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  • mercredi, octobre 02, 2013

    CONTACT (ZEMECKIS)

    Un film magnifique, de Robert Zemeckis !
    Sorti en 1997, et donc juste postérieur à Forrest Gump, déjà fort remarquable, ce film parle d'un sujet bien rare au cinéma, la divergence entre la pensée mystique et le point du vue scientifique. Ce thème apparaît peu de fois, car il se révèle presque automatiquement mal réalisé et mal traité, dépourvu d'effets spéciaux et tournant en rond sur ce sujet délicat, sans en offrir une bonne vision.  Cela, je le précise, n'est absolument pas le cas ici, et nous pouvons déjà en rendre grâce aux deux acteurs jouant les rôles principaux : le Dr Eleanor Ann "Elie" Arroway (Jodie Foster), la porte-parole des scientifiques, et le Révérend Palmer Joss (Matthew McConaughey), comme son nom l'indique le représentant du circuit religieux. Je passe rapidement sur le début - où l'on voit pourtant toute l'histoire de Elie Arroway avec son père, qui a fait d'elle ce qu'elle est actuellement -, pour en arriver d'emblée à cet échange entre les deux, où tout se trouve en réalité débattu par l'histoire du rasoir d'Ockham :
    Cet échange de paroles n'a pas l'air très important, à ce stade du film. Après tout, peu importe que les gens pensent différement, si cela n'a pas d'effet sur leur activité principale - la recherche en astronomie d'Elie Arroway, l'édition de livre pour Palmer Joss. Mais ceci va très vite se mettre en place, notamment avec l'arrivée du Dr David Drumlin (Tom Skerrit, déjà célèbre pour ses rôles dans Alien, Dead Zone, ou Top Gun), qui va ici se révéler une personne fort peu agréable, capable de s'investir totalement dans la suppression de biens d'Elie Arroway :
    Fort heureusement, Elie Arroway se trouvera encore fournie pendant quatre années, pour une raison qu'elle comme vous ne maîtrisez absolument pas. Mais toujours est-il qu'elle se trouvera touchée par le contact radio en provenance de Véga, une planète située à 26  années-lumière, avec ce qui se révèlera être tout d'abord un bruit assez étonnant, pour finir par se transformer en vidéo plutôt explicite :
    Bref, inutile de le préciser, toute cette prise en mains par l'état lui-même, qu'il s'agisse des forces de base :
    De leur directeur Michael Kitz, pas si méchant qu'il n'en a l'air (joué par James Woods, brillant acteur de Videodrome, Cop, et Final Fantasy, pour ne citer qu'eux) :
    Ou même de leur chef en question, Bill Clinton, filmé "pour de vrai" - avec ce qui failli être un réelle sanction aux yeux de Roland Zemeckis, mais finalement, aucune plainte juridique n'a été déposée, ce qui a transformé le jugement en "avertissement pour l'avenir" :
    Reste encore deux personnages à mentionner, réellement importants. Tout d'abord, le fougueux cléricaliste Joseph, autrement dit, Jake Busey - fils, comme chacun sait, de Gary Busey :
    Ensuite, le très fameux S.R. Hadden - joué par John Hurt, lui aussi présent dans Alien -, auteur non seulement des quatre années de financement à l'égard d'Elie Arroway, mais aussi décrypteur du fameux message provisoirement illisible :
    Nous en sommes rendu, dès lors, à l'une des premières phases importantes du film, qui reproduit le texte reçu, et très vite, les tendances que cela implique dans la construction d'une machine monumentale :
    Sauf que là, comme l'on s'en doutait d'ailleurs assez justement durant tout ce début, le Dr David Drumlin - Tom Skerritt - va utiliser toutes ses relations pour s'asseoir à l'unique place offerte sur le nouveau vaisseau spatial, ce qui, bien sûr, marchera :
    Enfin, faillira marcher, pour être exact. Ceci passera du reste pour l'un des meilleurs passages du film, où l'on verra le fameux Joseph devenir un Kamikaze inapproprié du vaisseau spatial :
    Un passage où Robert Zemeckis fait usage d'effets spéciaux certes assez courts, pour décrire la scission de la base, mais remarquablement bien réalisés :
    Nous voici donc rendus, à peu près, à la moitié du film. Que va t-il donc se passer, par la suite ? Et bien, rien n'est arrivé à Elie Arroway, et comme le dit fort justement S.R. Hadden, qui compte désormais grandement la favoriser, "à quoi bon bâtir une base si l'on peut en construire deux" - ce qu'il a évidemment fait sur l'île d'Hokkaidô (北海道), l'un des endroits les plus spéciaux du Japon :
    Résultat : va désormais inculquer à Elie Arroway de s'offrir le voyage toute seule - et là, on est bien obligé d'admettre que l'une des grandes forces de ce film repose en grande partie sur Jodie Foster, l'une des actrices les plus époustouflantes du monde. C'est bien sûr le cas au tout début de ce vaste voyage :
    Mais surtout lorsqu'il se transforme de lui-même en entrée dans un tunnel particulièrement déconcevant - là encore, absolument remarquable au niveau des effets spéciaux :
