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  • mercredi, avril 01, 2026

    DEAD ZONE (DAVID CRONENBERG)

    Bon anniversaire au principal acteur de ce film, Christopher Walken - qui vient d'atteindre ses 83 ans !
    Et oui, encore du David Cronenberg... Vous pensez sans doute qu'il s'agit d'un film déjà ancien (1983), mais celui-ci était le premier a être tourné aux Etats-Unis au lieu du Canada avec une masse d'effets spéciaux quasiment invisibles, à commencer par celui du générique :
    Rien qu'à voir comme ceci, cela ne touche pas énormément, mais il faut savoir que ce plan dure plusieurs minutes, et que durant tout ce temps, la fameuse Dead Zone se révèle de plus en plus réelle :
    Laissant du reste deviner le nom de l'auteur de la nouvelle (basée, soit dit en passant, sur une histoire vraie !), Stephen King, qui a servi à nombre de films pour la plupart fort connus, dont le plus célèbre reste Shining de Stanley Kubrick :
    Attention : vu la quarantaine de photos du film, on va sûrement m'accuser de faire un spoiler ! Ce dont vous n'aurions pas tort, mais qu'il est plutôt préférable de dire au début de l'histoire qu'à sa fin, afin de vous laisser à l'abri si vous n'avez pas encore vu ce film. Commençons donc par le début, qui reste certes quelques minutes confiné dans une histoire normale, basée sur l'amour de deux profs et leur futur mariage :
    Mais qui ne tarde pas à basculer très vite à cause d'un grave accident de la route :
    Accident qui va valoir à Christopher Walken, l'acteur principal de ce film, de rester cinq années dans le coma :
    Et de récupérer pour le compte la fameuse Dead Zone, qui va lui donner le don de percevoir par toucher les choses à venir, surtout quand celles-ci ne sont pas bonnes :
    Bien évidemment, il reste navré de voir que sa future femme (Brooke Adams) s'est mariée avec quelqu'un d'autre, cinq ans obligent :
    Mais sa notoriété attire de plus en plus de gens, dont le fameux inspecteur de police Bannerman, joué par le célèbre Tom Skerritt :
    Inspecteur qu'il va de prime abord contraindre au silence, mais il va finir par se décider à lui donner un coup de main fort précieux - et là, il me semble que c'est à proprement parler remarquable, le contraste entre les rôles réels dans un tunnel bien noir, et les rôles irréels joués dans un arsenal en plein jour :
    Il se trouve qu'est aussi remarquable la capacité Dead Zone de Christopher Walken, qui se dévoile capable de traquer l'auteur du meurtre, l'adjoint Dodd de Bannermann (Nicholas Campbell), qui du coup met immédiatement fin à ses jours dans un suicide lui aussi très impressionnant niveau caméra :
    
