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  • samedi, juin 20, 2026

    THE HOST (BONG JOON-HO)

    Vous ne connaissez pas ce réalisateur sud-coréen ? Moi non plus, mais grâce à ARTE, nous avons enfin l'occasion de découvrir ce cinéaste extraordinaire, qui a remporté en 2019 la Palme d'or du Festival de Cannes, avec son film Parasite. Il a commencé tout d'abord en tournant en 2003 Memories of Murder, mais est définitivement rentré dans la course en 2006 avec The Host, un film fantastique qui se passe à Séoul, et mélange habilement horreur, peur, humour et vie de famille.
    Pour tout dire, cet Opus m'a immédiatement rappelé Alien de Ridley Scott, daté pourtant de 1979, ne serait-ce que par la qualité des effets spéciaux - notamment dans la création et l'animation du monstre. En quarante ans, il y a certes eu un paquet de films d'horreur, mais aucun n'a la grande classe de ce tout premier - hormis peut-être Predator (1987). En résumé, j'ai donc rarement ressenti une telle émotion en voyant pour la première fois The Host, comme vous pouvez vous en rendre compte en regardant ce court trailer :
    Tout débute d'une façon logique en l'an 2000, lorsqu'un chef de l'armée américaine ordonne à un scientifique coréen de jeter dans l'évier un tas de produits toxiques... Bien que celui-ci y soit opposé, entre autres parce que les égouts finissent par se déverser dans le Han, il est bien obligé d'obéir à ses ordres :
    En 2006, six ans plus tard, nous commençons à découvrir toute la famille, tout d'abord avec Park Gang-du, les cheveux blonds et à moitié endormi - interprété par Song Kang-ho, quasiment l'acteur le plus célèbre de Corée du Sud... Autour de lui se dévoilent son père, Hee-bong, et sa propre fille Hyun-seo, la toute jeune qui regarde à la télévision les Jeux Olympiques du tir à l'arc de sa soeur : 
    Jusqu'ici, tout va apparemment bien... Sauf que d'un seul coup, sans prévenir personne, un monstre incroyable sort de la rivière Han à Séoul, détruisant absolument tout sur son passage. Dans un premier temps, Gang-du essaye de s'y attaquer, mais sans aucun succès :
    C'est l'une des grandes différences entre les deux films : alors que dans Alien de 1979, l'attaque avait lieu sur un vaisseau spatial en plein vol, elle se déroule ici dans une grande ville terrestre, face à tous - entre autres, aux autorités américaines qui tentent d'y faire face, de la façon la plus incompétente possible.
    Pendant ce temps, Hyun-seo contemple en compagnie de son grand-père une dernière fois sa tante Nam-joo, désespérée de la voir perdre aux Jeux Olympiques - comme d'habitude, à cause de sa lenteur :
    Mais très vite, elle est tenue par son père Gang-du dans la main, afin d'échapper à cette panique générale dans l'ensemble du territoire :
    Hélas, il est bien trop tard... Et Hyun-seo se fait vite capturer par la bête en question, qui l'entraîne aussitôt dans la rivière :
    Résultat ? Tout le monde la croit morte, et élève un portrait à sa mémoire... Sauf sa famille, particulièrement son père Gang-du, et d'une façon plus précise, sa tante Nam-joo et son oncle Nam-il - diplômé au chômage et visiblement alcoolique :
    Afin que l'on sache bien à quoi s'en tenir, intervient alors dans ce film une vue du monstre, aussi inattendue que spectaculaire :