    Le plus étonnant, c'est évidemment l'arrivée d'Elie Arroway sur la planète de Véga, qui non seulement ne se passera pas vraiment de la façon prévue, mais en outre laissera plusieurs interprétations possibles, notamment les deux en cours sur la fin :
    En fait, tout se déroulera à partir de là comme une "mise en images" perpétuelle, axée tout d'abord sur sa pure découverte de cet étrange élément :
    Puis continuant sur sa propre rencontre avec son père, ou plutôt, disons-le, avec une chose qui tente de se faire passer pour son père pour ne pas la perturber outre mesure - soit dit en passant, le rôle du "gentil" père étant tenu par le fameux David Morse, qui interprète habituellement les versions du "méchant" :
    Vous allez me dire, parvenus à ce moment, qu'il ne reste plus qu'une seule chose à arriver : son propre retour vers la terre. Certes, votre point de vue était tout à fait justifié, mais sans doute bien inférieur à la réalité, qui se passe en une fraction de seconde :
    En fait, le point est là : d'un certain côté, une visiteuse qui a l'impression que son voyage a duré un bon bout de temps. De l'autre, tout ceux qui sont restés sur terre, et ont le sentiment malheureux que ce voyage n'a pas pu exister, vu sa brièveté impossible :
    C'est tout cela qui vaut le procès entre Elie Arroway et Michael Kitz, où aucun d'entre eux ne va avoir raison, pour ainsi dire, puisque leur point de vue sont irrationnels et incohérents, chacun pris de leur côté :
    Reste la dernière image du film, plutôt fascinante : celle où Rachel Constantine - Angela Bassett, évidemment - cite la vraie durée du voyage, du moins celle recueillie par la caméra, et que Michael Kitz n'a plus qu'un mot dans la bouche, lui-même scotché par toute cette aventure :
    J'ai dit la dernière image du film ? Pardon, je voulais juste dire : la dernière image du procès. Car la dernière image du film, qui prend place bien des années après le procès, est tout simplement fascinante, bien connue des amateurs de haute montagne :
    En résumé : il s'agit d'un grand chef d'oeuvre, certes ayant coûté beaucoup d'argent (90 millions de dollars !), mais étant bel et bien à la hauteur du thème abordé. D'une part, on retrouve évidemment des acteurs tous fort connus, lesquels prennent place dans un scénario très bien réalisé, avec deux grands effets spéciaux - justement avec le premier beaucoup plus court que le second, mais ceci est forcément volontaire. D'autre part, l'auteur du film ne gave personne avec son propre avis sur le sujet, de même d'ailleurs que le véritable écrivain de la nouvelle, Carl Sagan, lui-même très indécis sur le thème.
    En fait, cela nous ramène à la question du rasoir d'Ockham, et je ne peux pas m'empêcher de citer Wikipédia à ce sujet : "Il est défini par Elie comme le principe selon lequel, toutes choses étant égales, il convient de choisir l'explication la plus simple. Dans la première scène, Elie provoque un peu le révérend Palmer Joss en lui demandant de lui dire quelle est l'hypothèse la plus simple : Dieu existe mais refuse de donner toute preuve de son existence, ou bien : Dieu n'existe pas; nous l'avons créé pour résoudre nos problèmes existentiels. Palmer Joss ne sait que répondre mais fait remarquer à Elie que la notion de preuve ne peut être absolue, qu'il y a des vérités qui ne peuvent être prouvées objectivement et ne se fondent que sur notre conviction intime. Comment Elie pourrait-elle prouver, par exemple, l'amour qu'elle avait pour son père? On comprend qu'il s'agit là d'une sorte de joute intellectuelle entre une scientifique et un homme de foi. En fait, l'intérêt de la scène est de préparer l'une des scènes de la fin. Dans cette seconde scène, les rôles sont inversés : c'est à Elie qu'on demande de choisir entre deux explications : elle est réellement allée au centre de la galaxie, et a vécu toutes ces expériences extraordinaires qu'elle prétend avoir vécues, sans d'ailleurs pouvoir le prouver le moins du monde, ou bien : elle a simplement été le jouet de l'excentrique et génial financier de l'opération, le milliardaire Haden. Par honnêteté intellectuelle, Elie doit reconnaître que le rasoir d'Ockham joue contre elle et qu'il est plus simple et raisonnable de croire qu'elle ait été la victime d'un canular. Mais elle ajoute finalement, comme en écho à la réponse de Joss dans la première scène, que, si elle n'a pas de preuve, elle en a du moins l'intime conviction. Bien plus, son souhait le plus cher est maintenant de faire partager son expérience qui l'a tant transformée".
    Que dire de plus ? Certes, Jodie Foster est proprement géniale, jouant son rôle quasiment dans l'intégrale du film... Certes, les effets spéciaux sont remarquables, surtout le second, inoubliable... Certes, la musique en est tout simplement très belle, ce qui est bien normal, vu qu'elle est due, comme c'est presque toujours le cas avec Robert Zemeckis, à Alan Silvestri... Mais ceci ne remplacera absolument jamais vos Comments, qui j'en suis sûr, seront fort adaptés et cohérents !