    C'est de fait le moment durant lequel le film marque une petite pause, au cours de laquelle se développe non seulement la reprise - en privé - de ses propres cours par Christopher Walken, mais aussi son engagement par l'un des hommes les plus riches du comté pour s'occuper de son fils, Roger Stuart (Anthony Zerbe) :
    Pendant peu de temps, ceci se passe très bien, n'était-ce l'apparition de Greg Stillson (Martin Sheen), futur président des Etats-Unis, tandis que pour l'heure Christopher Walken se comporte encore de façon assez potable, ou bien celle de son ex-femme (Brooke Adams) :
    Mais très vite, cela dégénère, tout d'abord en l'image de la mort du garçon :
    Mort qui ne va pas avoir lieu, en raison du Dead Zone de Christopher Walken, bien que laissant le père du garçon dans un état déplorable :
    Mais mort qui va réapparaître de façon fort curieuse en touchant les mains de Greg Stillson (Martin Sheen), personnage qui va du coup se révéler comme un président américain complètement fou, que bien sûr il va falloir abattre quoi qu'il arrive :
    Ni une, ni deux, Christopher Walken va bien sûr se montrer présent dans le show, en repassant dans sa tête l'histoire de son professeur (Sam Weizak) vis à vis de Hitler, qu'il aurait tué sans hésiter, même s'il savait qu'il allait ainsi mourir lui-même :
    Il y aura alors deux meurtres, dont l'un se révèlera totalement inoffensif, celui du fils de son ex-femme sous les mains de Greg Stillson, mais dont l'autre sera bien réel, le sien :
    Sans parler, bien sûr, d'un troisième suicide, celui vu dans le futur d'un impossible Greg Stillson, dont on admirera au passage la fausse couverture de Newsweek fabriquée pour l'occasion :
    Ainsi le film se termine de façon parfaite, avec certes la propre mort de Christopher Walken, mais qui est la seule façon de mener Greg Stillson (Martin Sheen) vers la sienne propre, de la pure morale :
    J'ai utilisé le terme de pure morale parce que je trouve que ce film, indépendamment de sa puissante maîtrise d'acteurs et la grande beauté de ses plans, représente une pure croyance dans ce concept, qu'il provienne de David Cronenberg, de Stephen King, ou plus vraisemblablement de tous les deux réunis pour cette seule occasion.
    Il y a néanmoins quelque chose de totalement immoral dans ce film, sans doute dû à sa première origine américaine, c'est que sa musique ne soit pas confiée à ce très fidèle Howard Shore, mais à Michael Kamen - soit dit en passant, autre très bon compositeur de musique de film. Bon, ne serait-ce que pour une fois, et au profit d'un tel musicien, passe encore...
    Mais David Cronenberg a toujours bien su se tenir, et que l'on compare du reste les noms des costumiers, des monteurs, des musiciens ou des photographes, l'on retrouve régulièrement les mêmes. Il est, dans ce genre, très proche ainsi de David Lynch, et c'est peut-être pour cela que tous deux font partie de mes réalisateurs préférés : ce sont de vrais génies du cinéma, et rien que pour cela, ils valent tous deux que j'investisse une partie de mon argent dans leurs DVD... Je ne regrette rien de tout ceci, et j'espère que vous non plus !

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    mardi, avril 01, 2025

    ALIENS (JAMES CAMERON)

