façon assez générale, il y a peu d'Opus qui parlent du racisme envers les noirs, et les deux plus marquants dont j'ai déjà parlé ici sont American History X de Tony Kaye (1998) et Invictus de Clint Eastwood (2009). Sorti en 1988, soit encore dix ans auparavant, Mississippi Burning commence de la façon la plus évidente possible :

    Suite à cette tuerie, deux agents du FBI sont envoyés sur place... Curieusement, le plus jeune d'entre eux, Alan Ward (Willem Dafoe), reste celui qui agit uniquement selon les démarches officielles. En revanche, son adjoint Rupert Anderson (Gene Hackman), originaire du Mississippi et bien plus âgé, utilise ses méthodes personnelles, bien moins conventionnelles :
    Dès le début, nous sommes préparés à cette montée de violence - qui ne vise pas seulement les noirs, mais tout aussi bien ces envoyés du FBI :
    Comme le dit le shérif Ray Stuckey (Gailard Sartain), "On se fout de leur avis. Ici, on est dans le Mississippi" :
    Peu de temps après, l'on retrouve la voiture, à bord de laquelle se trouvaient les trois hommes assassinés... C'est la raison pour laquelle Alan Ward exige que l'on fouille le marais tout entier, y compris à l'aide de nombreux militaires, afin de découvrir leurs corps :
    Aussitôt se déroule ce qui n'est pas rare au Mississipi, l'incendie criminel des maisons... L'on peut y voir le talent implicite d'Alan Parker, dans sa citation du mot "freedom" devant celle-ci :
    La recherche se poursuit, avec encore davantage de monde, mais toujours sans résultat :
    Pendant ce temps, l'on devine l'exposition encore plus forte des noirs, qui se décident à chanter en l'honneur de Dieu dans l'église de leur comté... Ils sont hélas attendus par des membres du KKK - autrement dit, le Ku Klux Klan, une sorte de société terroriste suprémaciste blanche existant depuis 1865 :
    Ceux-ci se mettent à brûler l'église, puis poursuivent et frappent ceux qui leur tombent dans les mains - notamment ce jeune noir, pas mort, mais bien amoché :
    Se présente alors dès le lendemain un homme en apparence juste décidé à mettre les choses au point, Clayton Townley (Stephen Tobolowsky)... Mais c'est en fait le chef local du KKK, qui ne fait qu'attiser la haine et le mépris, de façon de plus en plus violente :
    Rupert Anderson commence alors à appliquer sa vision personnelle du Mississippi, totalement opposée à celle de son chef du FBI Alan Ward... Meilleure preuve dans cette opposition avec l'un des soi-disant chefs de la ville, qu'il a vite fait d'attraper par ses parties les plus sensibles, et à mettre à terre rapidement :
    Pendant un moment, marqué par la découverte du jeune noir bien ensanglanté, Alan Ward comprend de mieux en mieux la vision de Rupert Anderson :
    Mais cela ne s'arrête pas, allant toujours plus loin :
    Il se tient alors un procès, auquel Alan Ward et Rupert Anderson se rendent aux fins d'assister à une bonne décision... Mais le juge, apparemment du KKK lui aussi, ne donne aux accusés que cinq ans de prison - qu'il autorise en outre à vivre en sursis :
    Du coup, la réaction du public devient nettement plus forte, entre autres chez les noirs - dont l'un d'eux tente même de les attaquer ouvertement... Malheureusement, il est surpris par derrière par des membres du KKK, et échappe de justesse à une tentative de lynchage :
    A ce moment précis, Rupert Anderson se rend une fois de plus chez la femme de Clinton Pell (Frances McDormand), qu'il soupçonne de n'être pas du tout d'accord avec les mouvements du Mississippi... Après quelques dialogues, il finit enfin par obtenir ce qu'il espérait depuis le début : l'adresse précise où sont enterrés les corps des trois victimes :
    Selon toute apparence, elle a bien donné le bon endroit, la ferme des Roberts :
    Mais un problème se présente visiblement aux yeux de Ray Stuckey, qui de façon discrète suggère au shérif adjoint Clinton Pell (Brad Dourif) de se rendre sans plus tarder chez son épouse... Ce qu'il fait immédiatement, accompagné de quatre ou cinq membres du KKK, envoyant celle-ci bien amochée à l'hôpital :
    A force de monter le ton, Rupert Anderson finit presque par recevoir un avertissement impitoyable de son collègue Alan Ward... Par chance, cela ne dure pas bien longtemps, et les voici bientôt reparti tous les deux à la poursuite de sept hommes apparemment coupables :
    Le plus désigné, c'est évidemment Clinton Pell, qui se retrouve cette fois-ci face à Rupert Anderson, lequel prend un certain plaisir à le faire avouer sans détour - avant de le laisser tourner sur sa chaise :
    Résultat ? Une dizaine d'hommes arrêtés par le FBI, cette fois ne bénéficiant d'aucun sursis... Clinton Pell, Frank Bailey et Clayton Townley portent évidemment des noms juste conçus pour le film, mais leur identité, les années de prison et les faits reprochés sont bien réels :
    Voilà, c'en est fini... Enfin presque, puisqu'il reste encore à Rupert Anderson de se rendre une dernière fois dans l'appartement de Mme Pell, bien dévasté, et de lui faire sincèrement ses adieux :
    Vous n'allez pas m'en vouloir de vous mettre un trailer ?
    Toujours est-il, si cela peut vous rassurer, que le KKK a été lors de ces meurtres de 1964 profondément rabaissé, ayant tellement mobilisé l'opinion que cela a bientôt abouti à la promulgation du Civil Right Act. Il n'existe pratiquement plus, se manifestant de temps à autre par des intentions sporadiques ou relié à l'extrême droite... Presque quarantes ans après la conception de ce film, on doit donc vivement remercier Alan Parker, ainsi que Willem Dafoe, Brad Dourif, Frances McDormand, et surtout l'extraordinaire Gene Hackman !

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