    Suite à quoi, Gang-du, alors en quarantaine dans l'hôpital, reçoit en pleine nuit un coup de téléphone inquiétant, où il reconnait d'emblée la voix de sa fille... Hyun-seo a juste le temps de lui dire qu'elle est coincée dans les égouts, toujours vivante, avant que son portable ne cesse de fonctionner :
    Gang-du décide alors de s'échapper avec toute sa famille de l'hôpital, laissant son père Hee-bong acheter un camion, des armes et une carte des égouts... Il réussit pour un temps, mais Hee-bong décide finalement de se sacrifier, afin de laisser une chance à Gang-du, Nam-il et Nam-joo de s'échapper :
    Gang-du est alors capturé par l'armée, en grande partie américaine, et soumis à différents tests désagréables, auxquels il semble indifférent... D'ailleurs, il sait maintenant très bien que sa fille se trouve sous le pont Wonhyo sur la face nord, et semble prêt à tout pour s'évader le plus vite possible :
    Incidemment, il s'agit d'une autre différence entre Alien et ce film : ses pointes d'humour, par exemple lorsque Gang-ju décide de quitter l'hôpital, sont assez fortes - et concernent presque toujours les Etats Unis, tout en gardant ses propres limites.
    Pendant ce temps, Hyug-seo découvre miraculeusement un petit garçon affamé, Se-joo, regurgité par la créature, auquel elle cherche à apprendre comment s'abriter de lui :
    Elle cherche alors à lui montrer un plan d'escalade qu'elle a conçu aux fins de s'évader... Malheureusement, le monstre s'en aperçoit immédiatement, et fait tout ce qu'il faut pour la faire disparaître pour de bon :
    C'ést précisément le moment où son père Gang-du apparaît, et parvient tout juste à récupérer son corps enveloppé par de l'agent jaune - autement dit, l'agent orange, un corps chimique bien réel utilisé par l'armée américaine lors de la guerre du Viêt Nam, actuellement déversé dans le fleuve de Han :
    Devant toutes les protestations du peuple coréen - nouvelle marque d'ironie de la part du réalisateur -, il reste encore aux trois membres encore vivants de la famille  de nombreuses possibilités... Tout d'abord, l'oncle Nam-il tente de lancer des cocktails Molotov sur la créature, mais il se plante sur son dernier coup :
    Ensuite, c'est à la tante Nam-joo de s'exercer avec ses flèches enflammées, ce qu'elle semble bien réussir cette fois-ci - contrairement aux Jeux Olympiques :
    La bête tente alors de s'enfuir, mais au final, Gang-du l'empale avec une barre métallique, et parvient enfin à la tuer définitivement :
    Ainsi se termine la vaste épopée de Gang-du, qui a perdu durant tout ce temps deux membres de sa famille, son père et sa fille... Il lui reste en contrepartie à adopter le compagnon de Hyun-seo, Se-joo, paraissant très heureux de manger ainsi à l'intérieur du snack :
    One of the greatest monster movies ever made, tel fut le point de vue de New York Magazine - et également le mien, "l'un des plus grands films de monstres jamais fait" ! J'espère que vous partagez cette opinion, et bien que je ne dispose pour l'instant que de The Host, je pense qu'il s'agit de l'un des meilleurs Opus jamais réalisé sur le sujet - celui d'Alien, mais différement traité, avec de l'humour, de l'ironie, un sens de la famille puissant, et - c'est normal, plus de quarante ans après - avec la perfection des effets spéciaux !

