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  • vendredi, février 09, 2007

    À TOMBEAU OUVERT (SCORSESE)

    Autrement dit, Bringing out the Dead.
    L'un des films les plus atypiques de Martin Scorcese (n'oublions pas cependant le génial After Hours), qui ne parle ni de mafia, ni de violence, mais bel et bien de la descente aux enfers d'un ambulancier new-yorkais au bord de la dépression (Nicolas Cage), dans la ville favorite du maître, l'un des rares - avec Woody Allen, bien sûr - à toujours avoir refusé de prendre ses quartiers à Hollywood.
    Film magistral divisé en trois parties assez nettement tranchées, et qui s'ouvre sur le visage totalement halluciné de Nicolas Cage au volant de son ambulance, qui suffit à donner le ton :

    Le moins que l'on puisse dire, c'est que ce jeune homme ne va pas très bien... À force d'accumuler les échecs, et de ruminer sur tous les morts qu'il n'a pas pu, malgré tous ses efforts, ramener à la vie, il commence peu à peu à sombrer dans l'incohérence, l'alcoolisme, et même une certaine forme de mysticisme :

    Les trois parties du film s'articulent en fait autour de chacun de ses coéquipiers, et illustrent chacune une façon différente de se confronter aux grands problèmes de la vie, et notamment, le plus grand de tous : la mort.

    1) Manque de bol, son premier cooéquipier (John Goodman) est plutôt du genre "à qui on ne la fait pas"... Alors que Nicolas Cage est en pleine crise mystique, le principal souci de John Goodman va consister à vérifier qu'il ne va pas reprendre au déjeuner le même menu que la veille, et à ne pas se faire entuber par son patron. D'un jem'enfoutisme absolu, ce n'est pourtant pas un mauvais ambulancier ; mais dans une profession aussi exigeante, il se contente de faire ce qu'il doit faire. Jamais moins, mais surtout jamais plus (peut-être la pire des attitudes, finalement) :

    Alors qu'à ses côtés, Cage ne rêve que d'une chose, c'est de regoûter au moins encore une fois à l'adrénaline de pouvoir sauver quelqu'un :

    2) Premier changement d'équipe, avec le bon Papa Marcus (Ving Rhames, encore svelte à l'époque), qui va commencer à lui ouvrir certaines portes, mais malgré tout trop religieux et d'un optimisme envers la vie tellement inébranlable que Cage, bien que séduit, aura encore du mal à y adhérer totalement :

    Avec, à la clef, cette scène désopilante du sauvetage (bidon) d'un junkie victime d'overdose :

    Et cette autre scène, bien réelle, de l'accouchement in extremis de deux jumeaux dans un sordide grenier :

    Sans parler de l'un des clous du film, le crash magistral de l'ambulance :

    L'autre clou du film étant bien sûr cette scène complètement délirante chez le dealer qui fournit Patricia Arquette (la petite amie potentielle de Nicolas Cage), au grand dam de ce dernier :

    Car à la suite de l'absorption de certaines substances, Cage va se trouver plongé dans un trip hallucinant, qui commence par une danse de poissons complètement surréaliste (la musique elle aussi vaut son pesant d'or) :

    Pour se terminer de façon bien plus cauchemardesque, où Cage va de nouveau arpenter tous les endroits de New York où il a perdu ses patients, s'imaginant en train de les ramener à la vie ("bringing out the dead") :



    3) Ultime coéquipier, le diabolique Tom Sizemore, qui contrairement à John Goodman (la désillusion) ou Ving Rhames (la foi & l'optimisme), affronte toutes les situations sur le mode du combat et de l'agressivité (ce qui peut avoir du bon dans certains cas, mais n'est bien sûr pas la panacée non plus) :

    Une chose est certaine dans ce film, sur un pur plan technique, c'est que s'il existe 2000 façons différentes de filmer une ambulance, je suis à peu près sûr que Scorcese les à TOUTES utilisées, même les plus délirantes :


    Sur un même sujet, n'importe qui aurait pu faire au mieux un film ennuyeux, au pire banal ou consternant. Scorcese en fait une magnifique fresque trépidante sur la vie et la mort, le doute et la confiance, la foi et le refus, filmée à 100 à l'heure sans oublier quelques scènes d'un onirisme absolu, comme celle suscitée chez le dealer, ou encore l'apothéose finale, où tandis que les pompiers tentent, au chalumeau, de désincarcérer ce même dealer victime d'une agression, les étincelles se transforment d'un coup en feu d'artifice illuminant tout New York :

    De la poésie à l'état pur, l'une des choses que l'on voit le plus rarement au cinéma, soit dit en passant... Inutile d'ajouter que, comme d'habitude avec Scorcese, le film est techniquement brillantissime et bluffant, la direction d'acteurs impeccable, et bien sûr, le choix de la bande son - très rock'n roll - extrêmement judicieux.

    Bref, un vrai chef d'oeuvre, un film somptueux et riche d'enseignements, que vous prendrez plaisir à voir et à revoir encore (c'est mon cas !), adoncques, n'hésitez pas à le louer pour un soir, ou à vous l'offrir pour la vie !!!

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