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  • vendredi, juin 19, 2026

    THE HOST (BONG JOON-HO)

    Vous ne connaissez pas ce réalisateur sud-coréen ? Moi non plus, mais grâce à ARTE, nous avons enfin l'occasion de découvrir ce cinéaste extraordinaire, qui a remporté en 2019 la Palme d'or du Festival de Cannes, avec son film Parasite. Il a commencé tout d'abord en tournant en 2003 Memories of Murder, mais est définitivement rentré dans la course en 2006 avec The Host, un film fantastique qui se passe à Séoul, et mélange habilement horreur, peur, humour et vie de famille.
    Pour tout dire, cet Opus m'a immédiatement rappelé Alien de Ridley Scott, daté pourtant de 1979, ne serait-ce que par la qualité des effets spéciaux - notamment dans la création et l'animation du monstre. En quarante ans, il y a certes eu un paquet de films d'horreur, mais aucun n'a la grande classe de ce tout premier - hormis peut-être Predator (1987). En résumé, j'ai donc rarement ressenti une telle émotion en voyant pour la première fois The Host, comme vous pouvez vous en rendre compte en regardant ce court trailer :
    Tout débute d'une façon logique en l'an 2000, lorsqu'un chef de l'armée américaine ordonne à un scientifique coréen de jeter dans l'évier un tas de produits toxiques... Bien que celui-ci y soit opposé, entre autres parce que les égouts finissent par se déverser dans le Han, il est bien obligé d'obéir à ses ordres :
    En 2006, six ans plus tard, nous commençons à découvrir toute la famille, tout d'abord avec Park Gang-du, les cheveux blonds et à moitié endormi - interprété par Song Kang-ho, quasiment l'acteur le plus célèbre de Corée du Sud... Autour de lui se dévoilent son père, Hee-bong, et sa propre fille Hyun-seo, la toute jeune qui regarde à la télévision les Jeux Olympiques du tir à l'arc de sa soeur : 
    Jusqu'ici, tout va apparemment bien... Sauf que d'un seul coup, sans prévenir personne, un monstre incroyable sort de la rivière Han à Séoul, détruisant absolument tout sur son passage. Dans un premier temps, Gang-du essaye de s'y attaquer, mais sans aucun succès :
    C'est l'une des grandes différences entre les deux films : alors que dans Alien de 1979, l'attaque avait lieu sur un vaisseau spatial en plein vol, elle se déroule ici dans une grande ville terrestre, face à tous - entre autres, aux autorités américaines qui tentent d'y faire face, de la façon la plus incompétente possible.
    Pendant ce temps, Hyun-seo contemple en compagnie de son grand-père une dernière fois sa tante Nam-joo, désespérée de la voir perdre aux Jeux Olympiques - comme d'habitude, à cause de sa lenteur :
    Mais très vite, elle est tenue par son père Gang-du dans la main, afin d'échapper à cette panique générale dans l'ensemble du territoire :
    Hélas, il est bien trop tard... Et Hyun-seo se fait vite capturer par la bête en question, qui l'entraîne aussitôt dans la rivière :
    Résultat ? Tout le monde la croit morte, et élève un portrait à sa mémoire... Sauf sa famille, particulièrement son père Gang-du, et d'une façon plus précise, sa tante Nam-joo et son oncle Nam-il - diplômé au chômage et visiblement alcoolique :
    Afin que l'on sache bien à quoi s'en tenir, intervient alors dans ce film une vue du monstre, aussi inattendue que spectaculaire :
    Suite à quoi, Gang-du, alors en quarantaine dans l'hôpital, reçoit en pleine nuit un coup de téléphone inquiétant, où il reconnait d'emblée la voix de sa fille... Hyun-seo a juste le temps de lui dire qu'elle est coincée dans les égouts, toujours vivante, avant que son portable ne cesse de fonctionner :
    Gang-du décide alors de s'échapper avec toute sa famille de l'hôpital, laissant son père Hee-bong acheter un camion, des armes et une carte des égouts... Il réussit pour un temps, mais Hee-bong décide finalement de se sacrifier, afin de laisser une chance à Gang-du, Nam-il et Nam-joo de s'échapper :
    Gang-du est alors capturé par l'armée, en grande partie américaine, et soumis à différents tests désagréables, auxquels il semble indifférent... D'ailleurs, il sait maintenant très bien que sa fille se trouve sous le pont Wonhyo sur la face nord, et semble prêt à tout pour s'évader le plus vite possible :
    Incidemment, il s'agit d'une autre différence entre Alien et ce film : ses pointes d'humour, par exemple lorsque Gang-ju décide de quitter l'hôpital, sont assez fortes - et concernent presque toujours les Etats Unis, tout en gardant ses propres limites.
    Pendant ce temps, Hyug-seo découvre miraculeusement un petit garçon affamé, Se-joo, regurgité par la créature, auquel elle cherche à apprendre comment s'abriter de lui :
    Elle cherche alors à lui montrer un plan d'escalade qu'elle a conçu aux fins de s'évader... Malheureusement, le monstre s'en aperçoit immédiatement, et fait tout ce qu'il faut pour la faire disparaître pour de bon :
    C'ést précisément le moment où son père Gang-du apparaît, et parvient tout juste à récupérer son corps enveloppé par de l'agent jaune - autement dit, l'agent orange, un corps chimique bien réel utilisé par l'armée américaine lors de la guerre du Viêt Nam, actuellement déversé  dans le fleuve de Han :
    Devant toutes les protestations du peuple coréen - nouvelle marque d'ironie de la part du réalisateur -, il reste encore aux trois membres encore vivants de la famille  de nombreuses possibilités... Tout d'abord, l'oncle Nam-il tente de lancer des cocktails Molotov sur la créature, mais il se plante sur son dernier coup :
    Ensuite, c'est à la tante Nam-joo de s'exercer avec ses flèches enflammées, ce qu'elle semble bien réussir cette fois - contrairement aux Jeux Olympiques :
    La bête tente alors de s'enfuir, mais au final, Gang-du l'empale avec une barre métallique, et parvient enfin à la tuer définitivement :
    Ainsi se termine la vaste épopée de Gang-du, qui a perdu durant tout ce temps deux membres de sa famille, son père et sa fille... Il lui reste en contrepartie à adopter le compagnon de Hyun-seo, Se-joo, paraissant très heureux de manger ainsi à l'intérieur du snack :
    "One of the greatest monster movies ever made", tel fut le point de vue de New York Magazine - et également le mien - autrement dit, "L'un des plus grands films de monstres jamais fait" ! J'espère que vous partagez cette opinion, et bien que je ne dispose pour l'instant que de The Host, je pense qu'il s'agit de l'un des meilleurs Opus jamais réalisé sur le sujet - celui d'Alien, mais différement traité, avec de l'humour, de l'ironie, un sens de la famille puissant, et - c'est normal, plus de quarante ans après - avec la perfection des effets spéciaux !

