THE HOST (BONG JOON-HO)
Vous ne connaissez pas ce réalisateur sud-coréen ? Moi non plus, mais grâce à ARTE, nous avons enfin l'occasion de découvrir ce cinéaste extraordinaire, qui a remporté en 2019 la Palme d'or du Festival de Cannes, avec son film Parasite. Il a commencé tout d'abord en tournant en 2003 Memories of Murder, mais est définitivement rentré dans la course en 2006 avec The Host, un film fantastique qui se passe à Séoul, et mélange habilement horreur, peur, humour et vie de famille.
Pour tout dire, cet Opus m'a immédiatement rappelé Alien de Ridley Scott, daté pourtant de 1979, ne serait-ce que par la qualité des effets spéciaux - notamment dans la création et l'animation du monstre. En quarante ans, il y a certes eu un paquet de films soi-disant d'horreur, mais aucun n'a la grande classe de ce tout premier - hormis peut-être Terminator (1984) et Predator (1987). En résumé, j'ai donc rarement ressenti une telle émotion en voyant pour la première fois The Host, comme vous pouvez vous en rendre compte en regardant ce court trailer :
Tout débute d'une façon logique en l'an 2000, lorsqu'un chel de l'armée américaine ordonne à un scientifique coréen de jeter dans l'évier un tas de produits toxiques... Bien que celui-ci y soit opposé, entre autres parce que les égouts finissent par se déverser dans le Han, il est bien obligé d'obéir à ses ordres :
En 2006, six ans plus tard, nous commençons à découvrir toute la famille, tout d'abord avec Park Gang-du, les cheveux blonds et à moitié endormi - interprété par Song Kang-ho, quasiment l'acteur le plus célèbre de Corée du Sud... Autour de lui se dévoilent son père, Hee-bong, et sa propre fille Hyun-seo, la toute jeune qui regarde à la télévision les Jeux Olympiques du tir à l'arc de sa soeur :
Jusqu'ici, tout va apparemment bien... Sauf que d'un seul coup, sans prévenir personne, un monstre incroyable sort de la rivière Han à Séoul, détruisant absolument tout sur son passage. Dans un premier temps, Gang-du essaye de s'y attaquer, mais sans aucun succès :
C'est l'une des principales différences entre les deux films : alors que dans Alien de 1979, l'attaque avait lieu sur un vaisseau spatial en plein vol, elle se déroule ici dans une grande ville terrestre, face à tous - entre autres, aux autorités américaines qui tentent d'y faire face, de la façon la plus incompétente possible.
Pendant ce temps, Hyun-seo contemple en compagnie de son grand-père une dernière fois sa tante Nam-joo, désespérée de la voir perdre - comme d'habitude - à cause de sa lenteur :
Mais très vite, elle est tenue par son père Gang-du dans la main, afin d'échapper à cette panique généralisé dans l'ensemble du territoire :
Hélas, il est bien trop tard... Et Hyun-seo se fait vite capturer par la bête en question, qui l'entraîne aussitôt dans la rivière :
Résultat ? Tout le monde la croit morte, et élève un portrait à sa mémoire... Sauf sa famille, particulièrement son père Gang-du, et d'une façon plus précise, sa tante Nam-joo et son oncle Nam-il - diplômé au chômage et visiblement alcoolique :
Afin que l'on sache bien à quoi s'en tenir, intervient alors dans ce film une vue du monstre, aussi inattendue que spectaculaire :
Suite à quoi, Gang-du, alors en quarantaine dans l'hôpital, reçoit un coup de téléphone inquiétant, où il reconnait d'emblée la voix de sa fille... Hyun-seo a juste le temps de lui dire qu'elle est coincée dans les égouts, toujours vivante, avant que son portable ne cesse de fonctionner :
Gang-du décide alors de s'échapper avec toute sa famille de l'hôpital, laissant son père Hee-bong acheter un camion, des armes et une carte des égouts... Il réussit pour un temps, mais Hee-bong décide finalement de se sacrifier, afin de laisser une chance à Gang-du, Nam-il et Nam-joo de s'échapper :
Gang-ju est alors capturé par l'armée, en grande partie américaine, et soumis à différents tests désagréables, auxquels il semble indifférent... D'ailleurs, il sait maintenant très bien que sa fille se trouve sous le pont Wonhyo sur la face nord, et semble prêt à tout pour s'évader le plus vite possible :
Incidemment, il s'agit d'une autre différence entre Alien et ce film : ses pointes d'humour, par exemple lorsque Gang-ju décide de quitter l'hôpital, sont assez fortes - et concernent presque toujours les Etats Unis, tout en gardant ses propres limites.
Pendant ce temps, Hyug-seo découvre miraculeusement un petit garçon affamé, Se-joo, regurgité par la créature, auquel elle cherche à apprendre comment s'abriter de lui :
Elle cherche alors à lui montrer un plan d'escalade qu'elle a conçu aux fins de s'évader... Malheureusement, le monstre s'en aperçoit immédiatement, et la fait cette fois-ci disparaître pour de bon :
C'ést précisément le moment où son père Gang-du apparaît, et parvient tout juste à récupérer son corps - enveloppé par de l''agent jaune, un agent chimique déversé par l'armée américaine dans le fleuve de Han :
Devant toutes les protestations du peuple coréen - nouvelle marque d'ironie de la part du réalisateur -, il reste encore aux trois membres encore vivants de la famille de nombreuses possibilités... Tout d'abord, Nam-il tente de lancer des cocktails Molotov sur la créature, mais il se plante sur son dernier coup :
Ensuite, c'est à la tante Nam-joo de s'exercer avec ses flèches enflammées, ce qu'elle semble bien réussir cette fois - contrairement à ce qui s'était passé durant les Jeux Olympiques :
La bête tente alors de s'enfuir, mais au final, Gang-lu l'empale avec une barre métallique, et parvient enfin à la tuer définitivement :
Ainsi se termine la vaste épopée de Gang-du, qui a perdu durant tout ce temps deux membres de sa famille, son père et sa fille... Il lui reste en contrepartie à adopter le compagnon de Hyun-seo, Se-joo, paraissant très heureux de manger ainsi à l'intérieur du snack :
"One of the greatest monster movies ever made", tel fut le point de vue de New York Magazine - et également le mien - autrement dit, "L'un des plus grands films de monstres jamais fait" !
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