L'INDEX DE TOUS LES FILMS COMMENTÉS :
  • C'EST ICI !!!
  • C'EST LÀ !!!
  • C'EST ICI & LÀ !!!

  • mercredi, octobre 25, 2006

    GHOST DOG (JARMUSCH)

    Génialissime...
    Un film du grand (et très discret) Jim Jarmusch, que j'ai adoré dès sa sortie, féru de culture orientale comme je le suis.
    Un film à voir au premier, au second et au troisième degré (sinon plus), ne serait-ce que pour cette bande de "bras cassés" de mafiosi à pisser de rire, tous plus "loosers" les uns que les autres :
    ...tous scotchés à leurs dessins animés d'une façon pathétique et pathologique (mais finalement assez peu anodine, car en général, si l'on observe bien, le "Cartoon" prédit presque toujours ce qui va leur tomber sur la tête) :
    L'histoire invraisemblable d'un tueur à gages black recruté par la fameuse bande citée ci-dessus pour un "contrat" visant l'un des leurs, laquelle va par la suite à tout prix tenter de l'éliminer - code de l'honneur sicilien oblige. Une histoire dans laquelle on rencontre une petite fille férue de littérature japonaise, un vendeur de glaces français qui ne parle pas un mot d'anglais, un mafieux bien déjanté qui ne jure que par Public Enemy, et bien d'autres curiosités du même genre... inénarrable, en résumé !
    Mais au-delà de ses aspects humoristiques très décalés, un peu à la Tati, finalement, c'est un film extrêmement puissant qui brasse de nombreux thèmes, notamment celui de la communication - verbale ou non - entre êtres humains. Avec entre autre cette scène non dénuée d'humour, où notre acteur national Isaac de Bankolé (qui ne comprend pas un mot d'anglais) suppute les intentions du héros :
    ...lequel lui répond quelques minutes plus tard (sans avoir non plus compris un traître mot de français) par les mêmes mots texto :
    Quelque part, je trouve ça géant, cette scène. Je veux dire, ça me parle vraiment, ça me rappelle de vraies expériences vécues à l'étranger... Quand la communication verbale est absolument impossible, et qu'on s'aperçoit alors qu'il y a tellement d'autres façons de communiquer, par le geste, le regard, etc... C'est magique, par moment !


    Bref ! Moi qui vénère les animaux (et si vous ne les aimez pas, ne fréquentez plus ce Blog, s'il vous plaît, allez plutôt sur jaimetuerlesbébésphoques.fr ou sur torturanimals.com), il y a une autre scène mythique de ce film que j'adore, c'est celle-ci, lorsque Forrest Whitaker tombe par hasard sur deux exaltés de la chasse, vaguement racistes sur les bords :
    La scène entière (mais sans sous-titres) au début de ce podcast, qui en comporte également quelques autres :
    Ce n'est pas pour être passéiste, genre Sacha Guitry, "mon père avait raison", mais bon, il faut tout de même bien admettre, comme le suggère Jim Jarmusch, la supériorité absolue des "cultures anciennes" : Bach, c'est autre chose que Britney Spears, Leonardo, c'est quand même mieux que les gribouillages d'Andy Warhol, quant à Shakespeare ou Racine comparés aux excréments de Christine Angot, je n'en parle même pas. Pour une raison ou pour une autre, il y a un "truc" qu'ils savaient, et qu'on a sans doute perdu, je crois...
    L'autre leçon à retenir de ce film, c'est qu'il est presque entièrement bâti à partir du 葉隠れ ("Hagakure"), un ouvrage du XVIIIème siècle de Jôchô Yamamoto (山元, pour les intimes) recensant la plupart des "codes d'honneur" des Samouraïs, remis à l'honneur et popularisé par Mishima (三島) peu de temps avant son "Seppuku" (autrement dit, "Harakiri", qui n'est pas un mot japonais), preuve s'il en est qu'il avait vraiment été au bout de sa démarche.
    Et si vous voulez mon personnel avis...
    Tous les musiciens - qu'ils soient amateurs tout comme professionnels - devraient acheter ce livre ("Le Japon Moderne et l'Éthique Samouraï", Yukyô Mishima, Arcades, Gallimard), car presque toutes les lois de cette éthique s'appliquent, trait pour trait, à la musique. Un exemple au hasard, cité dans le film :
    (Traduction Gallimard : Il existe un certain état d'esprit qu'on a pu appeler "état d'esprit du temps de pluie". Quand on se trouve pris sous une averse soudaine, on peut essayer de ne pas se faire mouiller en courant de toutes ses forces ou en cheminant sous l'avancée des toits ; mais quoiqu'on fasse, on sera trempé. Si on s'est mentalement préparé dès le départ à être mouillé, on ne sera pas le moins du monde dépité lorsque cela se produira. C'est là une attitude profitable en toute circonstances). Et j'ajouterais : surtout en situation de concert ou d'examen, vraiment, on ne pourrait pas mieux décrire l'état d'esprit idéal à avoir en ce genre de cas.
    Si vous n'êtes pas encore convaincu(e)s, deux autres bonnes raisons de ne pas zapper ce film grandissime. D'une part, Forest Whitaker, qui à lui seul vaut le détour, je veux dire au sens où il se rattache à la très rare catégorie d'acteurs (que j'adore) qui sont là sans être là (je me comprends) : Jacques Dutronc, Jacques Gamblin, Kitano... Whitaker, bien sûr, et même Eastwood de temps en temps. On a l'impression de lire dans leur tête : "Bon, je suis là en train de jouer dans un film, rien à cirer, en fait, mais c'est bien payé, sinon, je serais tout aussi bien à ne rien glander sur une plage de Tahiti", et ça se voit ! La coolitude à l'état pur, en résumé...
    Et puis bon. Pour moi qui suis un mec, malgré tout, la quatrième raison de voir ce film, c'est quand même la petite Tricia Vessey, une actrice totalement inconnue jusqu'alors (et jusqu'après, je crois), mais qui est vraiment à 712% mon type de femme préféré :
    Pas japonaise, mais j'adore....
    Mais bref, trêve de conneries : ce film est vraiment un chef-d'oeuvre du septième art comme on en voit assez rarement, à vous procurer de toute urgence (et encore, j'ai oublié de parler de la bande son minimaliste, mais géniale de RZA, je me rattrape in extremis avec ce podcast) :
    Sinon, je vous rappelle que je fais une "mailing list" sur ce Blog précis, étant donné que je ne l'actualise pas très souvent. Si donc vous adorez le cinéma, et souhaitez être prévenu à chaque parution d'un nouveau Post (qui sera forcément une critique ou une analyse de film), envoyez-moi un mail à l'adresse buffaddict@orange.fr, et vous serez d'emblée intégrés dans le listing.
    Cool, non ???

    Libellés : , ,

    0 Comments:

    Enregistrer un commentaire

    Links to this post:

    Créer un lien

    << Home