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  • samedi, avril 04, 2009

    MINUIT (EASTWOOD)...

    ...Dans le Jardin du Bien et du Mal (1997) :

    Certes, il ne s'agit pas là du film le plus réputé de Clint Eastwood (puisque sans les recettes de l'étranger, il n'aurait même pas rapporté aux USA ce qu'il a coûté), mais néanmoins d'un film magistral, bien loin des effets spéciaux de Firefox ou du futur Space Cow-Boys, tout entier centré sur le soin et l'attention portés à la psychologie des personnages, à commencer par Jim Williams (sublime Kevin Spacey, comme à l'accoutumée), improbable dandy richissime d'une petite ville de la Nouvelle Orléans, au parler très châtié - pour tout dire, même moi qui suis une vraie quiche en anglais, je m'en aperçois ("Let's take a walk, shall we, Sport ?") :

    Interviewé à l'occasion de sa grande et très convoitée fête de Noël par le timide journaliste John Kelso (John Cusack), lui aussi grand amateur d'Art, ce qui donne lieu à cette première conversation passionnante au sujet d'un "repeint" (toile de maître recouverte par une autre) - passionnante parce qu'elle est à elle toute seule une mise en abîme du film entier :

    Qu'y a-t-il sous les apparences ?

    Et au fond, qui s'en soucie vraiment ?

    Surtout dans une petite ville comme Savannah (à noter que le film est basé sur un fait divers authentique) :

    Une ville de "doux dingues", au demeurant, où tout le monde porte une arme par simple routine :

    Une ville où certaines personnes promènent, pour honorer une promesse, des chiens qui n'existent pas :

    Une ville où d'autres se baladent partout avec quelques mouches en permanence attachées à leur cou (Geoffrey Lewis, l'un des acteurs fétiches de Clint Eastwood, père au passage de la très déjantée Juliette du même nom, héroïne entre autres de Strange Days et de Tueurs Nés) :

    Mais surtout une ville où la principale attraction de l'hiver est de savoir qui va faire partie - ou non - des heureux élus invités à la prestigieuse soirée de Jim Williams (et si d'ailleurs, vous voulez vous cotiser pour m'offrir un petit orgue de ce genre encastré dans le mur, il vous suffira de réunir environ 600000 €, guère plus !) :

    Jusqu'à ce que, comme dit dans la Bible, "le voile se déchire, et les tombeaux s'entrouvrent..." (en l'occurence, celui de Jude Law, retrouvé mort lors de ladite soirée, abattu en "légitime défense" par le maître des lieux) :

    Morale très provisoire de l'histoire, valable en toutes circonstances, mais bien sûr particulièrement dans les petites villes :

    Peut-être est-ce cette première partie du film qui a foncièrement déplu aux américains eux-mêmes, tant elle oscille entre des registres très différents tout en montrant crûment des choses que personnes n'a vraiment envie de voir, qu'il s'agisse du travesti Lady Chablis (qui joue ici avec brio son propre rôle, souvent très drôle) :

    Ou encore de la grande prêtresse vaudoue Minerva, qui réussit même à emmener toute cette première partie au limites du fantastique, mélange des genres certes très déroutant, mais particulièrement réussi par Eastwood, à mon sens :

    La seconde partie, beaucoup plus conventionnelle - puisqu'elle rejoint le style en revanche si prisé aux USA des "films de procès" - n'en reste pas moins passionnante, au sens où elle va prendre un malin plaisir à décortiquer, avec une précision d'entomologiste, tous les petits travers du moindre habitant de Savannah, du commissaire au médecin légiste en passant par les petits amis potentiels de Jude Law. Mais là encore, grâce à son sens inné de la respiration et du montage, Eastwood va éviter le principal écueil du genre (lasser le spectateur à force de témoignages, et de huit clos) en nous gratifiant de certaines scènes parmi les plus drôles du film, notamment celle où Lady Chablis va s'en donner à coeur joie en semant une pagaille monstrueuse au sein du très huppé "cotillon black" de la ville :