    Sorti en 1986, ce film se marque d'emblée par de larges différences du premier Opus (1979), dont nous allons citer les plus évidentes :
    1) Les passagers du vaisseau ne sont pas seulement sept, mais en nombre beaucoup plus important... Et comme par hasard, le xénomorphe n'est pas unique lui non plus, allant même jusqu'à dévoiler une nouvelle présence, la mère de toutes ces créatures...
    2) Se situant entre Terminator (1984) et Abyss (1984) du même auteur, ce film maîtrise beaucoup mieux les effets spéciaux, en préparation du sublime Terminator 2, ce qui marque également une grosse différence du premier Alien - lequel tirait toute son efficacité de la vision extrêmement brève que nous avions du monstre...
    3) Enfin, non seulement Ridley Scott et James Cameron ne sont pas de la même génération - le premier étant né en 1937, le second en 1954 -, en outre dans deux pays fondamentalement différents : l'Angleterre et le Canada. L'on peut croire que ceci n'a pas d'importance, mais le film, tourné en Angleterre par des acteurs essentiellement américains, mit un certain temps à trouver une stabilité entre les deux populations...
    Le film connut en plus une version prolongée de 17 minutes (soit 2h17'), sortie en 1992 sur DVD, qu'heureusement je possède - étant donné que toute la récupération du lieutenant Ripley (Sigourney Weaver) à bord du Nostromo et sa présence à la réunion complète de la compagnie en font partie :
    Au cours de cet entretien, elle apprend avec surprise de la bouche de Burke (Paul Reiser) que la durée de son voyage à bord a été de 57 ans, et qu'elle a ainsi perdu sa propre fille âgée de plus de 60 ans d'un simple cancer, sans jamais la connaître :
    Elle répète sans cesse ce qui s'est passé sur le vaisseau, le décès particulièrement horrible de ses six accompagnateurs, mais en gros, personne ne la croît... Le directeur de la compagnie lui précise qu'il y avait une soixantaine de familles sur la planète LV4-26, ne faisant jamais part du moindre problème, et lui interdit du coup de retourner sur place en tant que lieutenant :
    Une fois rendu sur LV4-26, on découvre tout d'abord ce petit jeune en train de rouler en tricycle, apparemment sans but... Mais ceci a un rapport avec un film très connu de Stanley Kubrick, n'est-ce pas ?
    Bien sûr, il s'agit de Shining (sorti en 1980), dont James Cameron et Ridley Scott étaient de grands admirateurs :
    Repartons sur la planète, où l'étrange vaisseau est filmée de la même façon que Ridley Scott - et met en valeur le travail de Hans R. Giger, qui n'a pourtant pas été engagé officiellement pour Aliens :
    Attention, ce court extrait n'existe lui aussi que sur l'édition DVD... Celui où l'on voit Russ Jorden (Jay Benedict) attiré par une chose mystérieuse, très encouragé par ses deux enfants :
    Et qui ressort quelques minutes plus tard entouré d'une bête sur le crâne (facehugger) - la mère appelant aussitôt la colonie, tandis que leur fille crie autant qu'elle le peut :
    Petit détail (amusant pour un fumeur tel que moi) : la main de Sigourney Weaver tenant une cigarette fait fortement penser à celle du xénomorphe - autrement dit, Alien tel qu'elle l'a connu :
    Burke est très inquiet, et cherche avec le lieutenant Gorman (William Hope) à persuader Ripley d'accepter de partir pour la planète LV4-26, dont ils sont depuis peu sans la moindre nouvelle... Elle hésite un peu, mais finit par accepter :
    Ils montent donc tous à bord de USS Sulaco, où Ripley ne va pas tarder à faire connaissance de tous ces "gros bras" particulièrement vantards et bravaches, pensant presque tous qu'il ne s'agit que d'une simple mission de routine, rien de bien sérieux :
    Meilleure preuve ici :
    Il ne reste plus à l'équipage d'embarquer à bord d'une navette de transport, qui va les amener jusqu'à Hadley's Hope - le lieu où a été récemment attaqué Russ Jorden :
    Au départ, ils se bornent à une simple entrée pacifique sur le territoire :
    Mais celui-ci apparaît bien plus ravagé que le précédent vaisseau Nostromo, et l'on voit bien que les familles disparues se sont livrées, autant que possible, à des expériences sur les Aliens (qui s'écrit désormais au pluriel) - ce que Burke constate l'air assez effaré :
    Tout d'un coup, un signal puissant apparaît sur l'un des capteurs :
    Mais Ripley découvre qu'il s'agit en fait de la fille de Russ Jorden - qui refuse son prénom de Rebecca, lui préférant cent fois celui de Newt :
    Celle-ci a beau avoir provisoirement échappé aux xénomorphes, elle pense que tous ces soldats, même surarmés, ne triompheront pas... Burke, Gorman et Ridley restent à l'intérieur d'un véhicule blindé pour diriger l'opération, mais les soldats s'introduisent dans la centrale, et constatent un environnement étrange - des parois recouvertes de secrétions organiques, ainsi que des facehuggers :