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    vendredi, octobre 01, 2021

    THE LAST STAND (KIM JEE-WOON)

    Et français, Le Dernier Rempart, bien sûr... Sinon, il s'agit du premier film américain fait en 2013 par un réalisateur sud-coréen, Kim Jee-Woon, dont le titre original est quelque peu différent :

    Voulez-vous que je vous dise pour quelles raisons je me laisse aller à regarder ce genre d'Opus ? En fait, il y a de très nombreuses explications : 1) Je supporte de moins en moins la TV française, assez nulle (sauf bien sûr ARTE) 2) J'aime beaucoup Arnold Schwarzenegger, en tous cas suffisamment pour le voir de retour depuis son ultime Terminator de 2003 3) J'apprécie énormément le sens de l'humour, notamment quand celui-ci est bien manié 4) Enfin, il me plaît de voir de grands acteurs s'y laisser aller sans complexe, dont le premier est évidemment John Bannister (Forest Whitaker) :
    Vous souhaitez bien sûr savoir pour quelles raisons ce film m'a bien plu... L'histoire en est pourtant très simple, voire TROP simple : le shérif d'une petite ville très paisible d'Arizona, Ray Owens (Arnold Schwarzenegger) va se trouver d'un seul coup confronté avec la mission du directeur du FBI John Bannister (Forest Whitaker), qui se charge de transférer le chef d'un cartel de drogue emprisonné, Gabriel Cortez (Eduardo Noriega) :
    Autour de ces deux personnages fondamentaux, près à travailler ensemble, nous en avons deux sortes. D'une part, les vrais méchants, ainsi d'ailleurs qu'on a l'habitude de les voir dans les films américains, meilleur exemple avec le torride Thomas Burrell (Peter Stormare) :
    D'autre part, ceux qui sont plutôt gentils, c'est à dire du côté de Ray Owens, mais sans non plus tenter l'impossible, tel que Mike Figuerola (Luis Guzman) - qui a lui aussi une très longue expérience de ce type de rôles :
    Pendant le premier tiers du film, on a curieusement l'impression qu'il ne se passe pas grand chose... Il y a certes deux types fort puissants, mais pour des raisons apparemment différentes : John Bannister, plutôt jeune, à la tête du FBI, et visant à transférer Gabriel Cortez ; Ray Owens, nettement plus âgé, qui fut autrefois membre de la brigade des stupéfiants à Los Angeles, et qui suite à une longue mission ratée pourvue de sept morts et de sa tombée dans le coma, se trouve très bien dans cette petite et discrète ville d'Arizona. On imagine ainsi le hiatus qui peut surgir à tout moment entre ces deux hommes (Forest Whitaker et Arnold Schwarzenegger), alors qu'ils ont le même but : empêcher Gabriel Cortez de franchir la frontière mexicaine !
    Mais tout va changer à partir de là, autrement dit à Sommerton, petit village que dirige Ray Owens. Ici se déroule une grave fusillade, menée bien sûr par Thomas Burrell, et combattue avec succès par Ray Owens et ce pur déjanté (mais dans le bon sens), Lewis Dinkum (Johnny Knoxville), que l'on découvre au centre :
    Résultat ? Après avoir tué pas mal de personnes, Thomas Burrel est éliminé à son tour par Ray Owens, qui sent revenir en lui son passé de la brigade des stupéfiants :
    Heureusement, il n'a pas mal de monde à ses côtés, notamment le belle Sarah Torrance (Jaimie Alexander) :
    Qui ne va surtout pas l'empêcher d'utiliser cette arme improbable, que Lewis Dinkum lui a fournie :