    L'un des grands moments du film, où l'on s'aperçoit en outre que le fait d'avoir une vie sexuelle différente de la majorité n'est aucunement un gage d'immoralité, bien au contraire :

    Thèse qui va au final se trouver appuyée avec force par l'avocat de Jim Williams (Jack Thomson), prenant au passage la défense de tout ceux montrés du doigt par les soi-disants "bien-pensants" :

    Croire néanmoins Clint Eastwood suffisament simpliste pour s'en tenir là serait pourtant bien mal le connaître ! Car en réalité, sans même faire un "Spoiler" pour autant, tout le film n'est en réalité qu'une gigantesque parabole sur l'Art et la "Vérité", du moins sur ce que chacun veut - ou ne veut pas - en connaître :

    Et en ce sens, il offre du même coup une certaine parenté avec le tout précédent Les Pleins Pouvoirs (1997), ainsi qu'avec le nettement plus ancien La Sanction (1975), mais bien sûr, avec infiniment plus de maîtrise, même si le traitement paradoxal a pu, de prime abord, en décontenancer plus d'un !

    N'hésitez pas à découvrir à l'occasion ce film, l'un des plus injustement méconnus du maître... Vous ne le regretterez pas !

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    8 Comments:

    Anonymous Anonyme said...

    toujours rien sur gran torino c'est peut étre moi qui vais te le faire ce commentaire

    dimanche, 05 avril, 2009  
    Blogger Vincenttheone said...

    Mais oui, c'est comme ça... Vu que je ne raffole pas du cinéma (en tant que lieu) et que tout le monde a l'air de dire que c'est un chef-d'oeuvre, je crois que je vais patienter jusqu'à la sortie du DVD, qu'à tous les coups j'aurai envie de voir plusieurs fois !
    D'autant que vu les récentes dispositions anti-piratage prises à l'assemblée (avec seulement une vingtaine de députés, un pur scandale !!!), ils envisagent également de réduire à quatre mois le délai entre la sortie d'un film et sa commercialisation en tant que DVD... J'ai attendu Bach durant 300 ans, je peux bien patienter 4 mois pour un film d'Eastwood, non ?

    dimanche, 05 avril, 2009  
    Anonymous Anonyme said...

    Gran Torino, je confirme que c'est du grand Eastwood.

    Quant à Minuit... c'est un de mes petits chouchous, c'est clair ; l'ambiance de ce film est extraordinaire : moite à souhait, on s'y croirait. Après, peut-être que ça tient effectivement au fait que j'aime bien le travail sur les personnages en général, sur leur psychologie, et tout. Bref. Je recommande moi z'aussi !!!

    T.

    mercredi, 08 avril, 2009  
    Anonymous Anonyme said...

    ahhhhhhh Grand Torino!!!!!!
    vivement ton article.

    Sinon tu me donne diablement envie de voir ce film ci!!!


    Coming soonn

    samedi, 02 mai, 2009  
    Anonymous Zoun said...

    Ben justement je le connais pas celui-là, faut que je le vois (d'autant plus que j'aime beaucoup les acteurs)!

    mardi, 26 mai, 2009  
    Blogger Vincenttheone said...

    Bien sûr qu'il faut que tu le voies, absolument !
    Presque tous les films d'Eastwood sont des "grands", mais celui-ci, c'est vraiment un "très grand", à ne louper sous aucun prétexte !!!

    mercredi, 27 mai, 2009  
    Anonymous zoun said...

    Ca y est je l'ai vu!

    Quand c'est qu'il nous fait un navet Clint?

    C'est vraiment un parcours sans faute.

    J'ai trouvé le perso de Lady Chablis
    vraiment excellent!

    mardi, 09 juin, 2009  
    Anonymous dasola said...

    Bonsoir, Minuit... fait partie de mes films préférés d'Eastwood. Quelques petites longueurs mais rien de grave. C'est un film d'atmosphère. Les acteurs sont vraiment bien. Alison Eastwood se défend bien sous la direction de son père. C'est dommage qu'on ne la voit plus. Et j'ai même eu envie d'aller visiter Savannah. Bonne soirée.

    jeudi, 25 juin, 2009  

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