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    9 Comments:

    Anonymous Anonyme said...

    Ca m'a l'air très intéressant ! Le sujet est passionnant. Quels sont les autres films qui ont traité du sujet ?
    Bisous et merci pour cet article.
    Cha

    dimanche, 16 juin, 2013  
    Blogger Vincenttheone said...

    Oh, il y a pas beaucoup d'autres films qui ont traité de ce sujet, et la plupart sont tellement peu passionnants qu'il me semble relativement inutile d'en donner le titre... Mais celui-ci est vraiment génial, crois-moi sur parole, et regarde-le dès que possible !

    dimanche, 16 juin, 2013  
    Anonymous Anonyme said...

    salut Vincent, je vais tacher de le voir. un film avec Jodie Foster ne peux pas étre mauvais. pour ma part j'ai vu pour la première fois un film que je te conseil.
    Barry Lindon
    naturellement je plaisante, un film que tu connait, mais pas moi.
    la vachette

    dimanche, 11 août, 2013  
    Blogger Vincenttheone said...

    Tu as raison, ne serait-ce qu'en raison de la présence de Jodie Foster, le film est proprement génial... Mais aussi forcément à l"égard de Barry Lindon, un grand film de Stanley Kubrick !

    dimanche, 11 août, 2013  
    Anonymous Anonyme said...

    Salut Vincent, Je t'ai laissé un SMS mais tu n'as peut-être plus de portable. Je t'y annonçais le décès de ma mère dimanche 1er septembre.
    Sinon j'ai commencé à lire ton travail sur Contact mais je ne voulais pas connaitre la fin. Ça m'a l'air super bien qu'il me semble que le film a été descendu par la critique.
    À bientôt.
    Fredlelaà442

    dimanche, 15 septembre, 2013  
    Blogger Vincenttheone said...

    Non, effectivement, cela fait une bonne année que je n'ai plus de portable !
    Sinon, oui, tu as bien raison... CONTACT est vraiment un film fabuleux !

    lundi, 16 septembre, 2013  
    Anonymous Yetaland said...

    Ca a vraiment l'air intéressant.

    mercredi, 04 décembre, 2013  
    Anonymous Zoun said...

    Je l'ai vu il y a très très longtemps, tu m'as donné envie de le revoir, comme d'hab. En plus j'adore ce réalisateur! Je te souhaite une excellente année un peu en avance!

    mardi, 31 décembre, 2013  
    Blogger Vincenttheone said...

    Merci pour la très bonne année !
    Je te la souhaite aussi, surtout que l'on souffre à peu près de la même maladie... Que ceci ne t'empêche pas de réaliser ton long métrage, et je crois que cela se passera très bien !

    mercredi, 01 janvier, 2014  

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