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    vendredi, mars 20, 2026

    STARSHIP TROOPERS (PAUL VERHOEVEN)

    Vous connaissez Paul Verhoeven, n'est-ce pas ?
    Vous avez forcément vu l'un de ses trois grands films, qu'il s'agisse de Robocop, de Total Recall, ou encore de Basic Instinct. Mais êtes vous déjà client de Starship Troopers, daté de 1997 ? Ce serait plus étonnant, car malgré son début relativement correct - basé, comme chacun le sait, sur d'excellents ordinateurs disponibles à l'écran :
    Il s'envole immédiatement vers d'autres choses, en l'occurrence la vision des citoyens - en résumé, opposés aux civils - particulièrement craquante :
    Qui y a t-il d'évidemment anormal, dans tous ces plans ? Et bien, outre le fait qu'ils soient perpétuellement souriants, nous devons en outre mettre en place leurs prénoms délirants (Johnny, Dizzy, Carmen, entre autres), à mon avis tous conçus pour passer immédiatement au second degré :
    Y compris celui de Jean Rasczak, confié pour sa part au seul célèbre interprète de ce film, Michael Ironside, déjà présent dans Scanners, Top Gun, ou Total Recall :
    Quoi qu'il en soit, tout le monde se montre parfaitement souriant, qu'il s'agisse d'une image masquée ou d'un vaste plan, et rien que ceci suffit à se situer au niveau souhaité :
    Il ne reste plus qu'à citer les fameux arachnides, censurés, et voila, tout est parti :
    On commence par les images - toujours souriantes, cela va de soi - de la fameuse Carmen (Denise Richards) :
    Pour poursuivre avec celle de Johnny (Casper Van Dien), lui simple pionnier d'infanterie, qui va d'ailleurs (heureusement sans succès) se trouver brièvement contraint à baisser les bras devant la destruction de Buenos Aires, ville où habitaient ses parents :
    Au bout d'une petite heure, on se retrouve donc sur la montagne et ses potentiels envahisseurs :
    Le tout brièvement masqué par le remplacement du député à Genève (à lire, sa nouvelle phrase plus que drôle !), et la fausse mort du fameux Johnny, ce qui va favoriser l'amour de Dizzy (Dina Meyer) envers lui :
    
    Dès qu'est une fois passé ce fameux stade, plus rien ne va s'opposer avec la vraie lutte contre les arachnides :
    Et du reste, c'est la meilleure façon de justifier le budget à l'époque assez hallucinant de ce film (plus de cent millions de dollars), que l'on voit vraiment tomber sous les yeux, si je puis dire :
    Que ce soit durant ces plans (assez difficiles à tourner, semble t-il) sur des arachnides beaucoup plus vedettes que les autres :
    Ou durant ceux-ci, sur un site mormon très sérieusement menacé par ces jolies bêtes :
    Sans même parler de ceux-ci, qui semblent de fait construits en faveur d'une citation de Star Wars :
    Ou encore de ceux-là, qui révèlent en fait la fin du film :
    Propre fin qui se base bien sûr sur un cerveau, non seulement pris dans ses plus mauvaises inspirations :
    Mais surtout sur la bonne implication de ses trois représentants, toujours égale au début du film, de même que sa dernière image, "et ils vont gagner" :
    Voulez-vous que je vous dise autre chose sur ce film ? Et bien, comme c'est souvent prétendu, mieux vaut acheter le DVD que se baser sur une copie en français, ne serait-ce que pour se retrouver face à ces très nombreux matériels de bonus :
    Qui comprend, entre autres, l'explication des plans sur le vaisseau spatial :
    La réalisation, semble t-il relativement complexe, de la scène avec l'arachnide géant :
    Et même, pour finir, un plan plutôt assez drôle offert par le principal réalisateur :
    Mais bon, je ne vous dis rien, je préfère vous le laisser découvrir avec ce fameux film, dû à Paul Verhoeven.
    Ah si, une chose à dire, tout de même : son scénario est entièrement basé sur Etoiles, garde-à-vous !, un livre originellement noté de façon identique Starship Troopers par l'écrivain Robert A. Heinlein, dont le second degré est tout à fait évident.
    Comme le dit pour une fois de façon assez convaincante Wikipédia, "le potentiel du synopsis intrigue Verhoeven et il décide d'en faire un film de guerre "comme il s'en tournait tant dans les années 40 et 50, avec pour héros des jeunes gens pleins d'idéaux".
    Cependant, Verhoeven choisi de prendre exactement le contre-pied du roman qui était plutôt militariste et patriotique. Il fait de son film de guerre un film "contre la guerre", en montrant l'horreur et le cynisme des généraux. Jouant sur le second degré, il mélange les clichés et les conventions de la propagande militaire, des sitcoms américains pour adolescents, des films de guerre et de science-fiction.
    Paul Verhoeven voit dans ce film l'opportunité de rendre hommage aux films d'aventures mythologiques dont les effets spéciaux étaient signés Ray Harryhausen (Le Septième Voyage de Sinbad en 1958 et Jason et les Argonautes en 1963).
    Difficile de trouver mieux, n'est-ce pas ?
    Autres films du même réalisateur : RobocopTotal RecallBasic InstinctHollow Man

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