    Vous savez à quoi ce film m'a tout de suite fait penser ? A l'excellentissime Last Action Hero, tourné en 1993 par John Mc Tiernan, et où Schwarzenegger joue déjà son propre personnage comme s'il en était un autre, bref, de la folie pure :
    Quoi qu'il en soit, c'est un bref moment où John Bannister - que l'on n'avait pas vu depuis longtemps - et Ray Owens finissent enfin par bien s'entendre, et se respecter mutuellement, quel que soit l'âge ou la couleur qui les séparent :
    Pendant ce temps là, Gabriel Cortez (Eduardo Noriega) force alors le barrage avec sa très puissante voiture, et surtout à son bord Ellen Richards (Génesis Rodriguez), qui est en réalité une taupe du FBI, qui rendit possible son évasion :
    Celui-ci n'a d'ailleurs pas l'air de s'angoisser outre mesure, rassuré par la présence de sa fort belle taupe :
    Mais il va bientôt changer d'avis, poursuivi sur le dernier tronçon par Ray Owens, qui ne va pas le laisser tomber comme ça :
    La première chose qu'il fait à sa taupe Ellen Richards, faute de la tuer, c'est au moins de la virer de sa voiture :
    Mais rien ne va plus pour lui... Et c'est au terme d'une poursuite à travers les champs et une bagarre improbable qu'il se retrouve enfin aux mains de Ray Owens, désormais le seul homme vainqueur et implacable :
    Serait-il capable d'accepter un million de dollars pour le laisser passer ? Voire dix millions ? Inutile de faire ces offres stupides... Ray Owens ne tient qu'à une chose : redevenir shérif dans son petit village tranquille de Sommerton, et rien ni personne ne vont l'empêcher de le faire, point final !
    Vous savez ce que je pense de ce film ? D'un côté, on peut certes le voir très mal, comme l'éternelle reprise sud-coréenne d'un road movie finalement classique ; mais de l'autre, on peut le prendre comme un jeu hallucinant avec l'aspect ultra-célèbre des acteurs en question, comme c'est d'ailleurs assez bien illustré - sans le moindre complexe - sur cette affiche très parlante : 
    Je n'ai hélas trouvé aucune vidéo servant de bref résumé. Mais j'ai par contre déniché cette sortie du cinéma - en français ! -, et exception faite du tout premier auditeur (Mathieu), tout le monde est d'accord sur ces points fondamentaux : 1) Certes, ça met un petit peu de temps à démarrer, mais après, c'est un bon film d'action, ça explose, et ça devient bien marrant 2) C'est très drôle, c'est un bon film de bourrins, comme on les aime 3) Le réalisateur s'éclate carrément, dans cette sorte de reprise des westerns 4) Schwarzenegger délire complètement de son retour au second degré, compte tenu de son âge et de ses rôles précédents :
    En résumé : c'est naze, mais c'est très drôle, le réalisateur s'amuse comme un petit fou, et les acteurs se donnent avec plaisir... J'ai aussi trouvé cette courte vidéo instructive - sauf qu'elle est en anglais non traduit, ce qui ne va pas forcément plaire à tout le monde :
    Mais bon, j'en ai assez dit, sur ce film, à mes yeux très réussi dans son genre... Pourrait-on en dire autant du cinéma français, sans cesse aspirant à la pureté et au jeu parfait des acteurs ? J'en doute fort, mais bon, on ne sait jamais ce qu'il en est... En tous cas, je n'hésiterais pas à laisser un commentaire, si jamais cette œuvre vous a plu autant qu'à moi, c'est à dire un maximum !

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