    Ils découvrent très peu de temps après le corps d'un survivant - peut-être le frère de Newt -, qui les encourage à le tuer sans tarder :
    Puis c'est la grande catastrophe, se manifestant par l'apparition de nombreux xénomorphes, qui finissent par éliminer les soldats Frost, Crowe, Wierzbowski, et le sergent Apone (Al Matthews) - Gorman se montrant totalement dépassé par les évènements :
    Aussitôt, Ripley décide alors de prendre le véhicule blindé, et de foncer secourir les soldats encore en vie, Vasquez (Jenette Goldstein), Hudson (Bill Paxton), et le caporal Hicks (Michael Biehn, qui avait déjà joué un rôle très important dans Terminator) :
    Une fois hors de danger, ils décident tous de retourner au USS Sulaco... Mais la caporal Ferro qui conduit la navette est instantanément tuée par un xénomorphe, et l'engin hors de contrôle s'écrase peu de temps après non loin du processeur atmosphérique :
    Echappant de peu à l'explosion de l'aéronef, les soldats se réfugient à l'intérieur du complexe, pour une durée de dix-sept jours... C'est l'occasion pour Ripley de se réconcilier avec Bishop (Lance Henriksen) - un androïde très suspect à ses yeux vu le comportement de Ash dans le premier Alien -, mais qui lui révèle la possible existence d'une reine, qu'ils ne connaissent pas encore : 
    Tout le monde commence à mettre en place quatre tourelles automatiques, afin d'interdire l'entrée de leur refuge aux xénomorphes... Mais c'est bien trop tard :
    Et ceux-ci apparaissent en nombre important... Burke profite de la confusion pour s'échapper, étant le principal responsable de toute cette situation catastrophique, mais il se fait rattraper à la dernière minute par un Alien , qui le tue instantanément :
    De plus, Newt s'est fait attaquer au cours d'une petite promenade, et elle est secourue au dernier moment par Ripley, qui la dégage in extremis ;
    Mais ce qu'elle découvre à ce moment-là est encore plus impressionnant... Une reine Alien, qui pond sans arrêt des œufs très tôt transformés en facehuggers, ce que Ripley entreprend aussitôt d'éliminer à l'aide de son lance-flammes :
    La reine se détache alors de tous ses œufs, poursuivant violemment Ripley et Newt jusqu'au bord des ascenseurs :
    Fort heureusement, les quatre survivants (Bishop, Hicks, Newt, Ripley) réussissent à la dernière minute à monter à bord de USS Sulaco - assistant non sans un certain plaisir à l'explosion nucléaire qui détruit toute la planète :
    Mais ce n'est pas du vrai James Cameron, n'est-ce pas ? Bien au contraire, la reine a réussi à furtivement s'accrocher au vaisseau, et attaque tout de suite l'androïde Bishop - le coupant en deux :
    Ripley tente alors sa dernière chance... Elle se pare de son robot automatique, et après une lutte acharnée, elle finit par appuyer sr le bouton ouvrant le sas, se débarrassant ainsi dans le vide de la reine :
    Cette ultime scène est toujours à voir en VO, ne serait-ce que pour l'inoubliable réplique de Bishop : "Not bad, for an human !", où le "H" de "human" est aspiré d'une façon inimitable dans notre langue :
    Bien sûr, on est loin de la finesse, de la subtilité, et de l'originalité de l'Opus fondateur... Mais globalement, ça marche plutôt bien, et c'est même ce qui fait toute l'originalité de la série : la très bonne idée de la 20th Century Fox d'avoir confié chaque film à un réalisateur différent (et pas des petites pointures), de sorte que le thème, finalement plutôt mince et assez peu expansible du scénario initial, va se trouver complètement magnifié et transfiguré par la vision très personnelle des différents cinéastes qui vont s'y attaquer.
    La meilleure occasion pour s'en apercevoir est d'écouter James Cameron s'exprimer sur le sujet, au cours d'un interview (16') :
    Son seul problème (comme du reste dans presque tous ses autres films) provient du choix des musiciens et des possibilités qu'il leur laisse... Le compositeur James Horner n'a ainsi guère marqué la bande-son de cet Opus, contrairement à Jerry Goldsmith, le créateur de la musique d'Alien de Ridley Scott, qui est très proche du Poème de l'Extase de Scriabine ! 
    Possibilité de variété, ou risque de dispersion : difficile de naviguer entre ces deux options. Mais dans le cas d'Alien, ça a plutôt bien fonctionné, et surtout dans le cas d'Alien 3, le plus proche de l'original, et le plus intéressant...
    Le cycle Alien : AlienAlien 3Alien : Resurrection
    Autres films du même réalisateur : TerminatorAbyssTerminator 2 : Judgment DayTrue Lies

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