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  • dimanche, octobre 22, 2006

    SPIDER (CRONENBERG)

    Une fois n’est pas coutume...
    Je vais cette fois-ci tenter de vous parler d’un film qui me met un tout petit peu mal à l’aise, non pas tant par son contenu ou certaines images qui pourraient paraître choquantes, mais du fait qu’il s’agit de l’avant-dernier film de l’un de mes réalisateurs préférés, et que là, pour une fois, j’ai vraiment du mal (alors que j’avais adoré eXistenZ, qui avait décontenancé bon nombre de gens).
    Il y a pourtant de très bonnes choses dans ce film, à commencer par la performance hallucinante de Ralph Fiennes, qui se coltine une fois de plus un rôle de déjanté total qui a dû, je suppose, être assez lourd à porter (souvenez-vous de sa prestation dans Strange Days de Kathryn Bigelow, où il avait quand même aussi l’air de bien marcher à côté de ses pompes, comme on dit) :

    Comme vous pouvez déjà le constater avec ces images, la photo – bien que très particulière – est également magnifique, essentiellement à base de bleus crépusculaires, à l’extrême inverse, finalement, d’eXistenZ, construit à l’imitation du monde des jeux vidéos sur des oranges et des jaunes très saturés.
    Alors bien sûr, on retrouve ici les grandes constantes du style épuré du Maître : pas de plans transitionnels, ni de pure convention (un peu comme Kitano, mais pas du tout de la même façon), mais au contraire un "sur-signifié" de pratiquement chaque image, qui toutes mettent l’accent sur la solitude et l’emprisonnement mental de l’(anti) héros Ralph Fiennes :

    Au final, tout ceci est quand même très flippant, et surtout très lent, je crois que c’est peut-être ce qui me gène le plus dans ce film, surtout que contrairement à d’autres films "lents" du même genre, la plupart des scènes se passent dans un silence de mort, Howard Shore (N.B : le musicien fétiche de Cronenberg) n’ayant composé en l’occurrence qu’une partition extrêmement spartiate.
    Comme le dit Cronenberg lui-même dans le second DVD de bonus (où figure d’ailleurs un très excellent court-métrage du Maître, Caméra, réalisé à l'occasion du 25ème anniversaire du Festival du Film de Toronto, qui dit finalement en 6 minutes tout ce qu'il y a à savoir sur la vie, la mort, l'espoir et le désespoir, l'amour des enfants et la détestation de la vieillesse), que j'ai réussi à choper pour vous sur Youtube, hélas seulement en V.O non sous-titrée (mais bon, ça va, l'acteur parle lentement, sans argot, et ce n'est donc pas trop difficile à comprendre) :

    "Avec Spider, j’ai voulu faire un film très, très simple. Et comme je suis allé vers la simplicité extrême, il devrait s’ouvrir vers une grande complexité."
    Pour l’instant, je persiste à penser que parmi les nombreux films sortis récemment au sujet de la schizophrénie (Fight Club, Mulholland Drive, etc.), le plus parfait reste encore Lost Highway de David Lynch (voir l'article du même nom). Mais dans ce genre de cas, il faut aussi savoir rester humble. Ceci me surprend à chaque fois qu’il m’arrive de déchiffrer une œuvre de Bach, Beethoven ou Brahms que je ne comprends pas (ou qui ne me séduit pas) du premier coup. Là, quand même, je me dis : "Non, mais attends, t’es qui, toi, pour oser critiquer ces gens-là ?"…
    Et souvent, l’expérience me donne raison : ce sont des œuvres difficiles, revêches, il faut prendre le temps de les jouer, de les rejouer, et à la longue, finalement, tout s’éclaire, et on se prend presque à préférer ces œuvres-ci à toutes les autres, d’un abord bien plus facile (je pense notamment à Die Kunst der Fuge de Bach, ou encore aux Variations Diabelli de Beethoven, qui sont tout sauf séduisantes à la première écoute). Alors bon, pour Spider, de la part d’un auteur que j’estime par dessus tout, je me dis que cela va finir comme ça, tant bien que mal… Après tout, ce n’est jamais que la deuxième fois que je le vois, donc… Il y a de la marge !

    Watch the trailer (si encore possible ?) :

    Et sinon, by the way, je vais bientôt faire une Newsletter pour ce Blog, car il n'est pas actualisé très souvent, ou alors au coup par coup (quand ça me chante), et vu qu'il a tout de même un certain nombre de fans, je pense que ceux-ci aimeraient être prévenus dès qu'un nouvel article apparaît, comme ce soir, en l'occurence... ce qui est bien moins prévisible que sur MOVIES, MONTAGNES, MUSIQUES (& BUFFALOS !) ou SNEAKERS & BUFFALOS, où j'écris quasiment chaque jour. Si vous faites partie de ceux-ci, envoyez-moi un mail disant en substance : "Je souhaite être prévenu(e) dès qu'un nouvel article sera publié sur LE CINÉMA DE VINCENT", le tout à l'adresse buffaddict@aol.com. Vous recevrez dès lors un mail à chaque publication d'un nouveau Post.

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